Romain Gary, un Français libre

Romain Garry (à droite sur la photo).

Voilà quatre-vingts ans que retentissait à Londres, le 18 juin 1940 à la BBC, la voix vibrante d’un général français deux étoiles, seul membre du dernier gouvernement de la République française, appelant ses compatriotes à la résistance, à la poursuite du combat pour une future victoire dont il n’avait aucun doute. Le maréchal Pétain venait alors de demander un armistice à l’Allemagne nazie et de cesser les combats, une grande partie de la France était occupée, l’armée vaincue..

La conviction chevillée au corps de ce grand militaire, au sens propre comme au figuré, dessinait pourtant fermement l’histoire de son pays et avec elle, celle de l’Europe et du monde. Lui qui était déjà un héros de la dernière Grande Guerre, il poursuivait ardemment le combat ce 18 juin, comme une évidence qu’elle n’était alors pas. Ils furent bien peu à le rejoindre dans la capitale britannique en juin 1940. Un écrivain en devenir, alors aviateur, nommé Romain Gary prit avec quelques-uns de ses camarades le risque de suivre ce général de Gaulle alors quasi inconnu.

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Marcel Maréchal, itinéraire d’un homme de théâtre exemplaire

Marcel Maréchal en 2006 © Claude Essertel

Les milieux de la culture, du ministre aux médias, ont salué la carrière de Marcel Maréchal décédé le 11 juin dernier. À travers sa carrière, c’est cinquante ans de vie et de politique culturelle française qui se trouvent illustrés, depuis les années 60 jusqu’à l’aube du XXI° siècle.

Ce parcours qui, de la province à Paris, et de Paris à la France entière, va conduire Marcel Maréchal d’une petite salle lyonnaise jusqu’aux Tréteaux de France, ce théâtre national unique et itinérant, est le reflet d’une volonté de décentralisation et de démocratisation de la culture théâtrale à laquelle ce « chef de troupe », comme il aimait à s’appeler, a toujours cru. Continuer la lecture

 « Le Pays des autres », de Leïla Slimani

« Le pays des autres », de Leïla SlimaniAprès le triomphe commercial et public de Chanson douce, Leïla Slimani change apparemment de projet. Elle s’éloigne de l’époque contemporaine et du fait divers pour peindre une fresque en trois tomes dont les racines plongent dans la Seconde Guerre mondiale et l’engagement des peuples colonisés.

On pourrait faire le rapprochement avec L’Amie prodigieuse d’Elena Ferrante qui brosse un portrait puissant et très ample de l’Italie de l’après-guerre en s’attachant à des destins de femmes (ou, dans un contexte français, à L’Art de perdre d’Alice Zeniter).

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Comment repenser la formation des enseignants après le confinement ?

La formation des enseignants est promise à une réforme, prête à être engagée, visant, du point de vue du ministère de tutelle, à la rendre plus immédiatement opérationnelle en accroissant la part de l’intervention des acteurs de terrain par rapport aux formateurs « hors sol ». Or, bien évidemment, cette réforme a été pensée avant la période inédite que nous venons de vivre et n’intégrant pas, de fait, tous les bouleversements du savoir enseigner que le confinement a induits.

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Éducation : retour au monde d’avant ?

Il est bien fini le temps des cerises. Le chant du gai rossignol n’arrive déjà plus à percer sous le bruit de la circulation des voitures et bientôt des avions qui reviendront dans un ciel qui n’est déjà plus bleu.

L’injonction au retour du travail calibré, normé, sur site, comme si d’ailleurs la pandémie n’était plus, tiraille une société sommée de reprendre le chemin des échoppes, des grands magasins, des concessionnaires de voitures et des plages, à cinq euros la crêpe au chocolat gorgée d’huile de palme.

Dans le même temps, l’École peine à rouvrir ses classes à la grande masse de ses élèves laissés pour beaucoup si peu actifs et à la maison, avec des parents qui n’en peuvent plus, sans vraiment de solution de garde.

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Opération « École apprenante » ? À voir…

Quel point commun existe-t-il entre l’opération « Nation apprenante », le « Dispositif éducatif et ludique 2S2C », et l’opération « Vacances apprenantes » ? N’y a -t-il là que trois mesures d’exception pour faire face à la crise du Covid-19 ?

Ou bien sommes-nous en train de vivre trois opérations de dilution, de délégation de l’exercice d’enseignement, trois recours à des participations extérieures aux missions de l’éducation, trois manières de banaliser l’intervention de non-professeurs dans les affaires pédagogiques ?

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