“Bel-Ami”, de Declan Donnellan et Nick Ormerod

L’idée aurait été bonne de donner à voir le personnage d’arriviste créé par Maupassant comme un vampire vivant aux dépens de ses victimes, féminines principalement. L’idée n’a pas été retenue pour cette nouvelle adaptation du roman, mais elle est sous-jacente car on sait que chaque comédien est la somme des rôles qu’il a interprétés et Robert Pattinson est encore identifié dans la conscience des spectateurs au séduisant mort-vivant de Twilight.

En réalité, non seulement les deux metteurs en scène britanniques Declan Donnellan et Nick Ormerod n’exploitent pas cette veine pour leur premier long métrage, mais ils adoucissent singulièrement la figure cynique de Duroy. De famille normande et pauvre, il a raté sa carrière militaire, n’a pas d’éducation ni de culture et se trouve entraîné malgré lui dans le sillage de son ami Forestier, journaliste en vue dont la femme a écrit tous les articles et accepte de prêter sa plume à ce débutant si joli garçon.

Jouant auprès de lui le rôle d’initiatrice que joue auprès de Rastignac Mme de Beauséant, elle lui explique avec grâce qu’il ne peut arriver que par les femmes. Reconnaissant et amoureux, il se montre docile presque malgré lui en prenant pour maîtresse Clotilde de Marelles, dont la fillette le surnomme Bel-Ami.

Continuer la lecture