« Le Chemin des forçats », d’Alexandre Soljénitsyne

« Le Chemin des forçats », d'Alexandre SoljénitsyneEntre 1948 et 1952, Alexandre Soljénitsyne, suspecté de jugements séditieux contre Staline, est interné dans un camp de Sibérie. Pour aider à sa survie, pour rendre compte aussi, il décide d’écrire des poèmes qui, à mesure qu’il les compose, sont appris par cœur puis détruits.

Le résultat est un long texte poétique qui prend pour nom Vladimirka, parce que le convoi des bagnards passait par la ville de Vladimir, ou encore Dorojenka, qui en russe signifie « Le Chemin ».

C’est ce nom qui donne son titre au livre, Le Chemin des forçats, traduit de façon élégante par Hélène Henry pour les éditions Fayard qui le publient aujourd’hui.

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“Le Météorologue”, d’Olivier Rolin : la violente espérance de l’époque

"Le Météorologue", d'Olivier RolinTout a commencé avec un livre n’existant qu’en un exemplaire, illustré de dessins faits à la main pour une petite fille.

Celui qui a réalisé ces images se nomme Vangengheim. Il a été météorologue, et représentait l’URSS à la « commission internationale sur les nuages ». En 1930, il avait crée le « Bureau du temps ». Il vivait à Moscou avec son épouse et leur fille quand, en janvier 1934, il s’est trouvé happé dans l’engrenage mortel.

Interrogé au siège de la Loubianka par les agents de la Guépéou, il est forcé d’avouer un obscur complot. On le condamne et l’envoie aux îles Solovki, non loin du cercle polaire : « C’est une terre striée, rabotée par l’érosion glaciaire, criblée de lacs, couvertes de forêts. C’est une terre gorgée de sang, ensemencée de morts […]. »

En 1934, pas encore. Les morts adviendront avec la Grande Terreur de 1937, lors de laquelle Iéjov, âme damnée du tyran, établit des quotas : 750 000 personnes seront exécutées en seize mois, soit « la moitié des morts militaires français de la Première Guerre mondiale, en moins de la moitié du temps ».

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