“Une promesse”, de Patrice Leconte

"Une promesse", de Patrice LeconteLa réhabilitation d’un cinéaste complet

En découvrant Une promesse (2013), on se demande comment le réalisateur d’un film aussi profond et délicat a pu se « divertir » ces dernières années dans des productions que l’on peut oublier…  Et pourtant, le spectateur fidèle à Patrice Leconte depuis son mémorable Tandem (1987), a tout lieu de se réjouir de ce renouveau que son opus précédent, Le Magasin des suicides (2011), adapté du roman de Jean Teulet, avait déjà laissé espérer.

Alors que l’on pourrait croire que tout oppose l’esthétique de ses deux derniers films – un film d’animation et un autre en costumes –, il apparaît, à y regarder de plus près, que Patrice Leconte tente d’y combattre le même mal, la noirceur de vivre.

Sans doute est-il loin de remettre en cause l’aphorisme de Camus, « Il n’y a qu’un problème sérieux, c’est le suicide », mais en adoptant une fin « heureuse », il refuse de céder au pessimisme crépusculaire de la nouvelle de Stephen Zweig, « Le Voyage dans le passé », dont il s’est inspiré.

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“Grand Budapest Hotel”, de Wes Anderson

"The Grand Budapest Hotel", de Wes AndersonPeut-on imaginer univers plus différents que ceux de Stefan Zweig (1881-1942) et de Wes Anderson, réalisateur d’une œuvre cinématographique aux couleurs acidulées?

C’est pourtant à l’auteur de La Pitié dangereuse dont il a récemment découvert toute l’œuvre, moins prisée aux États-Unis que chez nous, et plus généralement à la culture d’une Europe martyrisée par la barbarie nazie que le cinéaste entend rendre hommage dans son dernier film, grand prix du jury au dernier Festival de Berlin.

Il y relate les aventures rocambo-lesques de Gustave H. (Ralph Fiennes), concierge d’un grand hôtel européen de l’entre-deux-guerres qui se trouve impliqué, avec son jeune protégé Zéro, dans le vol d’un précieux tableau de la Renaissance et une bataille pour les biens d’une grande famille.

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