Emprise

Jérémie Renier et Noée Abita © Charlie Bus Production

« SLALOM » DE CHARLÈNE FAVIER. Qui sait quand les repères se brouillent ? Quand le trouble, pouvant conduire à la sortie de piste, s’installe entre un adulte doté d’autorité et son pupille ? Comment le pouvoir de la verticalité s’exerce-t-il ? De quelles forces se nourrit-il ? Et quelles sont les marges de défense pour la jeune personne ? Illustration sur grand écran pour la réouverture des cinémas ce 19 mai.

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“Robert Mitchum ne revient pas”, de Jean Hatzfeld

jean-hatzfeld-robert-mitchum-ne-revient-pasDes amoureux à Sarajevo

Il s’appelle Vahidin, elle se nomme Marija. Ils vivent en Yougoslavie et préparent les Jeux olympiques de Barcelone en 1992. Ils s’entraînent sur le mont Igman qui domine Sarajevo. Courses, tirs, et embrassades. Ils s’aiment.

Un jour de fin de printemps, ça tonne. Ce sont les premiers obus d’une guerre qui déchirera plusieurs années durant la Bosnie, et qui séparera Vahidin, bosniaque et donc musulman, de Marija, bosnienne, puisqu’elle est serbe et orthodoxe. Et avec eux, tout un pays, voire l’Europe entière.

Jean Hatzfeld, dont on connaît très bien l’œuvre consacrée au génocide rwandais, a été reporter à Sarajevo dans ces années de guerre. Il a raconté cette expérience dans un beau récit, L’Air de la guerre, paru en 1994. Ici, c’est de fiction qu’il s’agit, même si – on l’apprend en cherchant sur Internet – un athlète « sans nationalité définie » (ou peu s’en faut) a, comme Vahidin, remporté la médaille de bronze en tir aux Jeux olympiques de Barcelone. Mais il est mentionné comme athlète serbe, et non bosniaque.

Pour le reste, on est dans une fiction et les deux héros se trouvent bientôt séparés par la guerre. Vahidin quitte Ilidza, la banlieue dans laquelle Marija et lui vivaient en voisins, pour Sarajevo où demeure toute sa famille. Elle reste. Continuer la lecture