26 septembre 2014, table ronde : L’influence de Guy Debord et de “La Société du spectacle” en Europe et dans le monde anglo-saxon

Andrew Hussey, "Guy Debord. "La Société du spectacle" et son héritage punk", éditions Globe, 2014À l’occasion de la publication de Guy Debord. “La Société du spectacle” et son héritage punk, d’Andrew Hussey, préfacé par Will Self, les éditions Globe (groupe l’école des loisirs) et l’École des lettres vous convient le vendredi 26 septembre 2014, de 14h 30 à 16h 30, à une table ronde avec :

ANDREW HUSSEY : directeur de l’École des hautes études avancées de l’université de Londres à Paris, il est également journaliste, et collabore au Guardian et à la revue littéraire Granta ;

WILL SELF : auteur de nombreux romans et essais, il enseigne l’histoire des idées contemporaines à l’université de Brunel, et notamment la « psychogéographie » de Guy Debord ;

JEAN-MARIE DURAND : rédacteur en chef des pages « Idées » aux Inrockuptibles.

 

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Prix Albert Londres 2014 : les héritiers du grand reporter se sont réunis à Bordeaux le 12 mai

Grands reporters, les films du prix Albert LondresCouronnement des meilleurs reporters francophones de moins de quarante ans, la cérémonie annuelle de la remise des prix Albert Londres se déroulera le 12 mai au soir, à Bordeaux, au Palais de la Bourse.

Depuis 1933, la distinction s’applique à encourager de jeunes talents du journalisme plutôt qu’à honorer des carrières établies. La récompense s’est doublée en 1985 d’un prix de la presse audiovisuelle, sur une proposition d’Henri de Turenne et sous l’égide du président de l’époque, l’historien Henri Amouroux.

Cette année, afin de remettre le 76e prix de la presse écrite et le 30e prix de l’audiovisuel, Annick Cojean, actuelle présidente de l’Association Albert Londres et journaliste grand reporter au Monde, sera accompagnée d’une vingtaine de ses confrères dont Henri de Turenne, Jean-Claude Guillebaud, Thierry Desjardin, Catherine Jentile, Alain Louyot, Christian Hoche, Marc Kravetz, Patrick de Saint-Exupéry, Hervé Brusini, François Hauter, Philippe Rochot, Jean-Paul Mari, Olivier Weber, Lise Blanchet, Manon Loizeau, Michel Moutot, Jean-Xavier de Lestrade, tous membres permanents du jury, ainsi que de Alice Odiot, Audrey Gallet, Alfred de Montesquiou (lauréats 2012), Doan Bui et Roméo Langlois (lauréats 2013).

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« Her », de Spike Jonze

"Her", de Spike JonzeSpike Jonze est l’un des réalisateurs américains les plus inventifs. Being John Malkovitch (1999), Adaptation (2003) et Max et les Maximonstres, d’après Maurice Sendak (2009), ont fait mesurer sa capacité d’imaginer un univers à la fois très proche du nôtre et tout à fait déviant.

Le monde qu’il décrit dans Her n’est pas encore celui où nous vivons, mais lui ressemble à s’y méprendre. Nous n’avons pas encore recours à des écrivains publics pour écrire nos lettres, mais nous envoyons des cartes postales pré-rédigées ou électroniques. Nous avons développé avec nos téléphones ou nos ordinateurs portables des relations de dépendance et de nombreux adolescents sont soignés pour de telles addictions.

Théodore Twombly vient de se séparer de sa femme. Sa vie solitaire se résume à écrire des lettres pour autrui, à jouer à des jeux vidéo sophistiqués et à chatter pour trouver une partenaire sexuelle virtuelle. Une vie par procuration en somme.

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“Bel-Ami”, de Guy de Maupassant, proposition de séquence

"Bel-Ami", de Maupassant, dans l'édition de Xavier-Laurent Petit, "Classiques abrégés"Bel-Ami, roman de Maupassant qui parut tout d’abord en feuilleton dans Gil Blas (du 6 avril au 30 mars 1885), retrace la fulgurante ascension d’un « aventurier » de la Belle Époque. L’histoire se déroule entre le 28 juin 1880 et le 20 octobre 1882, sous la présidence de Jules Grévy (30 janvier 1879 – 2 décembre 1887).

La classe sociale triomphante est issue de la finance et des affaires ; elle pactise avec les journaux qui, depuis la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, sont devenus un support politique et financier. Le personnage du baron Walter est, dans le roman, une figuration de cette collaboration. Les agiotages provoqueront d’ailleurs le scandale du krach de l’Union Générale en 1882, évoqué par Émile Zola dans L’Argent.

Maupassant avait lui-même été journaliste pour Gil Blas, journal de centre gauche, mondain et boulevardier, mais aussi pour L’Écho de Paris, Le Figaro et La Revue des Deux Mondes. Il écrivit également, pour Le Gaulois, des reportages sur l’Algérie, ainsi que des chroniques mondaines sur les salons et intérieurs d’artistes, qui inspireront les expériences journalistiques du personnage principal de Bel-Ami.

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“La bibliothèque est une affaire publique”, lettre ouverte de l’Association des bibliothécaires de France

Association des bibliothécaires de FranceL’Association des bibliothécaires de France (ABF), qui regroupe des professionnels de tous types d’établissements, rend publique ce 23 février une Lettre ouverte aux candidats aux élections municipales. L’Association y rappelle que “La bibliothèque est une affaire publique“, titre du manifeste qu’elle avait rédigé à l’occasion des élections présidentielles en mars 2012 et que l’on trouvera ci-dessous.

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Contre l’obscurantisme et la censure : “Lire est le propre de l’homme. De l’enfant lecteur au libre électeur”

Dessin d'Alan Mets

Dessin d’Alan Mets © l’école des loisirs

L’école des loisirs a publié voici quelque temps un recueil de témoignages et réflexions de cinquante auteurs et illustrateurs pour l’enfance et la jeunesse auquel les polémiques actuelles sur le livre et l’éducation redonnent une très vive actualité.

Ce manifeste de 192 pages, disponible gratuitement, très largement diffusé, se propose de rappeler l’importance du livre dans le développement de l’enfant et de l’adolescent, ainsi que le lien vital qui existe entre lecture, éducation, liberté et, donc, démocratie.

Comme le souligne Marie-Aude Murail, “ce n’est pas la lecture qui est en danger, ce sont les illettrés”.

Certains pseudo-lecteurs de livres pour la jeunesse – mais vrais agitateurs – souhaitent régulièrement tirer parti de l’ignorance et des peurs pour tenter de disqualifier, auprès des parents et d’une opinion qu’ils espèrent perméables, auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, et, bien sûr, personnels de l’Éducation publique. La ficelle est classique et finit pas s’user. L’objectif récurrent ? Mettre en évidence un “complot” contre la structure familiale traditionnelle avec la complicité d’un État déliquescent.

Les créateurs, les éditeurs, les professeurs et les enfants rêveurs n’ont qu’à bien se tenir.

Car l’enjeu est bien là : c’est l’éducation du sens critique qui donne aux lecteurs la possibilité de choisir et leur assure d’être des femmes et des hommes libres demain. Ces temps-ci, il semblerait que cela ne soit pas du goût de tous…

l’École des lettres

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Édouard Louis, “En finir avec Eddy Bellegueule”

Édouard Louis, "En finir avec Eddy Bellegueule"Fuir

Le sentiment de honte est peut-être ce qui distingue et honore les humains. Qui l’éprouve a conscience d’être et d’avoir une place. Ce mot apparaît, à des titres bien différents, chez Primo Levi, Annie Ernaux, Tiphaine Samoyault , et désormais Édouard Louis.

Ce très jeune écrivain publie son premier roman, En finir avec Eddy Bellegueule. Le texte est impressionnant, dès sa scène inaugurale. Un jeune collégien se fait cracher dessus par deux garçons dans un couloir. Il se fait insulter et on lui demande brutalement si c’est lui le « pédé ».

Dès lors, il est l’autre, dans un univers clos qui, telle une poupée russe, enferme un autre univers clos, etc. La Picardie, le village, le collège, voici ce qui constituera le cadre dans lequel se débattra Eddy avant de fuir. Ce verbe à l’infinitif que se répète le jeune garçon comme une injonction fera l’objet de la seconde partie du roman.

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« Mère et fils », de Calin Peter Netzer

"Mère fils", de Calin Peter NetzerIl y a une nouvelle vague du cinéma roumain de plus en plus reconnue à l’étranger mais dont les réalisateurs souffrent, dans leur pays, d’un manque sévère de moyens.

Son essor s’est traduit ces dernières années par les œuvres très remarquées de plusieurs réalisateurs comme Cristu Piu, Corneliu Porumboiu et Cristian Nemescu.

À Cannes, la Palme d’Or attribuée à Cristian Mungiu en 2007 pour Quatre mois, trois semaines et deux jours en a marqué la consécration. Et en 2012, le dernier film de Cristian Mungiu, Au-delà des collines a remporté le Prix du meilleur scénario et les prix d’interprétation féminine sur la Croisette.

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