« Edge Of Tomorrow », de Doug Liman – la Première et la Seconde Guerre mondiales rejouées à l’infini

"Edge Of Tomorrow", de Doug LimanLe film Edge Of Tomorrow est adapté d’un roman d’Hiroshi Sakurazaka, All You Need is Kill, inspiré de l’univers du jeu vidéo.

Cette light novel (roman japonais destiné à un public de jeunes adultes, lycéens et étudiants) a été publiée au Japon par l’éditeur Shūeisha fin 2004 avec des illustrations de Yoshitoshi ABe.

La version française a été éditée en mai 2014 par Kazé sous le titre Edge Of Tomorrow.

L’adaptation en manga, commencée le 9 janvier 2014 dans le magazine Weekly Young Jump de Shūeisha, est écrite par Ryōsuke Takeuchi et dessinée par Takeshi Obata. Deux volumes sont sortis simultanément au Japon en juin 2014.

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« Encore et jamais », de Camille Laurens

camille-laurens-encore-et-jamaisCamille Laurens a plusieurs fois remis l’écriture de ce livre. Un livre sur la répétition, sur ce qui revient, se ressasse suscite quelque peu le rejet ou l’attente. Encore une fois, se dit-on, et l’on s’interroge, comme elle le fait en ouverture de ce livre : « Répétons-nous pour notre malheur ou notre plaisir ? Répéter, est-ce vivre à grandes guides ou mourir à petit feu ? Se hâter vers un idéal, se blottir dans le bien connu ou radoter sa propre impuissance ? »

Encore et jamais répond à ces questions, et à d’autres, s’appuyant sur les lectures, les chansons, les arts vivants, pour décliner ce verbe répéter qui, comme le mot encore, dont le « e » reste toutefois muet, s’appuie sur une syllabe qui semble peser. Camille Laurens écrit des variations sur ce thème et ses courts chapitres sont autant de voies ouvertes, de lumières jetées sur le mot et ses effets, ses résonances.….

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« Alceste à bicyclette », de Philippe Le Guay

philippe-le-guay-alceste-a-bicycletteQuelques remarques en préambule. Ce film aura peu de chance d’être primé aux Oscars d’Hollywood. Contrairement à The Artist, il est particulièrement généreux en dialogues et son contenu semble réservé à un public français – à la rigueur francophone.

Autre chose : il faut recommander avec insistance à tous les professeurs de lettres d’emmener leurs élèves voir le film. Même si Le Misanthrope n’est pas inscrit à leur programme, ils mesureront l’actualité de la pièce et la vraie nature du travail des comédiens  (y compris dans l’art de respecter les diérèses pour une bonne mesure de l’alexandrin).

Dernière observation préalable : il est possible de faire un film sur tous les sujets et sans recourir à des budgets démesurés. Celui-ci est construit sur une intrigue d’une extrême minceur et n’a pas dû engager des capitaux très importants. Il suffit de réunir quelques bons acteurs (ils sont tous excellents), de bénéficier d’un décor exceptionnel (la très photogénique île de Ré, hissée ici au rang de personnage) et de laisser, devant une caméra inspirée, se dérouler l’histoire. Continuer la lecture