« Métamorphoses », de Christophe Honoré, d’après Ovide

"Métamorphoses", de Christophe HonoréQuand on interroge Christophe Honoré sur ses souvenirs scolaires d’Ovide, il répond :

« En cinquième et quatrième, dans les cours de latin, je trouvais les versions d’Ovide beaucoup plus amusantes que Les Lettres de mon moulin, et cette culture gréco-romaine qui m’avait beaucoup séduit m’a guidé plus tard dans mes lectures. Mais je n’ai pas d’autres souvenirs : il n’y a pas de films, pas d’actualité culturelle d’Ovide. Pourtant, ces mythes sont des histoires connues de tous, du moins dans leurs grandes lignes : Narcisse, Pan, Orphée, Jupiter, Europe sont les matrices originelles de nos récits, encore de nos jours. »

« Je me propose de dire les métamorphoses des choses en des corps nouveaux. »

Ce vers d’Ovide est pour Christophe Honoré la définition même du cinéma, d’un cinéma idéal, et une incitation directe à tenter de l’atteindre. C’est ce qui l’attire dans cet art, la possibilité de métamorphoser le réel en quelque chose de nouveau afin d’échapper à l’illusion réaliste. Alors pourquoi ne pas aller voir du côté des mythes grecs naturalisés romains et en éprouver la force à l’aune de la modernité ?

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Les couleurs d’une jeunesse : « Deep End », de Jerzy Skolimowski (1970)

Londres, 1970. Mike, quinze ans, est engagé dans un établissement de bains publics. C’est son premier emploi. Très vite, il est attiré par Susan, une jolie rousse qui lui a présenté les lieux et le travail.  Il vivra son premier amour dans cet endroit sinistre.

On n’a pas envie d’en dire plus sur le scénario conçu à partir d’un article de journal par Jerzy Skolimowski. C’était là le premier film qu’il réalisait en Grande-Bretagne, après avoir quitté la Pologne et fait escale à Bruxelles où il avait tourné Le Départ, avec Jean-Pierre Léaud. Continuer la lecture