“Spartacus & Cassandra”, de Ioanis Nuguet

"Spartacus & Cassandra", de Ioanis NuguetSpartacus et Cassandra sont frère et sœur. Ils sont scolarisés dans une école, vraisemblablement de Seine-Saint-Denis.

Leurs parents viennent de Roumanie, mais eux sont nés en France. Ils sont encore attachés à leurs parents, mais ceux-ci ne peuvent pas s’occuper d’eux : la mère mendie et est irresponsable, le père fait certainement des petits trafics, il est malin, n’est pas coupé d’une communauté Rom qui s’est installée comme elle peut en France.

Il culpabilise sans cesse ses enfants et leur dit qu’il ne peut concevoir vivre sans eux, même s’il ne peut pas s’occuper d’eux matériellement. Ils ont rencontré Camille, une jeune femme qui travaille dans un cirque, qui s’est attachée à eux et s’en occupe au quotidien.

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Rencontre avec Alain Pagès : Zola et la liberté

Émile Zola en 1870

Émile Zola en 1870

Une rencontre exceptionnelle a eu lieu avec Alain Pagès, professeur de littérature française à la Sorbonne nouvelle et spécialiste internationalement reconnu de Zola et de l’affaire Dreyfus, sur le thème Zola et la liberté le vendredi 23 janvier 2015, à l’université Paris 3, sous le haut patronage de François Weil, recteur de l’académie de Paris.

Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre d’un stage académique de Lettres organisé par l’Observatoire zolien des écritures réflexives (OZER), groupe de travail associant secondaire et université, en collaboration avec l’Institut des textes et manuscrits modernes, CNRS-ENS, projet ArchiZ, et qui a pour objectif de développer chez l’élève la maîtrise des processus de l’écriture, en partant de l’exemple privilégié de l’œuvre de Zola.

L’Histoire-géographie se sont joints aux Lettres pour ouvrir la rencontre aux étudiants en master et aux professeurs qui souhaitaient prendre part à ce dialogue.

L’enregistrement vidéo de ces échanges est accessible ci-dessous.

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« Bande de filles », de Céline Sciamma

"Bandes de filles", d'Élise SciammaLe titre est trompeur. Il y a bien une bande de filles que filme Céline Sciamma : elle est constituée par trois adolescentes, Lady qui en est le centre, Fily et Adiatou. Lorsque Marieme se retrouve seule, désœuvrée, en butte contre l’institution scolaire, elle se décide à les rejoindre.

En même temps qu’un nouveau prénom (Vic), elle s’efforce d’acquérir confiance en soi, agressivité, aisance, féminité. Lady est alors un modèle plus qu’une amie. Marieme, d’ailleurs, ne voit pas dans son amie les parts d’ombre et de vulnérabilité. Elle recherche d’abord un moyen pour conquérir une volonté d’affirmation et d’estime de soi.

Pourtant, cette bande n’est pas l’unique objet du film. Les quatre personnages ne sont absolument pas placés sur un pied d’égalité devant la représentation.

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“Zola et le groupe de Médan. Histoire d’un cercle littéraire”, d’Alain Pagès

"Zola et le groupe de Médan. Histoire d'un cercle littéraire", d'Alain PagèsL’ouvrage d’Alain Pagès s’ouvre sur l’évocation du pèlerinage de Médan, qui conduit, via le « chemin d’admiration et de respect » (l’expression est d’Henry Céard), dans le pays d’une mémoire vivante dont la Maison Zola reste encore aujourd’hui l’éloquent symbole.

Depuis 1903, chaque premier dimanche d’octobre, de grandes figures politiques et des intellectuels de premier plan se relaient pour rendre hommage à Zola, à son œuvre, à son action et au rayonnement de ses idées. C’est l’histoire exacte et nuancée de cette présence de l’écrivain en son temps et de son influence durable que retrace l’important livre d’Alain Pagès, du « berceau provençal » des amitiés premières avec Cézanne et Baille à la « constellation naturaliste » qui a continué à briller jusque dans les années 1930, notamment à travers les héritiers de l’Académie Goncourt.

En 1864, à ses débuts, Zola avait eu la prescience de la somme de réactions contrastées que la puissance de création de tout génie engendre, tôt ou tard, inéluctablement. Et d’emblée, puisqu’ils se sont formés dans les dynamiques conjointes du journalisme, des avant-gardismes et de l’essor du roman d’actualité, son art, ses prises de position et sa méthode en ont appelé à autrui, à l’émulation, au partage et au débat.

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“Bel-Ami”, de Guy de Maupassant, proposition de séquence

"Bel-Ami", de Maupassant, dans l'édition de Xavier-Laurent Petit, "Classiques abrégés"Bel-Ami, roman de Maupassant qui parut tout d’abord en feuilleton dans Gil Blas (du 6 avril au 30 mars 1885), retrace la fulgurante ascension d’un « aventurier » de la Belle Époque. L’histoire se déroule entre le 28 juin 1880 et le 20 octobre 1882, sous la présidence de Jules Grévy (30 janvier 1879 – 2 décembre 1887).

La classe sociale triomphante est issue de la finance et des affaires ; elle pactise avec les journaux qui, depuis la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, sont devenus un support politique et financier. Le personnage du baron Walter est, dans le roman, une figuration de cette collaboration. Les agiotages provoqueront d’ailleurs le scandale du krach de l’Union Générale en 1882, évoqué par Émile Zola dans L’Argent.

Maupassant avait lui-même été journaliste pour Gil Blas, journal de centre gauche, mondain et boulevardier, mais aussi pour L’Écho de Paris, Le Figaro et La Revue des Deux Mondes. Il écrivit également, pour Le Gaulois, des reportages sur l’Algérie, ainsi que des chroniques mondaines sur les salons et intérieurs d’artistes, qui inspireront les expériences journalistiques du personnage principal de Bel-Ami.

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Émile Zola, «Nouvelles roses» et «Nouvelles noires», édition d’Henri Mitterand

zola-nouvelles-rosesCe n’est pas par ses nouvelles que Zola a conquis la notoriété : du recueil collectif Les Soirées de Médan, paru sous son patronage en 1880, la postérité a retenu le chef-d’œuvre du jeune Maupassant, « Boule de suif », consacré depuis comme le maître du genre, et oublié « L’Attaque du moulin ».

Henri Mitterand, qui a tant fait par ses éditions et ses analyses pour mettre en lumière les divers aspects de son œuvre, s’emploie aujourd’hui à combler cette injustice en publiant dix-huit nouvelles du maître du naturalisme.

Zola les a écrites, pour l’essentiel, de 1875 à 1880, pour les lecteurs d’une revue de Saint-Pétersbourg friands de « reportages d’actualité » sur Paris ; il les a ensuite publiées en France et réunies dans deux recueils composés, nous dit l’éditeur, sans « aucune logique définie » : « Le désordre thématique [y] fait pendant au désordre chrono-génétique. »

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