“Le Horla”, de Guillaume Sorel, d’après l’œuvre de Guy de Maupassant. Entretien

Guillaume Sorel © Isabelle Franciosa

Guillaume Sorel © Isabelle Franciosa

Cet entretien a été réalisé en décembre 2013, alors que Guillaume Sorel achevait les dernières planches du Horla.

Il permet de retracer les étapes de l’élaboration de l’album et la démarche adoptée par l’un des grands auteurs de la bande dessinée contemporaine.

Pourquoi s’est-il intéressé au Horla de Maupassant ? Comment a-t-il adapté un récit centré sur un seul personnage ? Comment met-on en image l’indicible ? Comment maintenir l’ambiguïté du personnage en image ? Comment peut-on faire percevoir sa perte progressive des repères ? Comment suggère-t-on le sentiment de  solitude et la peur ? À quelles autres œuvres fantastiques Guillaume Sorel est-il attaché ?

C’est à toutes ces questions que l’auteur de cette version graphique du “Horla” a bien voulu répondre. Nous l’en remercions vivement.

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« Le Horla », de Guy de Maupassant à Guillaume Sorel

"Le Horla", de Guillaume Sorel, d'après l'œuvre de Guy de Maupassant, Rue de Sèvres, 2014

“Le Horla”, de Guillaume Sorel,
d’après l’œuvre de Guy de Maupassant,
Rue de Sèvres, 2014

“8 Mai.

Quelle journée admirable ! J’ai passé toute la matinée étendu sur l’herbe, devant ma maison, sous l’énorme platane qui la couvre, l’abrite et l’ombrage tout entière.

J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes racines, ces profondes et délicates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l’attachent à ce qu’on pense et à ce qu’on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l’air lui-même.

J’aime ma maison où j’ai grandi. De mes fenêtres, je vois la Seine qui coule, le long de mon jardin, derrière la route, presque chez moi, la grande et large Seine, qui va de Rouen au Havre, couverte de bateaux qui passent.”

La nouvelle la plus célèbre de Maupassant, dont on vient de lire les premières lignes, a suscité de multiples analyses sur les conditions de sa rédaction et sur son auteur. L’adaptation en bande dessinée de Guillaume Sorel aux éditions Rue de Sèvres (mars 2014) incite à une nouvelle lecture de l’œuvre.

L’École des lettres lui consacre un numéro, « Le Horla », de Guy de Maupassant à Guillaume Sorel, dont voici le détail.

 

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“Bel-Ami”, de Guy de Maupassant, proposition de séquence

"Bel-Ami", de Maupassant, dans l'édition de Xavier-Laurent Petit, "Classiques abrégés"Bel-Ami, roman de Maupassant qui parut tout d’abord en feuilleton dans Gil Blas (du 6 avril au 30 mars 1885), retrace la fulgurante ascension d’un « aventurier » de la Belle Époque. L’histoire se déroule entre le 28 juin 1880 et le 20 octobre 1882, sous la présidence de Jules Grévy (30 janvier 1879 – 2 décembre 1887).

La classe sociale triomphante est issue de la finance et des affaires ; elle pactise avec les journaux qui, depuis la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, sont devenus un support politique et financier. Le personnage du baron Walter est, dans le roman, une figuration de cette collaboration. Les agiotages provoqueront d’ailleurs le scandale du krach de l’Union Générale en 1882, évoqué par Émile Zola dans L’Argent.

Maupassant avait lui-même été journaliste pour Gil Blas, journal de centre gauche, mondain et boulevardier, mais aussi pour L’Écho de Paris, Le Figaro et La Revue des Deux Mondes. Il écrivit également, pour Le Gaulois, des reportages sur l’Algérie, ainsi que des chroniques mondaines sur les salons et intérieurs d’artistes, qui inspireront les expériences journalistiques du personnage principal de Bel-Ami.

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