“L’Institutrice”, de Nadav Lapid

"L'Institutrice", de Navad LapidL’institutrice Nira décèle chez le petit Yoav, un enfant de cinq ans, des dons extraordinaires pour la poésie.

Visiblement inspiré au sens fort du terme, comme le suggère son prénom – qui est celui du neveu du roi David, dérivé du nom de Dieu d’Israël et du mot père et signifiant « Dieu du père » –, il profère des poèmes, que recueille scrupuleusement sa nounou.

Nira elle-même écrit des poèmes comme pour échapper à la banalité de sa vie conjugale avec un mari matérialiste et sans imagination. Subjuguée par le talent précoce de Yoav, elle voit dans le fait d’être avec lui un bonheur et une mission. Du coup, obsédée par le jeune et mystérieux prodige, elle s’intéresse moins à ses propres enfants – adultes il est vrai – et décide d’encourager ses prédispositions, envers et contre tous, y compris le père de Yoav.

Cette entreprise désespérée lui fait franchir la ligne de la raison et de la loi.

 

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“Ilo Ilo”, d’Anthony Chen

Anthony Chen, "Ilo ilo"Au dernier Festival de Cannes, le jury de la Caméra d’or et sa présidente, Agnès Varda, ont récompensé à l’unanimité ce premier film d’Anthony Chen, venu de Singapour, qui les a particulièrement touchés par son intimisme de “musique de chambre”.

Cette chronique familiale parvient à traiter en toute simplicité, mais avec délicatesse et intelligence, des thèmes essentiels qui nous concernent tous : l’enfance, l’immigration, les rapports de classe, la crise.

L’intrigue est située à la fin des années 90, dans une période qui ressemble à celle que nous vivons. Singapour y apparaît comme une démocratie autoritaire, dont la réussite  économique connaît un léger déclin et a pour revers une liberté individuelle très limitée.

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