Favoriser la maîtrise de la langue française et agir contre l’illettrisme à l’école et avec l’école

Dans le cadre du Plan national de formation et des Journées de professionnalisation des acteurs du ministère de l’Éducation nationale, un séminaire sera organisé à Paris le 26 septembre 2014 sur le thème : Favoriser la maîtrise de la langue française et agir contre l’illettrisme à l’école et avec l’école.

Il sera animé par la Direction générale de l’enseignement scolaire, l’Inspection générale de l’Éducation nationale et l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme et réunira des chercheurs, des correspondants académiques de la formation initiale et de la formation continue, et des représentants d’associations engagées dans la prévention et la lutte contre l’illettrisme .

L’École des lettres rendra compte ultérieurement de cette rencontre qui vise un triple objectif :

– éclairer l’articulation possible et nécessaire entre les différents acteurs de l’Éducation nationale et faire mieux connaître les outils élaborés dans les académies ;

– renforcer les relations partenariales de l’Éducation nationale au sein des territoires pour mieux prévenir l’illettrisme ;

– permettre aux acteurs d’engager une réflexion sur un programme d’actions commun pour l’année qui s’ouvre.

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Illettré, ça prend un ou deux « t » ?

garamontQu’est-ce que ce mot, Illettré ? Avec un « i » majuscule, on dirait presque qu’il possède trois « l ». Cependant tel l’oiseau, il a décidé de s’en tenir à deux.

De toute façon, un mot qui commence par trois consonnes identiques, en français, ça ne s’est jamais vu. Pas encore du moins.

Prêt à s’envoler de ses deux « l », les deux « t » d’illettré, à l’instar de deux pieds, le maintiennent fermement à terre. Entre ciel et terre, à sa tête se dresse le préfixe négatif il- qui présage un manque. Il-lettré: sans lettres. Un mot muni d’un semblant de tête qui exprime l’absence, avec deux ailes, deux pieds et qui n’a pas de lettres ?

Vous vous moquez, ce n’est pas un mot mais la Victoire de Samothrace ! Ou bien tout simplement une grande piperie ! Une personne adulte sans lettres, me souffle-t-on. Une personne sans lettres ? Illettré est à prendre au pied de la lettre, de la tête aux pieds ! Une personne qui n’est pas lettrée. Ayant été à l’école, et qui a dû pour des raisons diverses la quitter.

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Premier poste : dix conseils pour entrer dans le métier

De la manière d'étudier et d'enseigner les belles lettresDix conseils pour entrer dans le métier :

 Restez vous-même.

 Gardez une vie culturelle personnelle.

 Ce que vous enseignez vous passionne ? N’hésitez pas à le montrer !

 Évitez de porter des jugements définitifs.

 Vous écrivez ?  Continuez !

 Gérez votre temps de cours.

 Préparez la lecture à haute voix.

 Préparez et tenez à jour votre carnet de bord.

 Planifiez votre semaine.

 Prenez le temps d’analyser des séquences… et appuyez-vous sur les dossiers mis à votre disposition par les professeurs expérimentés qui élaborent l’École des lettres

 

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Coups de cœur d’une rentrée littéraire

librairieCette année, dès la mi-août, on aura trouvé les romans qui n’arrivaient sur les tables des libraires qu’au début septembre. On aura même pu lire des articles sur ces livres dans les grands quotidiens.

Des critiques ont désigné les romans à lire, et ceux à éviter : les rumeurs sur de possibles Goncourt vont déjà bon train.

Commençons par rappeler ce que tout le monde sait : une rentrée littéraire est d’abord un enjeu économique.

La littérature contemporaine, sauf pour quelques têtes de gondole, ne dispose pas d’un immense public. Créer un événement comme celui-ci, le pérenniser, permet de mettre sous les projecteurs des œuvres de création (souvent) et quelques produits (hélas). Plus de 600 romans paraissent en moins de deux mois. Beaucoup disparaîtront des tables, certains n’auront droit à aucun article, pas même à une brève dans un quotidien gratuit.

Ces textes éphémères sont des paris, à la fois littéraires et économiques. Il suffit d’une surprise, d’un roman qui rencontre son public, pour qu’une rentrée d’éditeur soit réussie. À tous égards. Ce n’est toutefois pas le lot commun. C’est d’ailleurs pourquoi le nombre des premiers romans publiés en août septembre diminue, et que les « noms » sont édités, parfois en grand nombre.

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Concours Dis-moi dix mots… à la folie, édition 2013-2014 : les créations des lauréats

À la folie !Le concours international Dis-moi dix mots, organisé par le ministère de l’Éducation nationale et la Délégation générale à la langue française et aux langues de France a, cette année encore, élargi son audience et permis à plus de quatre cents établissements, en France et à l’étranger, de proposer de remarquables travaux, tous fondés sur une réflexion sur la langue qui se prolonge dans des créations littéraires et artistiques particulièrement originales.

La thématique 2013-2014, Dis-moi dix mots à la folie, incitait collégiens et lycéens à faire jouer très librement  l’imagination lexicale mais aussi à expérimenter les médias les plus divers : livres “papier” illustrés, recueils numériques, enregistrements sonores, captations vidéo, blogs, impressions sur tissus, boîtes à système…

On découvrira ici ces créations qui ont aussi la particularité de faire jouer heureusement la complémentarité entre les disciplines et de permettre aux classes les plus diverses de s’emparer de multiples modes d’expression.

l’École des lettres

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Contre l’obscurantisme et la censure : “Lire est le propre de l’homme. De l’enfant lecteur au libre électeur”

Dessin d'Alan Mets

Dessin d’Alan Mets © l’école des loisirs

L’école des loisirs a publié voici quelque temps un recueil de témoignages et réflexions de cinquante auteurs et illustrateurs pour l’enfance et la jeunesse auquel les polémiques actuelles sur le livre et l’éducation redonnent une très vive actualité.

Ce manifeste de 192 pages, disponible gratuitement, très largement diffusé, se propose de rappeler l’importance du livre dans le développement de l’enfant et de l’adolescent, ainsi que le lien vital qui existe entre lecture, éducation, liberté et, donc, démocratie.

Comme le souligne Marie-Aude Murail, “ce n’est pas la lecture qui est en danger, ce sont les illettrés”.

Certains pseudo-lecteurs de livres pour la jeunesse – mais vrais agitateurs – souhaitent régulièrement tirer parti de l’ignorance et des peurs pour tenter de disqualifier, auprès des parents et d’une opinion qu’ils espèrent perméables, auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, et, bien sûr, personnels de l’Éducation publique. La ficelle est classique et finit pas s’user. L’objectif récurrent ? Mettre en évidence un “complot” contre la structure familiale traditionnelle avec la complicité d’un État déliquescent.

Les créateurs, les éditeurs, les professeurs et les enfants rêveurs n’ont qu’à bien se tenir.

Car l’enjeu est bien là : c’est l’éducation du sens critique qui donne aux lecteurs la possibilité de choisir et leur assure d’être des femmes et des hommes libres demain. Ces temps-ci, il semblerait que cela ne soit pas du goût de tous…

l’École des lettres

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De l’avenir faisons tablette rase ?

tablettesLes chiffres ont plu à la fin de l’année dernière, aux deux acceptions de ce participe passé malicieux.

Divers instituts de sondage et cabinets d’études les ont fait pleuvoir, tout d’abord :

Dès octobre 2013, un sondage Digital Book World – Play Collective indiquait qu’aux États-Unis 46 % des parents envisageaient d’offrir pour Noël une tablette à leur enfant de 2 à 13 ans. Selon le cabinet NPD Group Inc – un des leaders mondiaux des études de marché –, la tablette éducative était en passe de devenir le jouet le plus vendu en France en 2013.

La même étude indiquait qu’en moins d’un an, les ventes de tablettes préscolaires avaient plus que doublé : au 1er décembre, près de 440 000 avaient déjà quitté les rayons. Sous le sapin, la tablette occupait la première place du top des ventes. Son taux de pénétration augmente, comme ils disent, d’un air plus ou moins pénétré, d’ailleurs.

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«La Voleuse de livres »(« The Book Thief »), de Brian Percival

"La Voleuse de livres" ("The Book Thief"), de Brian PercivalLa Voleuse de livres est d’abord un best-seller « pour jeunes adultes » de Markus Zusak, publié en 2005 en Australie et en mars 2007 en France aux éditions OH !, dans une traduction de Marie-France Girod.

Le film britannique de Brian Percival en est l’adaptation.

Il reprend le dispositif romanesque d’un récit omniscient, fait par une narratrice qui n’est autre que la Mort elle-même, du destin de la petite Liesel Meminger, fille de communistes, accueillie en 1938 par une famille allemande pour échapper à la police.

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