“La Tête haute”, d’Emmanuelle Bercot, ou le parcours chaotique d’un jeune délinquant

"La Tête haute", d’Emmanuelle BercotComédienne, scénariste et réalisatrice, Emmanuelle Bercot s’offre le luxe de figurer sur deux affiches de films en compétition au Festival de Cannes 2015. Elle joue aux côtés de Vincent Cassel le premier rôle dans Mon roi de son amie Maïwenn et présente sa deuxième réalisation, La Tête haute.

Grande admiratrice de Catherine Deneuve, elle en avait fait en 2013 la vedette de son premier film, Elle s’en va. La comédienne y incarnait une femme de 60 ans en perte de repères qui quitte sa famille et découvre la liberté en compagnie de son petit-fils, Nemo Schiffman, le propre fils de la cinéaste.

Le rapport tendre mais conflictuel entre cette femme et le garçon est la ligne directrice de ce road-movie qui a été une révélation pour la critique.

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« National Gallery », de Frederick Wiseman

"National Gallery", de Frederick WisemanJe suis depuis très longtemps le travail de Frederick Wiseman, documentariste américain né en 1930 à Boston, dont l’œuvre considérable ne peut se comparer qu’à celle des plus grands Français comme Chris Marker ou Raymond Depardon.

Il s’est attaché à brosser un portrait des grandes institutions nord-américaines : hôpitaux (Titicut Follies 1967, Hospital 1969, Near Death 1989), commissariats (Law and Order 1973), collèges (High School 1968), tribunaux (Juvenile Court 1975).

De plus en plus longs, ses films ont réussi à faire considérer le documentaire comme une œuvre à part entière, un essai cinématographique. Unregard d’une acuité sans concessions, l’absence d’interviews, de musique ajoutée, de commentaire off, de chronologie sont sa marque de fabrique. De longs segments thématiques qui se répondent par contrastes et symétrie, un son direct pris par lui-même créent une vision brute de la réalité qui sollicite la participation du spectateur.

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