Édouard Louis, “En finir avec Eddy Bellegueule”

Édouard Louis, "En finir avec Eddy Bellegueule"Fuir

Le sentiment de honte est peut-être ce qui distingue et honore les humains. Qui l’éprouve a conscience d’être et d’avoir une place. Ce mot apparaît, à des titres bien différents, chez Primo Levi, Annie Ernaux, Tiphaine Samoyault , et désormais Édouard Louis.

Ce très jeune écrivain publie son premier roman, En finir avec Eddy Bellegueule. Le texte est impressionnant, dès sa scène inaugurale. Un jeune collégien se fait cracher dessus par deux garçons dans un couloir. Il se fait insulter et on lui demande brutalement si c’est lui le « pédé ».

Dès lors, il est l’autre, dans un univers clos qui, telle une poupée russe, enferme un autre univers clos, etc. La Picardie, le village, le collège, voici ce qui constituera le cadre dans lequel se débattra Eddy avant de fuir. Ce verbe à l’infinitif que se répète le jeune garçon comme une injonction fera l’objet de la seconde partie du roman.

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