En relisant Guy Debord, cinquante ans après

"La Société du spectacle", de Guy DebordUn récent numéro de l’École des lettres rendait compte des débats organisés autour du livre de Andrew Hussey, Guy Debord. La Société du spectacle et son héritage punk (Éditions Globe). Cette lecture a réveillé en moi l’écho de toutes les références  à l’Internationale situationniste et à Guy Debord entendues en Mai 1968. Cela m’a donné envie de relire, avec bien des années de recul, les écrits de ce dernier.

Le point central et qui me semble bien observé : l’essentiel du rapport social est maintenant dans l’image et non dans l’authenticité de l’être. On est passé de l’être au paraître. Il faut se faire voir, se faire entendre, faire son autoportrait en permanence. « La condition de vedette est la spécialisation du vécu apparent. »

De plus, le spectacle est lié à la société de consommation. L’abondance des marchandises et la création incessante de nouveaux objets participent au spectacle comme un« pseudo-usage de la vie ».

Mais, au-delà, s’ouvre un grand vide : « Le spectacle ne veut en venir à rien d’autre qu’à lui-même. »

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“Dériver” avec Guy Debord, tables rondes avec Andrew Hussey, Will Self et Jean-Marie Durand

Andrew Hussey © CR, l'École des lettres

Andrew Hussey © CR, l’École des lettres

 

Les 25 et 26 septembre 2014, l’écrivain et historien britannique Andrew Hussey présentait son livre, Guy Debord. « La Société du spectacle » et son héritage punk, publié aux éditions Globe, en présence de son compatriote et préfacier, le romancier Will Self.

Ces deux débats publics étaient animés par le journaliste Jean-Marie Durand, rédacteur en chef de la rubrique Idées au magazine Les Inrockuptibles, et traduits par Marguerite Capelle.

Le premier était organisé à la Maison de la Poésie, à Paris, le second au siège de l’école des loisirs. La transcription de ces deux rencontres est donnée dans l’École des lettres.

 

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“Guy Debord. La société du spectacle et son héritage punk”, d’Andrew Hussey

Andrew Hussey, "Guy Debord. "La Société du spectacle" et son héritage punk", éditions Globe, 2014Le titre simple, Guy Debord, pointe la méthode d’Andrew Hussey : ne jamais s’écarter de son personnage central, faire en sorte qu’il reste un personnage humain, un homme avec son programme fixe et ses contradictions, mais aussi un label, Debord, dont on pourrait même ignorer le prénom.

Debord est une marque que l’on évoque comme un univers mais aussi une menace, quelque chose comme Fantômas, Fu Manchu, le super méchant d’une société du spectacle qui la fascine et qu’elle utilise tandis qu’il décide de la fuir. Mais c’est aussi un point fixe à partir duquel le regard critique porté sur la société ne cille jamais. Son biographe peut en dérouler le fil, en démêler l’écheveau sans donner l’impression de se heurter à des difficultés insurmontables et la limpidité n’est pas la moindre des qualités de cet ouvrage, initialement paru en anglais sous le titre The Game of War: The Life and Death of Guy Debord. Continuer la lecture