Anatomie d’un mensonge : «L’Imposteur», de Javier Cercas

"L'Imposteur", de Javier CercasEn mai 2005, alors que le Premier ministre espagnol doit pour la première fois assister à la commémoration de la libération des camps, un scandale éclate. Enric Marco, président de l’Amicale de Mauthausen, révèle que, contrairement à ce qu’il avait affirmé, il n’a jamais été déporté à Flossenbürg.

Il a menti sur cet aspect essentiel de son passé, mais sur d’autres, aussi. L’effet est ravageur. C’est sur cet événement que Javier Cercas revient dans L’Imposteur.

Le romancier espagnol, auteur des Soldats de Salamine et de Anatomie d’un instant s’intéresse aux ambiguïtés de l’Histoire.

Il met en relief sa complexité, ses paradoxes, n’hésitant pas à heurter une certaine bonne conscience et à se confronter lui-même au danger de son entreprise.

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“Pas pleurer”, de Lydie Salvayre, prix Goncourt 2014 : un été de jeunesse totale

"Pas pleurer", de Lydie SalvayreDeux voix se croisent : celle de Montsé, une « mauvaise pauvre », mère de la narratrice, et celle de George Bernanos, installé à Palma de Majorque en cet été 1936.

Pour l’une, ce sera l’été du plus grand bonheur, pour l’autre, celui du désespoir le plus profond.

Lidia, la narratrice, recueille le récit de sa mère et met en parallèle ce que l’écrivain français voit, ressent, et écrit. Pas pleurer sonne comme un hommage à l’auteur des Grands Cimetières sous la lune et l’évocation d’un moment unique, jamais retrouvé par Montsé.

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