“Chant furieux”, de Philippe Bordas : chanter le héros

"Chant furieux", de Philippe BordasDans Chant furieux, la musique et l’idée d’extrémité propre à la furie, dans l’étymologie sont mêlées.

Ce titre, celui du premier roman de Philippe Bordas, photographe et déjà auteur de Forcenés, livre autour du vélo, chante des héros d’aujourd’hui, les « zoniers », et l’un d’entre eux, entré en pleine lumière, Zidane.

L’aède se nomme Mémos, il est né dans la banlieue nord de Paris, comme le footballeur dans le quartier de la Castellane à Marseille. Le roman raconte les cent jours qui séparent l’ultime match d’ ” El Zid » au Real Madrid et la finale de la Coupe du monde à Berlin.

Ce soir-là, Zidane qui a conduit son équipe au sommet, risque le geste le plus difficile pour marquer un penalty et réussit avec une parfaite désinvolture cette « panenka ». Il sort sur un carton rouge après un geste rageur qui marquera cette soirée : on se rappelle plus ce coup de boule que la victoire italienne. Zidane aura vécu jusqu’à l’extrême ce dernier moment.

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“Mister”, d’Elsa Boyer : la fabrique des hommes machines

"Mister", d'Elsa BoyerLe mot roman ne figure pas en couverture de Mister, le troisième livre publié par Elsa Boyer. Le mot football n’apparaît jamais dans ce texte à l’écriture poétique, qui s’approche du territoire fantastique, tout en s’ancrant dans un réel très aisé à identifier.

En Italie, Mister  est le surnom que les joueurs donnent à leur entraîneur. Ancelotti, aujourd’hui à la tête du Real Madrid est Mister. Mais dans les pages qu’on lit, ce Mister est un stratège un peu fou, obsessionnel, hanté par le spectre de la défaite ou de la victoire sans beauté, sans élégance.

Il a quelque chose de Mourinho qui mène aujourd’hui le club anglais de Chelsea, fait penser à Jurgen Klopp, le coach éruptif de Dortmund, ou à Marcelo Bielsa, qui dirigera en août l’OM et qu’on surnomme El loco, pour la place démesurée qu’occupe dans sa vie le métier d’entraîneur.

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