“Harry Potter à l’école de la philosophie”, de Marianne Chaillan

"Harry Potter à l'école de la philosophie", de Marianne ChaillanHarry Potter a déjà fait couler beaucoup d’encre. Je ne songe pas aux milliers d’articles qui lui ont été consacrés dans la presse mais seulement aux commentaires, plus ou moins heureux, qu’il a suscités.

Le premier essai notable aura été celui d’Isabelle Smadja, Harry Potter, les raisons d’un succès. L’auteure passait aux cribles de la philosophie, de la psychanalyse et de la sociologie les quatre premiers volumes de la série.

Isabelle Cani, dans Harry Potter ou l’anti Peter Pan, se livrait à une comparaison astucieuse entre les deux personnages éponymes, montrant que Peter Pan préfigurait le culte de l’éternelle jeunesse qui agite notre époque tandis qu’Harry Potter, après un long cheminement vers l’âge adulte, en assumait pleinement les contraintes et les valeurs.

L’essai de Marianne Chaillan, Harry Potter à l’école de la philosophie, publié dernièrement chez Ellipses, confirme en partie la thèse d’Isabelle Cani et démontre une nouvelle fois, si besoin en était, la richesse d’une œuvre qui, tout en s’inscrivant pleinement dans notre temps, a su intégrer de façon ludique les héritages philosophiques et culturels de la civilisation occidentale.

Continuer la lecture

«L’Étrange solitude de Manfred Richter», de Gisèle Bienne

gisele-bienne-l-etrange-solitude-de-manfred-richterOn connaît la célèbre formule de Nizan, posée au seuil d’Aden Arabie : « J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. »

Hélène Courtois, l’héroïne du dernier roman de Gisèle Bienne, pourrait la faire sienne. Elle aime les livres et vit dans une maison qui s’y apparente : « Une maison c’est un livre dont on n’épuise jamais la lecture… », déclare-t-elle. Elle répète à plusieurs reprises qu’elle est vieille à cet âge.

Ce à quoi Richter, le prisonnier de guerre pris au piège de l’Histoire et empêché par elle d’avoir pu développer la sienne, rétorque : « Tu ne seras jamais aussi vieille qu’à vingt ans, et ça durera jusqu’à tes vingt-trois ans. Tu te sentiras vieille, très vieille ces quelques années-là, alors profites-en, c’est une chance, se sentir vieux quand on est jeune, ce n’est pas donné à tout le monde. » Richter sait de quoi il parle : « nazillon fils d’un nazi, et pas n’importe lequel… ». Continuer la lecture