“Le Brady, cinéma des damnés”, de Jacques Thorens

"Le Brady, cinéma des damnés", de Jacques Thorens

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Dans le quartier des damnés

En page de garde du livre, un ticket de cinéma à deux francs à l’enseigne du Brady.

Quiconque a marché sur le boulevard de Strasbourg, dans les années 1970 ou peu après, n’a pu manquer la façade de ce cinéma pas comme les autres : les peintures naïves et horrifiques qui encadraient le hall d’entrée rappelaient un Paris qui n’existe désormais plus du tout.

Le Brady, cinéma des damnés permet de le retrouver.

 

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“Les Mains libres”, de Man Ray et Paul Eluard. De la lyrique amoureuse au libertinage érotique

"Les Mains libres", de Paul Eluard et Man RayLes Mains libres est un ouvrage hybride qui est parcouru par des contradictions: poésie/peinture, tradition/modernité; amour du couple/libertinage.

Nous étudierons à travers ces oppositions le rapport du poète au peintre et à la femme.

Des indices iconographiques, textuels et biographiques nous permettent de lire ce texte image comme l’écriture d’une utopie amoureuse reposant sur l’échange des identités et des objets du désir. Cela dans la perspective surréaliste de la révolution politique, morale et métaphysique.

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« La Vénus à la fourrure », de Roman Polanski, d’après Leopold von Sacher-Masoch

"La Vénus à la fourrure", de Roman PolanskiUn magnifique plan-séquence d’un jour d’orage sur les grands boulevards se clôt par un travelling vers un curieux théâtre dont la façade occupe toute la largeur d’un unique bâtiment entre deux rues. Théâtre idéal, idée du théâtre.

À l’intérieur, seul, Thomas, le metteur en scène, exprime son découragement au téléphone : aucune des comédiennes qu’il a passé la journée à auditionner  n’est capable de jouer le personnage de Vanda dans son adaptation théâtrale de La Vénus à la fourrure, nouvelle de l’écrivain autrichien Leopold von Sacher-Masoch, écrite en 1869 (la pièce est en réalité de l’Américain David Ives).

Soudain surgit une jeune femme, qui le convainc de l’entendre. Elle s’appelle Vanda Jourdain et incarne tout ce que Thomas déteste : vulgaire, écervelée, délurée, elle est prête à tout pour obtenir le rôle et émaille ses phrases de « genre » ou « génial ». À son corps défendant, Thomas la laisse tenter sa chance et voit avec stupéfaction l’intruse se métamorphoser en une parfaite incarnation de la Vanda originale. Elle tire de son sac à point nommé les accessoires et les costumes, comprend parfaitement le personnage et connaît la pièce par cœur. L’audition devient un face à face intense, un jeu de fascination réciproque, qui enchaîne Thomas, le cloue sur place.

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En quête de la beauté : “Les Découvertes”, d’Éric Laurrent

Éric Laurrent est devenu écrivain en publiant Coup de foudre,  en 1995. Les Découvertes, qui paraît cet automne, donne après À la fin, court récit paru en 2004, quelques clés de l’univers du romancier.

Les femmes occupent une certaine place dans son univers. Le narrateur parle même d’un « trop grand amour » pour répondre à la question plus qu’embarrassée de son père quant à ses inclinations sexuelles.

Dans le milieu populaire et catholique qui est le sien, en ces années quatre-vingt, on attend d’un fils qu’il se marie et fonde une postérité.

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