OCDE : Regards sur l’éducation 2014

OCDE. Regards sur l'éducation 2014Regards sur la littératie

Comme toujours, les enquêtes de l’OCDE sur l’éducation fournissent une telle débauche de chiffres et d’informations que chacun peut y trouver son bonheur, son centre d’intérêt, ses raisons d’espérer ou de désespérer.

Il y a bien un commentaire officiel (celui d’Éric Charbonnier), mais il suffit de faire une revue de presse pour noter les divergences d’analyse :

L’Étudiant titre : “L’ascenseur social français à la peine” ;

Le Figaro : “L’OCDE pointe le manque de préparation pédagogique des enseignants français” ;

Le Point : “OCDE : l’éducation progresse en France”.

All is true ! comme dirait Balzac. Oui tous ces commentaires sont vrais, et je me recommanderais de cette liberté de lecture pour pointer à mon tour une vérité confirmée par l’enquête : l’importance des compétences « littéraires » dans la réussite sociale et professionnelle.

Continuer la lecture

Illettré, ça prend un ou deux « t » ?

garamontQu’est-ce que ce mot, Illettré ? Avec un « i » majuscule, on dirait presque qu’il possède trois « l ». Cependant tel l’oiseau, il a décidé de s’en tenir à deux.

De toute façon, un mot qui commence par trois consonnes identiques, en français, ça ne s’est jamais vu. Pas encore du moins.

Prêt à s’envoler de ses deux « l », les deux « t » d’illettré, à l’instar de deux pieds, le maintiennent fermement à terre. Entre ciel et terre, à sa tête se dresse le préfixe négatif il- qui présage un manque. Il-lettré: sans lettres. Un mot muni d’un semblant de tête qui exprime l’absence, avec deux ailes, deux pieds et qui n’a pas de lettres ?

Vous vous moquez, ce n’est pas un mot mais la Victoire de Samothrace ! Ou bien tout simplement une grande piperie ! Une personne adulte sans lettres, me souffle-t-on. Une personne sans lettres ? Illettré est à prendre au pied de la lettre, de la tête aux pieds ! Une personne qui n’est pas lettrée. Ayant été à l’école, et qui a dû pour des raisons diverses la quitter.

Continuer la lecture

Théâtre et générations

Hommage à Molière à la Comédie-Française © Cosimo Mirco Magliocca, 2014

Hommage à Molière à la Comédie-Française © Cosimo Mirco Magliocca, 2014

Conflits de générations en jeu dans les pièces,
grandes querelles esthétiques,
génération d’acteurs

Dans le cadre des rencontres organisées par la Comédie-Française au théâtre du Vieux-Colombier, à Paris, autour du thème Grandir pour ne pas vieillir, un nouveau débat abordera le vendredi 28 mars 2014 la notion de génération en histoire, en sociologie et en philosophie, et sous le regard du praticien.

Les rapports de générations dans les textes, la mise en scène comme interprétation générationnelle du répertoire et le théâtre comme art de la transmission seront ainsi interrogés au cours d’un débat animé par Agathe Sanjuan, conservatrice-archiviste de la Comédie-Française, avec Muriel Mayette-Holtz, administratrice générale de la Comédie-Française, Flore Garcin-Marrou docteure en littérature, spécialiste des liens entre théâtre et philosophie, et Martial Poirson professeur à l’université de Grenoble, spécialiste d’histoire et d’esthétique théâtrale.

L’École des lettres rendra compte de cette rencontre sur ce site.

. Continuer la lecture

Théâtre et jeunesse – Grandir pour ne pas vieillir

RachelLa Comédie-Française a choisi comme fil rouge de la saison 2013-2014 une série de débats sur le thème « Grandir pour ne pas vieillir ».

Le vendredi 28 novembre 2013, au Théâtre du Vieux-Colombier, ce cycle de conférences portait sur la thématique Théâtre et jeunesse :

Comment garder son âme d’enfant au cœur de sa pratique d’acteur ? Comment un art de l’instant, du moment présent, de la contemporanéité, est-il également confronté à la réactivation d’un répertoire ancien, qu’une nouvelle mise en scène va faire ressurgir sous un angle neuf  ? Réincarnations et réinterprétations confèrent-t-elles un caractère de jeunesse à cet art si vieux ?  Ne peut-on pas dire que le théâtre forme la jeunesse ? 

L’École des lettres a demandé à Martial Poirson, professeur des universités en histoire et esthétique théâtrale, qui participait au débat animé par Agathe Sanjuan, conservatrice de la Bibliothèque-Musée de la Comédie-Française, avec Muriel Mayette-Holtz, administratrice générale, metteuse en scène et comédienne, et Vanasay Khamphommala, comédien, traducteur et metteur en scène, de rendre compte de la réflexion qui s’est organisée autour de trois thématiques : la jeunesse du répertoire, celle du jeu dramatique du comédien et celle de la réception par les publics.

Continuer la lecture

Un enfant sur cinq en situation d’intégration sociale précaire ou très précaire en France

Rapport Unicef 2013À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant (20 novembre), l’UNICEF France publie les résultats de sa Consultation nationale des 6-18  ans, effectuée auprès de 22 500 enfants et adolescents vivant en France.

Cette dernière met en lumière que près d’un enfant sur cinq (17%) vit dans une situation d’intégration sociale précaire dont 7% sont « déjà pris dans un processus de disqualification sociale ».

Cette enquête a été menée de février à juillet 2013 dans 73 villes réparties sur tout le territoire, ainsi qu’à partir d’une plate-forme web dédiée. Elle a proposé aux participants de répondre à 133 questions couvrant les grands domaines de leur vie quotidienne et les aires essentielles de l’exercice de leurs droits. L’analyse sociologique des résultats statistiques, recueillis et compilés par TNS-Sofres, a été confiée à Serge Paugam (CNRS/EHESS/ENS), sociologue reconnu pour ses travaux sur la pauvreté et les inégalités sociales tandis que Catherine Dolto a accompagné le projet de son regard de médecin et thérapeute.

Continuer la lecture

“La Machine à trier. Comment la France divise sa jeunesse”, de Pierre Cahuc, Stéphane Carcillo, Olivier Galland, André Zylberberg

Le livre ne paie pas de mine, la couverture est plutôt sage, l’écriture austère et sans recherche, préférant la rigueur des chiffres au brio des formules, et pourtant on aurait tort de négliger cette Machine à trier (joli titre), accompagnée d’un sous-titre moins rock’n roll Comment la France divise sa jeunesse.

L’originalité principale du livre, cosigné par quatre auteurs, professeurs (à l’École Polytechnique ou à Paris I) ou directeurs de recherche au CNRS, est que, pour traiter de la difficulté des jeunes Français à entrer dans le monde du travail, il ne se limite pas à la question (attendue et présente ici) de la formation ou de l’orientation, mais choisit de croiser les problématiques.

Continuer la lecture