Mais où sont les profs ?

Progression des recrutements dans le second degréIl y a de quoi être amer.

Les postes aux concours sont toujours plus nombreux, la préparation s’est renforcée et structurée avec les ÉSPÉ, les épreuves ont été révisées et diversifiées, et pourtant le recrutement patine, les candidats manquent à l’appel, les rectorats sont en difficulté : de façon insensible mais régulière le métier d’enseignant glisse dangereusement vers le club maudits des métiers que les Français ne veulent plus exercer.

Il y a de quoi être songeur. On ne peut aimer la jeunesse sans aimer les enseignants, on ne peut se soucier des élèves sans se soucier des professeurs, on ne peut prendre acte des transformations des publics scolaires sans noter les transformations des profils d’enseignants.

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Professeur de lettres : en cours, pour surprendre, il faut innover

Discussion à bâtons rompus
avec une professeur de lettres classiques heureuse

Jeune retraitée de l’Éducation nationale, Claude Arditty exerce toujours à temps partiel dans l’enceinte de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis et à l’hôpital de Villejuif.

Au cours de sa carrière elle a enseigné au collège, au lycée et à l’IUFM, dans le cadre de formations pour adultes à l’université et au Greta de Massy, en IUT à Orsay, dans un établissement spécialisé pour de jeunes adultes handicapés à Palaiseau, mais aussi en milieu carcéral et  à l’hôpital. La diversité est pour elle l’une des clés du plaisir que procure notre métier.

Elle a accepté d’évoquer pêle-mêle des bribes de sa carrière : une éclaircie salutaire pour tous les enseignants ayant le désir de puiser à la source du bonheur d’enseigner.

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Antoine Compagnon, “Une question de discipline”

"Une question de dicipline", d'Antoine CompagnonIl ne faudrait pas que le lecteur distrait néglige d’arriver à la dernière page de ce livre d’entretiens qu’Antoine Compagnon a donné à Jean-Baptiste Amadieu. Il raterait cet aveu étonnant auquel tout amoureux des livres ne peut que souscrire, avec tristesse :

« Pour s’intéresser à la littérature, la lire, l’étudier par-delà toute discipline, il est indispensable de rester un peu bête. »

Bête, Compagnon ne peut pas vraiment être soupçonné de l’être. Pourtant, quand on est fils de militaire, qu’on a passé une partie de sa jeunesse à l’étranger, que l’on est sorti de Polytechnique et qu’après une spécialisation aux Ponts et chaussées on se prépare à devenir ingénieur, se retrouver, quelques années plus tard, à enseigner la littérature française moderne et contemporaine au Collège de France, si ce cheminement ne signale pas forcément une inclination à la bêtise, il conduit néanmoins à se poser des questions.

Et c’est bien la bizarrerie de cet itinéraire qui peut nous retenir d’abord dans ce livre et dans ce personnage.

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