« Fairyland. Un poète homosexuel et sa fille à San Francisco dans les années 70 », d’Alysia Abbott, aux Éditions Globe

« Fairyland. Un poète homosexuel et sa fille à San Francisco dans les années 70 » d’Alysia Abbott, aux Éditions GlobeDans Fairyland, Alysia Abbott relate ses vingt premières années auprès de son père, le poète militant homosexuel Steve Abbott, mort du sida en 1993. Son livre, marqué par le deuil, s’ouvre sur celui de sa mère alors qu’elle est une petite enfant.

Fairyland est un témoignage sensible habité par l’amour, mais sans aucun pathos. C’est aussi une chronique des premières années du sida à San Francisco. Une « féerie » rose et noire.

Comment définir Fairyland ? Ce livre est à la croisée de tellement de chemins qu’on est immanquablement condamné à faire fausse route en le catégorisant. Certes il s’agit bien de la biographie du poète et journaliste homosexuel Steve Abbott par sa fille Alysia Abbott. Dis comme ça, c’est un peu sec. On peut tout aussi bien l’aborder comme la chronique documentée du San Francisco gay de l’après « summer of love » jusqu’aux ravages du sida. C’est insuffisant.

C’est surtout le récit, parfaitement traduit par Nicolas Richard, d’un amour profond entre un père et sa fille. Qualifier cet amour de filial est bien réducteur. Ne pas le nommer, ne pas le définir, ne pas le restreindre permet à Alysia de le garder bien vivant. Ce livre est vivant.

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« Still the Water », de Naomi Kawase & l’exposition Hokusai au Grand Palais

"Stil the Water", de Naomi KawasePour échapper à l’atmosphère délétère du moment, il faut aller voir l’exposition Hokusai au Grand Palais, puis le film de Naomi Kawase, Still the Water.

Katsushika Hokusai (1760-1849) est sans doute aujourd’hui l’artiste japonais le plus célèbre et le plus exposé dans le monde. Après la belle mais petite exposition au Centre culturel du Marais en 1980 (Le Fou de peinture. Hokusai et son temps), le Grand Palais lui consacre une rétrospective d’une ampleur toute particulière.

De Félix Bracquemond, premier artiste européen à copier des œuvres japonaises, qui reproduit sur un service de porcelaine les figures animales d’Hokusai, à Émile Gallé, en passant par Edmond de Goncourt et Pierre Loti (Madame Chrysanthème, 1887), les artistes et écrivains français ont joué un rôle déterminant dans la redécouverte de son art à la fin du XIXe siècle.

Leur intérêt pour cet artiste alors peu considéré dans son Japon natal a contribué fortement à la diffusion du japonisme dans les arts européens qui ont puisé des motifs dans les quinze volumes de Hokusai Manga pour tant de dessins, d’estampes et d’objets d’art. Les Impressionnistes, les Nabis (Vuillard, Bonnard …), l’Art nouveau recourent aux formats, aux motifs et aux paysages de ce recueil.

Nos élèves, si intéressés par les mangas, ne savent sans doute pas que cette anthologie de croquis conçus comme des manuels à l’usage des jeunes artistes constitue une sorte d’encyclopédie du vivant et de la vie quotidienne du Japon à la fin du XVIIIe siècle. Elle fait l’objet d’une présentation exceptionnelle à l’occasion du bicentenaire de la publication du premier de ses quinze volumes.

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“Peine perdue”, d’Olivier Adam : un kaléidoscope

"Peine perdue", d'Olivier AdamOlivier Adam aime les balades mélancoliques qui tiennent en quelques minutes et disent un monde à travers un instant.

Il aime Bruce Springsteen proche « comme un type qui vous serre dans ses bras quand ça va mal et vous tape dans le dos avant de vous offrir une bière ».

Il aime les écrivains comme Fante, London, Bukowski, chantres d’une Amérique désenchantée, qui courent après un rêve sans le rattraper.

Ce n’est pas écrit de cette façon dans Peine perdue, son nouveau roman, mais cela se sent. Sa France ressemble aux États-Unis que chante le rocker du New Jersey.

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