L’éducation aux médias et à l’information plus que jamais nécessaire

Kiosque, janvier 2015Hier, journée de discussion avec des élèves.

Expliquer à ceux qui ne comprennent pas l’émotion suscitée par cet acte barbare que les Français sont attachés à leur modèle de société, que la liberté d’expression est intimement liée à la démocratie et a été, au cours des siècles, un combat sans cesse renouvelé.

Cabu, homme particulièrement doux, a touché toutes les générations, depuis les années 1960, du grand Duduche à Récré A2 en passant par Charlie Hebdo et Le Canard enchaîné.

Expliquer que ces dessinateurs n’étaient pas des méchants ni des racistes, qu’ils ironisaient sur toutes les religions, qu’ils n’avaient pas été condamnés lors du procès qu’on leur avait intenté à la suite de la publication des caricatures de Mahomet.

Expliquer que le dessin satirique est souvent un « coup de poing dans la gueule », comme disait Cavanna, et que ce n’est pas toujours évident de l’encaisser ou de le comprendre.

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En parler

Manifestation du 11 janvier 2015, à ParisCe jeudi 8 janvier 2015 à 8 heures, quand le professeur entre dans sa classe, il sait qu’il ne pourra pas revenir sur la technique du commentaire composé, corriger les exercices de mathématiques ou exposer les causes de la Révolution de 1789.

Il sait qu’il lui faut faire usage de son autorité, de son prestige peut-être, de son statut sûrement, pour ouvrir le débat, inviter à la parole, rompre la pesanteur du silence. L’école, que l’on souhaite parfois sanctuariser, ne peut se montrer étrangère, aveugle et sourde au fracas du monde, aux actes meurtriers qui se déroulent à sa porte.

Le professeur donc, un citoyen comme un autre – non, plus citoyen que les autres – n’a pas attendu l’invitation de son ministre pour en parler. « En parler », car indépendamment du contenu de l’échange, c’est l’acte verbal lui-même qui a valeur conjuratoire. Il restitue à l’école une de ses missions précieuses : aider de jeunes esprits à percevoir avec justesse et mesure la gravité d’un événement et ses enjeux.

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“Que reste-t-il de l’Occident ?”, de Régis Debray et Renaud Girard

Régis Debray et Renaud Girard, "Que reste-t-il de l'Occident ?"Il y a de fortes chances que ce livre de petit format et de peu de pages, précédé d’un titre interrogatif et austère, affecté d’une double signature, ce qui brouille le message, passe inaperçu et se perde dans les limbes brumeux d’une rentrée éditoriale pauvre en essais novateurs.

Ce serait dommage, car les questions abordées, les analyses proposées et la présentation formelle – la double voix – méritent mieux qu’un détour poli.

Debray et Girard, anciens « petits camarades » de la rue d’Ulm, ont suivi des parcours suffisamment différents – l’un philosophe parfois engagé, écrivain et homme de culture, l’autre journaliste international, spécialiste du Moyen-Orient et professeur à Sciences-Po – pour offrir des visions éloignées voire divergentes des grands problèmes de notre temps fédérés autour de la question qu’on aurait tort de croire anachronique (en renvoyant au brûlot de Spengler de 1922, Le Déclin de l’Occident) :  « Que reste-t-il de l’Occident ? ».

À l’aide d’une argumentation serrée encadrée de cordiaux échanges épistolaires, les deux auteurs suggèrent, chacun à sa manière et dans son style propre, quelques éléments de réponse qui invitent à la réflexion.

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Les Journées de la langue française. VIe rencontres de Liré, 23-29 avril 2012 : le français, une langue pour réussir

La langue française nous sert tous les jours pour nos usages courants mais aussi pour préciser notre pensée, convaincre nos interlocuteurs, réussir professionnellement et socialement, ou encore agir sur les plans politique ou artistique.

Comment améliorer ce mode d’expression qui peut être un facteur de réussite, comment en mesurer les incidences ?.

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