“Le Misanthrope” à la Comédie-Française : « le défaut d’être un peu plus sincère »

"Le Misanthrope" à la Comédie-FrançaiseLa version du Misanthrope donnée à la Comédie-Française jusqu’au 23 mars, et déjà représentée au printemps dernier, tranche avec beaucoup de mises en scène antérieures par son parti pris d’authenticité, comme si Clément Hervieu-Léger, s’étant mis à l’école d’Alceste, exigeait de ses personnages « le défaut d’être un peu plus sincère », autrement dit le mérite d’être un peu plus vrai que de coutume.

Ce n’est pas en effet le moindre intérêt d’une mise en scène par ailleurs riche en inventions (entre autres le décor à la Escher ou l’usage du piano) que d’avoir su travailler les caractères dans le sens d’une complexité intérieure qui fait de Célimène ou d’Alceste plus que des personnages de comédie, à savoir de Célimène plus qu’une coquette insolente, d’Alceste plus qu’un atrabilaire ridicule.

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« L’Écume des jours », de Michel Gondry, d’après Boris Vian

l-ecume-des-joursMichel Gondry a une imagination qui lui permet de visualiser immédiatement ce qu’il lit. S’il a relevé le défi d’adapter L’Écume des jours de Boris Vian, roman culte inadaptable entre tous, c’est qu’à la première lecture, il avait eu la vision d’une intrigue qui commencerait en couleurs et finirait en noir et blanc. Un tel défi correspond bien à son univers romantique et à son style personnel.

Dès les premières images du film, qui forme désormais une trilogie amoureuse avec Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004) et La Science des rêves (2006), le cinéaste nous emporte dans un véritable tourbillon de sons et d’images.. Continuer la lecture