“Grand Budapest Hotel”, de Wes Anderson

"The Grand Budapest Hotel", de Wes AndersonPeut-on imaginer univers plus différents que ceux de Stefan Zweig (1881-1942) et de Wes Anderson, réalisateur d’une œuvre cinématographique aux couleurs acidulées?

C’est pourtant à l’auteur de La Pitié dangereuse dont il a récemment découvert toute l’œuvre, moins prisée aux États-Unis que chez nous, et plus généralement à la culture d’une Europe martyrisée par la barbarie nazie que le cinéaste entend rendre hommage dans son dernier film, grand prix du jury au dernier Festival de Berlin.

Il y relate les aventures rocambo-lesques de Gustave H. (Ralph Fiennes), concierge d’un grand hôtel européen de l’entre-deux-guerres qui se trouve impliqué, avec son jeune protégé Zéro, dans le vol d’un précieux tableau de la Renaissance et une bataille pour les biens d’une grande famille.

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« La Grande Bellezza », de Paolo Sorrentino

paolo-sorrentino-la-grande-bellezzaOn ne visite pas Rome l’été. La ville est vide de ses habitants et irrespirable. Les touristes se pressent pourtant sur le Janicule : un Japonais s’effondre, foudroyé par la chaleur ou par la beauté ?

C’est dans cette Rome estivale improbable que l’acteur Toni Servillo incarne Jep Gambardella, journaliste de soixante-cinq ans, d’une élégance raffinée, d’un charme irrésistible. Très mondain, il fréquente la haute société romaine, toutes les soirées, toutes les fêtes ; son esprit caustique impressionne et sa compagnie est recherchée par les femmes. Il a écrit dans sa jeunesse un unique roman L’Appareil humain, qui lui a valu un prix littéraire et une réputation d’écrivain ; en réalité, il cache son désarroi derrière un cynisme amer et pose sur le monde un regard d’une impitoyable lucidité.

Sur la terrasse de son appartement romain qui domine le Colisée, il donne des fêtes fascinantes, sensuelles et exténuantes, qui évoquent les grandes orgies impériales.

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