« Les 100 mots de l’Italie », de Michel Feuillet

michel-feuillet-les-100-mots-de-l-italiePlus que de Tennessee, nous avons tous en nous quelque chose de l’Italie. Ou mieux, nous nous sentons tous un peu Italiens, ce qui permet de rappeler la boutade de Jean Cocteau : « Un Français, c’est un Italien de mauvaise humeur. »

Pour aller à la rencontre des vrais Italiens et de leur merveilleux pays, pour comprendre leur mode de fonctionnement, apprécier leurs nombreuses qualités et retrouver leurs insupportables défauts (dont ils sont les premiers à se moquer, comme le démontre l’entrée « Autodérision »), nous invitons, entre deux voyages dans la péninsule, à parcourir avec attention ce petit bijou de concision, d’élégance, de rigueur et d’humour que sont Les 100 mots de l’Italie signés de Michel Feuillet, grand spécialiste de la langue et de la culture italiennes.

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« À nous de jouer ! », de Stéphane Hessel

stephane-hessel-a-nous-de-jouerAu moment même où, à plus de quatre-vingt-quinze ans, le très jeune Stéphane Hessel décidait de prendre congé de la vie, les éditions Autrement faisaient paraître un opuscule, qu’on déclarera posthume, dans lequel l’auteur du fameux Indignez-vous ! donnait quelques pistes pour passer à l’action et affronter la crise économique et financière qui bouleverse le monde.

L’ouvrage, assez disparate et traduit de l’allemand, est composé de quatre parties précédées d’une courte préface à l’édition française. D’abord, une présentation générale due à Roland Merk, écrivain et journaliste se partageant entre Bâle et Paris ; puis la retranscription du discours prononcé à Zurich le 27 octobre 2011, sous le titre « Appel aux indignés de cette terre » ; suit la discussion avec le public dirigée par le journaliste André Marty ; enfin, un dialogue assez consistant avec Roland Merk intitulé : « Ayez de la compassion ! Au seuil de la société mondiale. »

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« Petite Poucette », de Michel Serres

michel-serres-petite-poucetteAccordons-nous une session de rattrapage en parlant, avec un retard coupable, d’un livre paru il y a un peu plus d’un an. Car il serait dommage de ne pas attirer l’attention sur ce délicieux petit ouvrage de Michel Serres, qui s’ajoute à une imposante bibliographie et répond au titre charmant de Petite Poucette.

Il ne s’agit pas de donner la version féminisée d’un conte mettant en scène un cadet de famille particulièrement dégourdi, mais de partir à la rencontre d’une jeune représentante du XXIe siècle, très habile dans l’usage de ses deux pouces qui lui servent à manipuler son téléphone cellulaire grâce auquel elle communique avec le monde entier.

Cette fillette futée et ses semblables « habitent donc le virtuel », ils « n’ont plus la même tête », ils « ne parlent plus la même langue ». Qui sont-ils donc ?

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« L’Iroquois blanc », de Jean-Pierre Tusseau

jean-pierre-tusseau-l-iroquois-blancJean-Pierre Tusseau, qui nous avait habitués à ses élégantes traductions de romans médiévaux, nous surprend avec un roman d’aventures historique qui a pour cadre la Nouvelle-France (le Québec) du XVIIe siècle, L’Iroquois blanc.

Le héros, Guillaume, jeune apprenti charpentier, est maltraité par son maître, un alcoolique brutal et sans scrupule. C’est donc tout naturellement qu’il rêve de partir sur l’un de ces bateaux qui transitent dans le port de Rouen. La ville, nous dit le narrateur, conserve encore le souvenir d’un jeune chef indien d’Amérique du Nord, écho probable aux fameux cannibales de Montaigne (« Trois d’entre eux […] furent à Rouen… », Essais, I, 31.).

Il faut dire que le héros, dont l’intelligence a été remarquée par le père Lassère, a appris à lire. Il admire l’esprit aventureux de Marco Polo et les récits pleins de verve de Samuel de Champlain : ce dernier, quelques années auparavant, n’a-t-il pas exploré les rivages d’Amérique avant de fonder la ville de Québec ? Continuer la lecture

Lucien Febvre et François Crouzet, “Nous sommes des sang-mêlés”

Nous sommes des sang-mêlés est un “manuel d’histoire de la civilisation française”, co-écrit par Lucien Febvre et François Crouzet en 1950, mais jamais édité et oublié jusqu’à aujourdhui dans un grenier.

Dans un contexte d’après-guerre qui a ravagé le monde et fait resurgir la violence et la barbarie, l’un des plus grands historiens français s’engage à écrire un livre d’Histoire en adhérant au projet de l’Unesco, créée en 1945, de lutter contre le racisme, ferment de guerre et de haine, et de faire triompher la paix universelle.

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