Denis Kambouchner, “Descartes n’a pas dit”, ou comment lire Descartes en cartésien…

Denis Kambouchner, "Descartes n'a pas dit. Un répertoire des fausses idées sur l'auteur du "Discours de la méthode", avec les éléments utiles et une esquisse d'apologie"Être cartésien… Apanage des ingénieurs et des anticléricaux, des amoureux de l’ordre et des angles bien tracés… « Je suis cartésien ! », prétendent tous ceux qui n’entendent pas abandonner leur clairvoyance aux mains des séduisantes croyances et du marasme des passions.

Mais Descartes était-il lui-même cartésien en ce sens ? Retrouve-t-on dans ses textes l’hégémonie d’une raison imperméable aux sensations et aux émotions, indifférente aux réalités surnaturelles qui dépassent sa compréhension ?

C’est étrange mais, lorsque nous le lisons pour de bon, c’est plutôt l’inverse que nous rencontrons : philosophie du corps et de l’expérience, philosophie de la croyance, philosophie des passions ; la philosophie de Descartes, c’est aussi tout cela, bien loin de l’idée que nous nous en faisons. Autant dire que la doctrine de celui qui a un jour écrit « je pense donc je suis » est recouverte de nombreux lieux communs auxquels il fallait qu’un authentique cartésien s’occupât de tordre le cou.

Voilà alors ce que fait Denis Kambouchner dans son élégant Descartes n’a pas dit qui vient de paraître aux Belles Llettres.

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