« Mr Turner », de Mike Leigh, biopic ou œuvre picturale ?

Mr Turner

 

Mr Turner du grand cinéaste britannique Mike Leigh est un biopic. Ce genre d’abord télévisuel, mais qui existe depuis plus de trente ans au cinéma, a connu une nouvelle déferlante au début des années 2000 avec La Môme, The Queen, Hitchcock, Lincoln, Edgar, sans doute parce qu’il est un moyen de mettre en avant de grandes figures et de redorer ainsi l’image d’une civilisation occidentale décadente et en mal de reconnaissance à l’heure de la mondialisation.

C’est une valeur sûre au box office des directeurs de salles de cinéma. Genre à succès, aux limites floues, le biopic emprunte à tous les autres genres, du western à l’opérette. Oscillant entre les approximations historiques et le récit d’aventures romanesques, il obéit cependant à des contraintes narratives spécifiques.

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« Mr Turner » de Mike Leigh – aujourd’hui dans les salles – et « Grace de Monaco » d’Olivier Dahan, deux biopics présentés à Cannes

."Grace de Monaco", d'Olivier DahanCurieusement, le festival de Cannes s’est ouvert cette année sur deux « biopics » (biographical motion true picture), Grace de Monaco, d’Olivier Dahan, et Mr Turner, du grand cinéaste britannique Mike Leigh. Avec Saint Laurent, de Bertrand Bonnello, cela en fait trois.

Ce genre d’abord télévisuel, mais qui existe depuis plus de 30 ans au cinéma, a connu une nouvelle déferlante au début des années 2000 avec La Môme, The Queen, Hitchcock, Lincoln, Edgar.

Sans doute parce qu’il est un moyen de mettre en avant nos grandes figures et de redorer ainsi l’image d’une civilisation occidentale décadente et en mal de reconnaissance à l’heure de la mondialisation.

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« Lincoln », de Steven Spielberg

steven-spielberg-lincolnAbraham Lincoln (février 1809 – avril 1865) est le seizième président des États-Unis et le premier président républicain, élu pour deux mandats de quatre ans, en 1860 et 1864 (il n’a pu terminer le second, ayant été victime d’un attentat). C’est vu de dos et de trois-quarts que le comédien britannique Daniel Day-Lewis lui ressemble le plus. Grand nez, menton en galoche accentué par la barbe, visage osseux.

La silhouette filmique de ce grand homme – qui mesurait 1 m 93 – évoque les personnages de Dickens et s’inscrit dans les mémoires par son aspect caricatural. Puis on voit les yeux et on est conquis par ce regard bleu que l’acteur offre à son personnage. Il nous fait oublier les rides, savamment accentuées par toute une équipe de maquilleurs. Et quand ce regard s’empreint de malice pour raconter l’une de ces anecdotes historiques ou bibliques dont Lincoln avait le secret, ou pour faire l’un de ses discours de prédicateur inspiré que les gens apprenaient par cœur, on est définitivement conquis. Comme Jésus, le Président parle par paraboles.

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