“Pas pleurer”, de Lydie Salvayre, prix Goncourt 2014 : un été de jeunesse totale

"Pas pleurer", de Lydie SalvayreDeux voix se croisent : celle de Montsé, une « mauvaise pauvre », mère de la narratrice, et celle de George Bernanos, installé à Palma de Majorque en cet été 1936.

Pour l’une, ce sera l’été du plus grand bonheur, pour l’autre, celui du désespoir le plus profond.

Lidia, la narratrice, recueille le récit de sa mère et met en parallèle ce que l’écrivain français voit, ressent, et écrit. Pas pleurer sonne comme un hommage à l’auteur des Grands Cimetières sous la lune et l’évocation d’un moment unique, jamais retrouvé par Montsé.

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“Ma guerre d’Espagne. Brigades internationales : la fin d’un mythe”, de Sygmunt Stein

En 1956, on sait tout des crimes de Staline. Certains mythes pourtant ont la peau dure, et celui des Brigades Internationales est de ceux-là.

Sygmunt Stein, qui vit à Paris depuis l’après-guerre, écrit son histoire en yiddish. Militant communiste né en Galicie, il s’est engagé très tôt contre les fascistes, en Espagne. Et très vite il a compris ce qu’il en était.

Écrire ce livre en 1956 dans une Europe coupée en deux, avec un Parti communiste français tout-puissant, ne va pas de soi. Et, à lire Stein, on comprend pourquoi tant d’années se sont écoulées.. Continuer la lecture

Littérature et anarchisme

Même s’il ne date pas d’aujourd’hui, le rapprochement entre la pensée anarchiste et la littérature reste fécond pour démontrer ce paradoxe selon lequel « le désengagement est en quelque manière la formule la plus authentique de l’engagement littéraire » (Benoît Denis).

L’analogie entre  l’anarchisme politique et l’art moderne – depuis Mallarmé – témoigne d’une rencontre de deux refus.

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