Rabelais et Jaccottet au programme de terminale L en 2011-2012

Bois gravé de Gustave Doré illustrant "Gargantua", de Rabelais

Bois gravé de Gustave Doré illustrant “Gargantua”, de Rabelais

Pour l’année 2011-2012, la liste des objets d’étude et des œuvres obligatoires inscrits au programme de littérature de la classe terminale de la série littéraire est la suivante :

Grands modèles littéraires.
Modèles français, du Moyen Âge à l’âge classique

Rabelais, Gargantua.
 

Langage verbal et images.
Littérature et cinéma

Pascal Quignard, Tous les matins du monde.
Alain Corneau, Tous les matins du monde.
 

Littérature et débats d’idées.
Littérature et histoire

Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, tome III, « Le Salut. 1944-1946 ».

 

Littérature contemporaine.
Œuvres contemporaines françaises ou de langue française

Philippe Jaccottet, Á la lumière d’hiver (Leçons, Chants d’en bas,  Á la lumière d’hiver).

 

Tous les articles de “l’École des lettres” sur ces œuvres.

 

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6 réflexions sur « Rabelais et Jaccottet au programme de terminale L en 2011-2012 »

  1. Un programme extrêmement ouvert ! Rabelais illustre les “grands modèles littéraires” – pourquoi pas ? – mais Faust, Robinson, Électre, Don Juan, Frankenstein, Dracula (voire Sherlock Holmes !) ont eu une postérité plus marquante et permettraient d’évoquer d’autres milieux culturels.
    Jaccottet, soit! (après sa traduction de l’Odyssée, sa poésie – qui ne nous changera guère de celle Bonnefoy !). Même remarque en ce qui concerne l’ouverture : pourquoi pas Gaétan Soucy ou Réjean Ducharme ? Pour les concepteurs de programmes, à l’heure de l’Europe, de la mondialisation, l’urgence est d’être Français.
    Nous ne dirons évidemment rien du général… ni de Corneau dont le cinéma dépasse de loin ceux d’Huston, Kurosawa, Mankiewicz…

  2. Comment cela ? Rabelais n’a guère laissé de postérité ? M’enfin, lisez-le et lisez les grands créateurs que sont Sterne (qui ne cesse de le citer, depuis son Fragment à la manière de Rabelais jusqu’à son Voyage sentimental, en passant par Tristram Shandy), Joyce ou Umberto Eco (du Nom de la Rose, qui, tiens, tiens, se déroule dans une abbaye à l’architecture utopique et labyrinthique, et dont l’une des disputes monacales est le rire, au Vertige de la liste), sans parler d’auteurs un peu moins évoqués que Swift, Fielding ou Julian Rios… Quant aux autres écrivains du programme, qui, il faut bien le reconnaitre, n’aborde pas la littérature étrangère dans le texte, ils font bel et bien partie du patrimoine des Lettres ; et le film de Corneau reste un film d’exception. Etre mécontent est légitime, mais non être rabat-joie.
    “Par le tombeau de Lucien s’il existe (sinon pourquoi pas par ses cendres ?), par les cendres aussi de mon cher Rabelais et de mon plus cher Cervantès […]” (Sterne, Vie et opinions de Tristram Shandy, traduction de C. Mauron, GF p. 185.)

  3. Ah ! j’oubliais les Français : Diderot, Balzac et ses Contes drolatiques, et Nerval :
    “Et puis… (C’est ainsi que Diderot commençait un conte, me dira-t-on.)
    – Allez toujours !
    – Vous avez imité Diderot lui-même.
    – Qui avait imité Sterne…
    – Lequel avait imité Swift.
    – Qui avait imité Rabelais.
    – Lequel avait imité Merlin Coccaïe…
    – Qui avait imité Pétrone…
    – Lequel avait imité Lucien. Et Lucien en avait imité bien d’autres… Quand ce ne serait que l’auteur de L’Odyssée […]”
    (Nerval, Angélique, “Réflexions”)
    Si avec tout cela vous ne considérez toujours pas Rabelais comme un maillon essentiel de la littérature mondiale ! Les propos de Nerval suffisent : les ouvrages de Rabelais permettent d’aborder en classe une grande partie du patrimoine littéraire français, européen, mondial…

  4. Bien sûr que Rabelais a laissé une postérité, vous avez même oublié un certain nombre d’auteurs. Mais là n’est pas le problème : Rabelais entre déjà idéalement dans les programmes de première et on pourrait attendre des programmes de terminale de la série L, qu’ils offrent une ouverture directe sur les littératures étrangères.

  5. Je tombe à l’instant sur votre commentaire et je le trouve affligeant !!
    Les 3 cinéastes que vous citez à la fin de votre texte sont infiniment supérieurs à Corneau…
    Quant à Rabelais , véritable “créateur de langue” et génial romancier…sa lecture est de la plus extrême urgence et ses visées sont d’une très grande modernité .
    En revanche : que dire des nullissimes Queneau et Malle au programme écorné de l’an prochain ?
    Bien à vous

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