De nouvelles mesures pour le remplacement des enseignants

De nouvelles mesures pour le remplacement des enseignants

Des mesures ont été annoncées le 18 octobre 2016 par le ministère de l’Éducation nationale pour améliorer le remplacement des enseignants absents dans le premier et le second cycle.

L’initiative de la ministre a le courage d’aborder de face un problème récurrent, le mérite de proposer des améliorations à une situation qui fâche, et bien sûr, l’audace calculée de s’exposer aux critiques inévitables.

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Sept mesures déclinées en trois ensembles : l’information des parents,
le potentiel de remplacement, la gestion du remplacement

Mieux informer les familles c’est d’abord dissiper certaines idées reçues, notamment sur l’absentéisme des enseignants qui est l’un des plus faibles de tous les ministères publics : dans le second degré le taux de demi-journées non remplacées est de 2, 9 % sur une année ; il est à peu près égal en collège, lycée générale et lycée professionnel. S’il reste faible et sans impact sur les apprentissages, il est en revanche mal vécu par les parents : de là cet engagement à mieux informer sur les absences prévisibles (formations, concours, jurys) et sur les moyens mis en œuvre pour les compenser.

Renforcer le potentiel de remplacement, c’est pour le second cycle poursuivre la politique de création d’emplois entreprise depuis 2013 et réactiver les protocoles de remplacement de courte durée (jusqu’à 15 jours) au sein des établissements : concrètement il s’agit de mobiliser des enseignants volontaires, en fonction de leur service, leurs libertés et leur motivation, afin d’assurer ces remplacements courts payés en HSE.

Enfin, pour améliorer la gestion du remplacement, un meilleur suivi des absences perlées des enseignants est prévu afin d’apporter aide et soutien aux personnels en difficulté, et une meilleure anticipation des absences prévisibles est envisagée en recherchant par exemple les dates les moins gênantes pour la tenue de formations ou autres sollicitations ministérielles.

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Une nécessaire clarification des besoins en remplacements

Il serait malveillant de parler de nuage de fumée ou d’agitation vaine pour cette série de mesures car s’il n’y avait eu nulle intention d’agir, le plus sage eût été tout bonnement de laisser végéter le problème, mais s’il y a réellement mobilisation, alors il y a peut-être une certaine lourdeur de mise en mouvement.

Des faits bien concrets pourraient commencer par être observés et amendées comme les pages si peu accueillantes de recrutement des différents rectorats. Il faut voir, alors que le besoin d’enseignants-remplaçants est brûlant, combien sont peu attractives les invitations à candidater. On vous dit : faites vous connaitre, déposez votre CV, remplissez votre dossier et l’on vous recontactera en fonction des besoins…

Et si l’on commençait par publier et mettre à jour semaine après semaine les postes à tenir, les services à remplacer en spécifiant l’établissement, la durée estimée et les contacts à prendre ? Et si, d’une manière bien d’aujourd’hui, on mettait directement en contact les remplacements à assurer et les professeurs demandeurs d’heures supplémentaires ? Un site spécialement consacré à ces opportunités pourrait voir le jour ou du moins rafraichir les pages opaques des rectorats.

Si le risque est toujours, devant l’augmentation des besoins, de faire appel à toujours plus de candidats parfois eu expérimentés, voire peu diplômés, le devoir n’est-il pas de renforcer la mobilisation des enseignants aguerris et déjà en place ? Ne peut-on prévoir d’autres incitations parallèlement au paiement en HSE ? Ne pourrait-on jouer par exemple sur des avantages concernant les critères de mutation, ou bien encore sur les temps d’accès aux échelons supérieurs ?

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Solliciter d’abord les enseignants les plus qualifiés

Ces quelques remarques n’ont pas pour objet de proposer de nouvelles mesures mais de prolonger les voies de réflexion et plus simplement d’attirer l’attention sur le fait que les dispositions prises par le ministère sont principalement à destination de trois acteurs du système, à l’exception du quatrième et non le moindre : l’enseignant. Car si l’on songe aux familles, si l’on songe aux (chefs d’)établissements, si l’on songe aux gestionnaires, on néglige peut-être les professeurs eux-mêmes qui, pour une partie d’entre eux, seraient prêts à apporter leur concours à l’amélioration des remplacements.

Encore faut-il leur faciliter l’accès à ces heures et les convaincre d’incitations réellement avantageuses. Si l’on conçoit que le remplaçant n’est pas qu’un simple bouche trou, une simple présence devant les élèves, il faut se donner les moyens de faire venir les enseignants les plus qualifiés à ces charges supplémentaires provisoires.

Pascal Caglar

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• Les sept mesures envisagées :

 

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