Au sommaire de « l’École des lettres » (numéro 3, 2020-2021)

Bande dessinée – Romans – Théâtre – Cinéma
Le monstre dans le théâtre pour la jeunesse
La saga « Star Wars », héros et épopée modernes
Témoignages : l
‘École au gré des confinements

BANDE DESSINÉE

« Couleurs de l’incendie », de Christian De Metter, d’après Pierre Lemaitre, par Marie-Hélène Giannoni.

On ne présente plus l’auteur du roman Couleurs de l’incendie : écrivain de polars à succès, lauréat du prix Goncourt 2013 pour Au revoir là haut, scénariste pour la télévision et désormais pour Netflix, le formidable raconteur d’histoires qu’est Pierre Lemaitre scrute le passé pour mieux comprendre notre présent. Ainsi, Les Enfants du désastre, la trilogie qui l’a rendu célèbre auprès du grand public, s’étend de la fin de la Première Guerre à la défaite de 1940 et interroge les fondements de ce qui fait aujourd’hui la société française. Après l’adaptation graphique d’Au revoir là-haut, fruit d’une collaboration étroite entre le romancier et Christian De Metter, ce dernier a mis seul en scène le deuxième volet du tryptique, Couleurs de l’incendie.

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ROMAN

« Strada Zambila », de Fanny Chartres, par Antony Soron.

À Bucarest, ceux que l’on surnomme les « cueilleurs de fraises » n’ont pas bonne presse. Les parents de la jeune Ilinca en font partie : ils quittent la Roumanie pour chercher à l’étranger un travail qui ne soit pas aussi misérablement payé que dans leur pays. Pourtant, il y a toujours moins bien loti que soi : Florin, un élève associé à Ilinca pour un concours d’arts plastiques, est rom…

Le premier roman de Fanny Chartres, « Strada Zambila », prix Unicef 2018, éclaire cette rencontre bouleversante où la découverte de l’autre appelle la découverte de soi. Ses thématiques dominantes et le niveau de lecture qu’il requiert en font un ouvrage parfaitement adapté à une lecture en classe de cinquième pour illustrer l’entrée : « Avec autrui: familles, amis, réseaux ».

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« Home Sweet Home », d’Alice Zeniter & Antoine Philias, par Philippe Leclercq.

Home Sweet Home. C’est cette célèbre formule britannique évoquant, plus ou moins ironiquement, la douceur du foyer qui donne son titre au roman écrit à quatre mains par Antoine Philias et Alice Zeniter (lauréate du prix Goncourt des lycéens pour L’Art de perdre en 2017).

Elle y désigne le squat où une dizaine d’enfants et d’adolescents fugueurs ont trouvé refuge le temps d’une blanche année scolaire…

 

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THÉATRE (6e)

« Le monstre, aux limites de l’humain » dans le répertoire théâtral pour la jeunesse, par Karine Veillas.

Qu’est-ce qui fascine tant dans le spectacle de la monstruosité ? En quoi sommes-nous attirés par la différence qui fait de l’autre un monstre ? En quoi la figure du monstre permet-elle de réfléchir sur soi ?

La monstruosité interroge les frontières de l’humanité et amène à réfléchir sur ce qui définit l’humain, sur ce qui définit l’autre par rapport à soi, la norme par rapport à la différence. « En figurant le hors-norme et le non-humain, le monstre sollicite tout particulièrement la capacité de chacun à assimiler ce qui est inconnu et différent. » Omniprésent dans les contes et les mythes, il constitue l’objet symbolique sur lequel l’enfant peut reporter ses peurs, qu’il s’agisse des peurs archaïques de l’abandon, de la mort, du mal, ou de celles liées aux réalités de la société dans laquelle il vit.

S’inscrivant dans le mouvement général de la littérature, le théâtre pour la jeunesse donne à lire et à voir une figure du monstre protéiforme, qui joue avec les limites de l’humain : du monstre humanisé à l’homme-monstre, en passant par l’enfant-monstre ou l’enfant qui joue au monstre. Loin d’en offrir une vision édulcorée, ces pièces dévoilent en quoi le monstre, dans son discours et sa représentation, incarne un nouveau rapport au monde et à l’humanité, où la relation entre bien et mal ne relève pas du manichéisme, où la différence est valorisée. Le monstre redevient, comme dans son sens ancien, une sorte de signe à déchiffrer.

Cet article se propose de donner quelques clés pour l’analyse de pièces déjà publiées et d’autres qui le seront dans les années à venir, afin d’inviter les enseignants à constituer des corpus ou des réseaux de lecture autour du questionnement : « Le monstre, aux limites de l’humain », dans le cadre d’un parcours du spectateur.

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LITTÉRATURE

« Monstres fabuleux », d’Alberto Manguel, par Alain Beretta.

« Je remballe ma bibliothèque », titre du précédent opus de l’un des plus éminents bibliophiles de notre temps, laissait craindre le pire : Alberto Manguel allait-il vraiment cesser de nous faire partager ses lectures ? Par bonheur, il n’en est rien. La curiosité, à laquelle il a consacré l’un de ses ouvrages les plus personnels, l’a emporté, et cette curiosité, jointe à une époustouflante érudition, nous fait savourer aujourd’hui ces Monstres fabuleux, dans lequel il présente trente-huit personnages de la littérature mondiale, éclairant autant de facettes d’une monstruosité qui nous attire, nous effraie et nous révèle à nous-mêmes.

Car ces courts portraits, illustrés par l’auteur, apparaissent comme des compagnons sur les chemins de nos vies et entrent en résonance avec de nombreux enjeux du monde actuel. Précisons que ces monstres parlent aux adultes mais aussi aux enfants (le livre est dédié à « Amelia qui aime les princesses » et à « Olivia qui préfère les dragons »), tant ils sont divers, mais regroupés ici selon l’effet produit sur les lecteurs.

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« Les Liens du sang », d’Errol Henrot, condition animale et condition humaine : une même destinée, par Pascal Caglar.

Voici un ouvrage qui tient à la fois de la fiction, du document et du témoignage, de l’introspection psychologique et de la prise de conscience animaliste, et qui constitue une excellente initiation aux questions contemporaines sur les relations entre l’homme et l’animal, l’élevage industriel et le bien-être des bêtes.

Dans ce premier roman intitulé Les Liens du sang, Errol Henrot a su transmuer souvenirs et expériences vécues en une dénonciation lucide et poignante du monde des abattoirs, lesquels sont non seulement une souffrance inouïe pour les animaux, mais aussi une violence psychologique pour ces hommes condamnés au métier de tueur, dans la peur et la lâcheté. À l’heure des vidéos choc de l’association L214, ces Liens du sang peuvent offrir un support pertinent à un travail interdisciplinaire en classe de troisième croisant français (roman autobiographique, dénonciation des travers de la scoiété), EMC (la « responsabilité du citoyen en tant que consommateur », récemment introduite dans le cadre du « Renforcement des enseignements relatifs au changement climatique, à la biodiversité et au développement durable » dans les programmes) et SVT (« Responsabilité humaine en matière de santé et d’environnement »).

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« Trois anneaux. Un conte d’exils », de Daniel Mendelsohn, par Norbert Czarny.

Le jury du Prix du meilleur livre étranger a dévoilé, le 26 novembre, son lauréat dans la catégorie essai : Trois anneaux, de Daniel Mendelsohn, un « conte d’exils » dans lequel l’universitaire américain tisse des liens entre chefs-d’œuvre d’hier et littérature d’aujourd’hui, cultivant le procédé homérique du récit circulaire, par « anneaux ».

Les siens entraînent le lecteur de Cambrai à Combray, des demoiselles de Versailles aux jeunes filles en fleurs, d’Erich Auerbach à W. G. Sebald, et du goût des maquettes à celui de l’écriture autour d’un thème central dans l’histoire de la littérature : l’exil.

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L’Europe des écrivains, un remède à la désunion, par Frédéric Palierne.

À l’heure où les Britanniques quittent l’Europe, mais où le Times Literary Supplement maintient sa chronique consacrée à la littérature européenne, trois livres venus de pays voisins entretiennent l’intérêt pour celle-ci. Il ne s’agit pas seulement de prendre poliment des nouvelles des littératures limitrophes, mais bien plutôt de constater que la littérature commune et européenne, la Littérature avec un grand L continue son œuvre dans ce qu’elle a d’universel : le questionnement sur l’humain et les réponses parfois déconcertantes qu’elle peut y apporter.

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TÉMOIGNAGES

Une école ordinaire face à la crise sanitaire, par Laaldja Mahamdi.

Le soir du 12 mars 2020, l’annonce de la fermeture des écoles est tombée sur nous comme une chape. Nos préoccupations quotidiennes ont été bouleversées. Soudain, il était question de vie ou de mort. De l’inédit, de l’exceptionnel, du jamais-vu, qui déroutent et dérangent – de la sidération, surtout. La charge émotionnelle est intense. Les enseignants encaissent et, dans les têtes, mille questions s’entrechoquent : que dire aux enfants ? aux familles ? que faire ? Directrice d’une école élémentaire dans le XIXe arrondissement de Paris, je me devais pourtant de « gérer »…

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Expérimenter l’école du XXIe siècle, retour d’expérience d’enseignement numérique pendant la crise sanitaire, par Violaine Lucas.

Ce dossier présente ma pratique pédagogique pendant le confinement du printemps dernier et lors du déconfinement. La crise sanitaire m’a permis de m’approprier certains outils numériques mis à la disposition des enseignants. Dans ce cadre et en prenant possession du dispositif « Ma classe à la maison » proposé par le CNED, j’ai mis en place une classe « hybride », classe en présence et en virtuel, permettant de faire cours aux élèves présents au collège comme à ceux restés à la maison.

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CINÉMA

« Wendy », de Benh Zeitlin, par Ingrid Merckx.

Les confinements successifs ont décalé sa sortie en salle, et l’on sait désormais que le Wendy du cinéaste américain Benh Zeitlin n’a pas été le « conte de Noël 2020 » que promettait l’affiche. Peut-être sera-t-il celui de l’Épiphanie… ou de la Chandeleur 2021. Car, dans le monde de Peter Pan, tout est toujours possible…

Ce film, centré sur le personnage de Wendy Darling, fait de la fillette une force de courage et d’imagination dans une île volcanique parsemée de dangers où les « enfants perdus » sont livrés à eux-mêmes et à la peur de vieillir. Difficile de savoir si Peter Pan y est un compagnon bienveillant. Chaque enfant est à la fois subjugué et prudent devant ce grand lutin capable du meilleur… Mais aussi du pire.

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La saga « Star Wars », héros et épopée modernes, par Alexandre Lafon.

En décembre 2019 sortait sur les écrans l’ultime épisode de la saga intergalactique Star Wars, désormais sous franchise Disney. Intitulé « L’Ascension de Skywalker », le neuvième opus de la série venait conclure l’histoire tragique de la famille Skywalker qui, à travers plusieurs générations, se confond avec celle de la Force dont elle est censée restaurer l’équilibre dans un univers marqué par la lutte entre l’ordre des chevaliers Jedi (le bien) et celui des seigneurs Sith et de leur Empire (le mal). Dès l’origine, Star Wars a été pensé par son créateur, George Lucas, comme une épopée dépassant la trilogie initiale. Profitant de l’évolution des effets spéciaux, l’ensemble de l’œuvre a finalement été produit sur une quarantaine d’années et a épuisé pas moins de cinq réalisateurs, tout en conservant une grande partie de son casting d’origine.

Comment interpréter un tel succès sur un temps aussi long ? Cet article se propose d’interroger ce succès au regard d’une dualité essentielle et paradoxale : la saga Star Wars est à la fois intemporelle et fortement inscrite dans son temps. Ce paradoxe, finalement inhérent à la définition même du mythe, pourra utilement être étudié en classe lors d’une séquence consacrée à la lecture et à la compréhension des codes narratifs.

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