Comment évoquer les attentats du 13 novembre 2015 en classe ?

Photo by J-F ROLLINGER / ONLY FRANCE / Only France via AFP

ÉDUCATION MORALE ET CIVIQUE. Alors que s’ouvre, le 8 septembre, le procès des attentats du 13 novembre, le programme « 13-Novembre » développe un volet centré sur l’école. Comment a-t-on évoqué les attentats dans les classes ? Quelles ont été les réactions des enseignants, des élèves ? Comment contribuer à l’émergence d’une « science de la mémoire » ?

Par Alexandre Lafon, docteur en histoire contemporaine, spécialiste de la Grande Guerre

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À propos de la liberté d’expression

ÉDUCATION MORALE ET CIVIQUE. Prolongeant sa lettre aux professeurs sur la liberté d’expression écrite au lendemain de l’assassinat de Samuel Paty, le sociologue et démographe François Héran a publié un essai rappelant les origines et les limites de cette liberté. Elle est indissociable selon lui de la lutte contre les discriminations et d’un combat contre les déchaînements sur les réseaux sociaux.

Par Alain Beretta

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Ilan Halimi : une figure pour déconstruire les préjugés racistes

Collage à la mémoire d’Ilan Halimi, torturé et assassiné il y a 15 ans (Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

PROJET. Avec ses classes de troisième, Clément Huguet a initié un travail autour de la mémoire d’Ilan Halimi. Aboutissant à une exposition itinérante assortie d’une visite guidée par les élèves, ce projet permet de déconstruire les préjugés racistes, de travailler la prise de parole en public et la transmission par les pairs.

Par Clément Huguet, professeur d’histoire-géographie au collège Michel-Richard Delalande à Athis-Mons.

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« Le Cauchemar », de Hans Fallada

HISTOIRE / ROMAN. Il le confesse d’emblée, dans un court prologue, Hans Fallada (1893-1947) « n’est aucunement satisfait de ce qu’il a écrit » dans Le Cauchemar, un roman posthume publié en 1947 et disponible dans une nouvelle traduction (Laurence Courtois), fidèle à la rugosité du réalisme falladien. D’ailleurs, est-ce encore un roman, fait mine de s’interroger celui que la critique outre-Rhin associe volontiers à la Trümmerliteratur (la littérature dite « des décombres », comme on parle de Trümmerfilme, un sous-genre cinématographique allemand illustré notamment par Les assassins sont parmi nous de Wolfgang Staudte, 1946).

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La Commune de Paris, entre éloge et blâme

« Dernière résistance des insurgés à la barricade de la rue du Four-Saint-Germain », « L’Événement illustré », 1871 © l’École des lettres

COMMÉMORATION. La Commune « fête » en 2021 son cent-cinquantième anniversaire. En seulement soixante-douze jours, le soulèvement du petit peuple de Paris contre les versaillais a fait date et a suscité maints écrits et commentaires. C’est l’occasion de proposer un parcours pédagogique aux classes de seconde sur ce sujet.

Par Antony Soron, INSPÉ Paris

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« Nomadland », de Chloé Zhao

Au cours de son errance nocturne dans les rues de New York, la jeune Lalie, l’héroïne du roman d’Éric Pessan, Tenir debout dans la nuit (Mention spéciale du Prix Vendredi 2020), fait la rencontre d’une institutrice retraitée dont le mode de vie marginal peut sembler bien singulier à nos yeux de Français. Mandy, qui après avoir tout perdu suite à une longue et coûteuse maladie, mène désormais une existence solitaire dans son van aménagé, allant d’un endroit à un autre, d’un État du pays à l’autre. La vieille dame y vit en recluse, et dans la honte (vis-à-vis de son fils qu’elle ne peut plus voir) – le déshonneur de n’avoir plus qu’un abri monté sur quatre roues pour toute habitation.

Comme l’infortunée Mandy, ils sont aujourd’hui des dizaines de milliers aux États-Unis – les « van dwellers » – à avoir élu domicile dans un camping-car suite à la Grande Récession provoquée par la crise dite des « subprimes » de 2008. Continuer la lecture

« 200 mètres », d’Ameen Nayfeh. L’odyssée d’un père au-delà des frontières

Dire que les Palestiniens de Cisjordanie en ont plein le dos des contraintes qui leur sont imposées quotidiennement pour circuler et se rendre au travail n’est pas qu’une métaphore, encore moins un euphémisme pour Mustafa (Ali Suliman).

L’homme, ouvrier du bâtiment, souffre d’une affreuse douleur lombaire que son épouse Salwa s’efforce de soulager quand ils peuvent se retrouver après avoir franchi les 200 mètres séparant leurs domiciles respectifs. Mustafa et sa vieille mère d’un côté (palestinien), Salwa et leurs jeunes enfants de l’autre (israélien), les uns et les autres vivent de part et d’autre du Mur construit par l’État d’Israël depuis 2002.

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