À propos de la liberté pédagogique : collaboration, expérience, implicite

Les élèves de la Seconde 07, avec l’aimable autorisation de leurs parents et de Patricia Bouzouina, proviseure du lycée Rotrou à Dreux, novembre 2019.

La liberté pédagogique n’est pas un concept vide. Scrupuleusement encadrée par des programmes qui fixent des objectifs d’apprentissage et des cibles notionnelles, elle est l’instance fondamentale par laquelle l’institution accorde sa confiance à l’enseignant en supposant que sa fréquentation quotidienne des élèves, la connaissance intime qu’il possède de leurs capacités particulières et de leurs difficultés personnelles l’autorisent à choisir les supports qui leur permettront d’acquérir les méthodes nécessaires aux exigences académiques de la scolarité.

En somme elle garantit que l’attention soit au cœur de l’enseignement et que, chacun écoutant l’autre, la conversation des esprits contribue à l’appropriation progressive des connaissances. Continuer la lecture

« Tous les héros s’appellent Phénix », de Nastasia Rugani. De la séduction à la maltraitance

« Tous les héros s’appellent Phénix », de Nastasia Rugani, « Médium + », l’école des loisirs, disponible en version numérique (2, 99 €).

Avec Tous les héros s’appellent Phénix, roman couronné par plu­sieurs prix, Nastasia Rugani accomplit une réussite litté­raire. Elle campe des personnages attachants et construit une intrigue tendue dont le suspense captive les jeunes (et moins jeunes) lecteurs.

Le roman fait d’ailleurs partie des ouvrages recom­mandés par le ministère de [‘Éducation nationale en classe de cinquième dans le cadre de l’étude du thème « Avec autrui : famille, amis, réseaux ». Le pro­fesseur de français pourra l’aborder sous l’angle d’une modernité bienvenue qui complètera de façon contrastée l’étude d’une pièce de Molière.

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« Holden mon frère », de Fanny Chiarello

« Holden mon frère », de Fanny Chiarello, « Médium », l’école des loisirs, également disponible en version numérique (2, 99 €)

Voici un ouvrage susceptible d’accompagner, en classe de troisième, une séquence consacrée aux récits d’enfance et d’adolescence ou aux romans et nouvelles des XXe et XXIe siècles porteurs d’un regard sur l’histoire et le monde contemporains.

Il y est en effet question d’un garçon, élève de troisième, issu d’un milieu défavorisé, qui découvre l’amitié et le monde grâce à la lecture. Ce thème était en partie celui de L’Attrape-cœurs, le roman de Salinger, auquel le titre fait allusion : Holden, c’est Holden Caulfield, le héros de ce roman mythique, de ce roman à la grâce éternelle qui bouleverse, chez Fanny Chiarello, la vie de Kévin Pouchin.

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l’école des loisirs à la maison : 35 journées de découvertes et d’activités ludiques inédites

@ Claude Ponti, l’école des loisirs

Pour aider parents et enfants à mieux vivre le confinement, l’école des loisirs propose chaque jour à partir de 9 h de multiples activités : des lectures pour s’évader, des jeux, des rencontres avec les héros d’albums et avec d’illustres auteurs. Voici rassemblées trente-cinq journées de propositions ludiques inédites pour égayer le quotidien des enfants :

Une journée avec : Cédric Ramadier et Vincent Bourgeau – Irène Bonacina et Ludovic Lecomte – Bande dessinée – Anaïs Vaugelade – Kimiko – Soledad Bravi – Lolotte – Michel Gay – Grégoire Solotareff – Marianne Barcilon et Christine Naumann-Villemin – Geoffroy de Pennart – Tomi Ungerer – Adrien Albert – Matthieu Maudet et Michaël Escoffier – Yvan Pommaux – Jeanne Ashbé – Michel Van Zeveren – Les ours –  Delphine Bournay –  Elmer –  Émile Jadoul –  Chien Pourri – Les crocodiles – Cornebidouille – Billy – Clémentine Mélois et Rudy Spiessert –  Mario Ramos – Simon – Frédéric Stehr – Claude Ponti – Les lapins – Pop – Alan Mets – Les souris…

Bonnes découvertes !

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« Tyrans », de Stephen Greenblatt, ou comment Shakespeare nous décrit Trump et quelques autres

« Tyrans », de Stephen GreenblattOn devait déjà à Stephen Greenblatt, professeur de littérature à Harvard, une magnifique étude intitulée Quattrocento, qui montrait l’influence déterminante d’une redécouverte, celle du De Natura rerum sur l’esprit de la Renaissance.

Avec Tyrans, Shakespeare raconte le XXIe siècle, il s’attache à démontrer, une nouvelle fois, l’intemporalité des chefs d’œuvres et comment, l’œuvre de Shakespeare peut contribuer à nous guider dans l’exploration de notre présent torturé.

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« Yvain, le chevalier au lion », de Chrétien de Troyes

« Yvain, le chevalier au lion », de Chrétien de Troyes, « Classiques » de l’école des loisirs, disponible en version numérique (3, 99 €).Proposer à des élèves la lecture d’un roman du XIIe siècle ne relève plus de la gageure. En effet, depuis plusieurs années, grâce à des traductions et des adaptations, la littérature médiévale s’ouvre à un plus large public, lui offrant ses richesses, sa diversité, un autre monde, merveilleux et envoûtant.

C’est le cas d’Yvain, le Chevalier au Lion, composé vers 1177-1181 par Chrétien de Troyes que l’on considère à juste titre comme le grand romancier du Moyen Âge. Cette séquence s’appuie sur l’édition parue dans la collection « Classiques » de l’école des loisirs, également disponible en version numérique (3, 99 €).

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Dystopies : lire sans chercher de réponses

« Le Septième Sceau », d’Ingmar Bergman (1957).

Faut-il lire des dystopies ? Oui, mais peut-être davantage pour réfléchir à un modèle culturel que pour trouver des réponses à la réalité immédiate.

Il y a quelques années déjà la catégorie « anticipation » a cédé le pas aux « dystopies ». Question d’appellation ? Pas seulement : là où la première signalait les courbes d’évolution qui pouvaient devenir catastrophique, la seconde prend un malin plaisir à rayer de la carte des civilisations entières pour envisager leur redémarrage. Continuer la lecture

« L’Estrange Malaventure de Mirella », de Flore Vesco, prix Vendredi 2019

« L’Estrange Malaventure de Mirella », de Flore Vesco, prix Vendredi 2019

L’école des loisirs, « Médium », disponible en version numérique (2, 99 €).

Joyeusement transgressif, le roman de Flore Vesco, L’Estrange Malaventure de Mirella, est une réussite absolue qui repousse encore un peu la frontière entre littérature jeunesse et littérature tout court. La quatrième de couverture prévient le lecteur : il s’agit de l’histoire des rats de Hameln, une histoire que l’on croit connaître mais que les frères Grimm ou Mérimée se sont contentés de rapporter telle qu’elle avait été colportée, c’est-à-dire mal !

La véritable héroïne de cette histoire est la jeune orpheline Mirella enrôlée dans les rangs des porteurs d’eau par le bourgmestre de Hameln. Son quotidien n’est pas drôle : toute la journée elle se doit de porter l’eau de la Wieser à qui lui en demande et, quand vient le soir, elle dîne d’un brouet insipide et dort sur une paillasse avec ses compagnons d’infortune, des garçons, des orphelins dont la concupiscence l’oblige à sans cesse se tenir sur ses gardes.

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