Capes de Lettres : la composition est remplacée par une dissertation

Le Capes de Lettres, dont les épreuves d’admission se tiendront cette année entre le 9 juin et le 1er juillet, va être réformé. La composition française notamment sera remplacée par une dissertation. Cette modification permettra  aux candidats de travailler sur un corpus de référence. Elle ouvre aussi des perspectives de renouvellement du regard sur les œuvres et de nouveaux champs de recherche.

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Les trois premiers romans de Michel Tournier

De récentes parutions (Romans suivis de Le Vent Paraclet dans la « Bibliothèque de la Pléiade » en 2017, Dictionnaire Michel Tournier, chez Honoré Champion en 2019) nous ont confirmé dans le sentiment généralement admis aujourd’hui que Michel Tournier, disparu il y a juste cinq ans, est devenu un classique de la littérature.

Par le nombre de ses lecteurs et l’importance de ses tirages, en France et à l’étranger, mais aussi par la richesse et la profondeur d’une œuvre qui semble avoir vocation à susciter l’analyse et le commentaire.

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L’égalité filles-garçons à l’école : peut mieux faire

Egalité filles-garçons, Depp, 2020.

Les disparités filles-garçons ont la peau dure à l’école, même si les filles gagnent du terrain dans les disciplines scientifiques. C’est surtout après le bac que les écarts se creusent. Y compris à l’Éducation nationale où la part des femmes diminue à mesure que les postes et les salaires grimpent. C’est l’occasion de mettre l’accent sur des outils pédagogiques et des points de programmes permettant d’étudier les inégalités.

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« Comment parler des faits qui ne se sont pas produits ? », de Pierre Bayard

Être de récit

Pierre Bayard aime les rythmes ternaires. Ainsi, après Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? Et Comment parler des lieux où l’on n’a pas été ? propose-t-il un troisième volet autour des faits. L’ensemble a sa cohérence.

Pierre Bayard est aussi méticuleux que malicieux. Le professeur de littérature et psychanalyste n’hésite pas à laisser place à un double fictif. C’est moins le cas ici, mais nous sommes toujours dans la « fiction critique » : littérature et sciences humaines ne sont pas séparées, un narrateur personnage s’exprimant.

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Être ou ne pas être lecteur dans « Le Rouge et le Noir », de Stendhal

« Le Rouge et le Noir », de Stendhal, chapitre IV, eau-forte de Henri Joseph Dubouchet, Librairie L. Conquet, 1884 © BnF.

La première présentation de Julien Sorel est dans la scierie de son père, elle nous le montre en train de lire. La lecture occupe une place importante dans le récit, puisque Julien Sorel tout autant que Mathilde de la Mole s’inspirent des héros de leurs lectures.

Le roman de Stendhal, le Rouge et le Noir paru en 1830, s’inscrit dans la période d’alphabétisation dans les campagnes. Au XIXe siècle, le lectorat progresse notamment grâce au nombre croissant d’instructeurs laïques et religieux dans les campagnes, à la diffusion de la littérature de colportage, la multiplication des journaux qui publient des romans feuilletons. Les livres deviennent plus accessibles à tous, car leur prix diminue grâce aux nouvelles presses et des cabinets de lecture permettent de louer des livres en ville [1].

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« Ma part de Gaulois » & « La part du Sarrasin », de Magyd Cherfi : une si difficile intégration…

L’actualité dramatique de ces dernières semaines nous ramène à la question lancinante de l’intégration de populations d’origine étrangère en France. Question récurrente du champ politique et social qui anime des courants extrêmes et nourrit xénophobie et montée des violences contre les personnes et les groupes. « Migrants », « communautarisme », « séparatisme », « islamophobie » sont désormais devenus des repoussoirs aux maux de notre société. La situation actuelle sur le front de l’acceptation de l’autre paraît bien dramatique aujourd’hui. Continuer la lecture

« Thésée, sa vie nouvelle », de Camille de Toledo : absorber la peur 

L’époque, y compris sur le plan littéraire, est aux révélations intimes, aux règlements de compte, aux quêtes d’identité ou, plutôt, « identitaires », dans lesquelles des écrivains se reconnaissent selon leur genre, leur couleur de peau ou d’autres « problématiques » ou symptômes.

La rentrée est apparue pleine de confessions et de réquisitoires. C’est sans doute « vendeur ». Continuer la lecture