Épreuves terminales du baccalauréat 2020 : vers une sage et douloureuse décision ?

Jean-Michel Blanquer a amorcé la seconde période de confinement par une déclaration réjouissante, à savoir que les vacances d’été seraient maintenues. Au fil de la semaine, devraient suivre des annonces sur d’autres sujets brûlants, dont la tenue ou non des épreuves terminales du baccalauréat.

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Dégrisé !

Cette deuxième semaine n’a rien eu de comparable à la première.

Autant celle-ci avait été marquée par l’enthousiasme, le volontarisme, un cortège de difficultés et d’adaptations inédites, une débauche de travail et de continuité « coûte que coûte », comme dirait le Président, autant la semaine qui vient de s’écouler s’est assez vite normalisée, banalisée, vidée de la foi des pionniers et des défricheurs, regardée en face, dégrisée…

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Penser l’École à distance ? De l’injonction politique à l’efficacité pédagogique : inventer !

Alors que nous entamons une deuxième semaine de confinement, l’une des questions clés posées par cette claustration forcée est celle du suivi scolaire des élèves, de la maternelle aux classes préparatoire.

Il est question d’école à la maison ou à distance, d’enseignement à distance, de continuité pédagogique. Mais que signifie exactement l’expression école à distance, notamment pour les élèves qui sont aujourd’hui obligés de la pratiquer ?

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Débordé !

Tous ceux qui comme moi sont partis pied au plancher, ont fini la semaine épuisés.
Tout a commencé lundi avec les codes d’accès, les numens, les identifiants, les adresses académiques, les services du ministère, les ENT, le CNED… et toutes ces connexions qui plantaient, ces liaisons qui rompaient, ces plateformes qui saturaient, ces mails qui circulaient entre nous, témoignages de crises de nerf, d’appels au secours, de prières au saint patron des informaticiens. Mais c’est qui le patron du numérique ? C’est qui ? Dites-le nous là haut !

Bref, ce premier jour d’isolement fut un jour de grande solitude, mais aussi un jour de grande solidarité. Distanciation peut-être, mais pas désocialisation.

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Enfin l’école a l’occasion d’évoluer !

Je suis prof d’UPE2A en collège de banlieue, au sud de Paris. Enfin l’école a l’occasion d’évoluer, j’en suis ravie. On ne réfléchit pas seulement à la technologie, mais on se demande ce que l’on va pouvoir enseigner.
Bien sûr, j’ai décidé de commencer par des jeux, pour partager le plaisir de se retrouver et atténuer les angoisses. Quatre élèves m’ont demandé l’autorisation de partir déjeuner à midi, le cours finissant à 12 h 30. Ils ne savaient pas s’il y avait des sanctions…

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Sur un motif de jalousie. Une étude de « L’École des femmes », de Molière

Molière, l'École des femmes, acte V, scène 3

Molière, « L’École des femmes », acte V, scène 3. Eau-forte de 1726 de François Joullain (1697-1778) d’après Charles Antoine Coypel (1694-1752) © Petit Palais, Paris.

Objectif pédagogique. – Le rôle du décor et des accessoires pour comprendre la satire de L’École des femmes.

L’École des femmes, représentée pour la première fois à Paris sur le théâtre du Palais-Royal le 26 décembre 1662, comporte neuf personnages, dont sept hommes. Au centre de cet univers masculin, une jeune fille « innocente » nous dit Molière, objet de désir et des enjeux, qui provoque par sa simple existence la rencontre d’hommes prêts à disputer, à se confier, à se confronter. Sur cette gravure du début du XVIIIe siècle, on observe en réplique au gracieux visage féminin, une jalousie avec son treillis de fer. Si la femme est dehors, deux hommes l’encadrent, la « tiennent » ou la courtisent…

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Ode au partage, à l’ennui, à la paresse et au plaisir de découvrir

« C’est quand vous êtes perdu que vous commencez à être sauvé. »
Jean d’Ormesson, Qu’ai-je donc fait ? Robert Laffont, 2009.

Le confinement auquel se trouve actuellement confrontée la France entière peut aussi être appréhendé comme un bienfait pédagogique. La continuité de l’école à distance, c’est-à-dire la volonté de poursuivre l’effort d’apprentissage des enfants hors des établissements scolaires, est une nécessité. Il s’agit de ne pas  laisser les enfants ni les parents dans l’incertitude d’une oisiveté forcée, d’une vacuité désespérante.

La permanence des consignes scolaires, d’une journée rythmée par des exercices et des apprentissages, permet de conserver un pied à l’école, de confronter ses difficultés et prouesses avec ses amis (à distance), d’avoir aussi des temps de partage de connaissance et de compétences avec frères, sœurs et parents… ces temps toujours trop peu investis dans la course contre la montre quotidienne.

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