Du théâtre à la danse : l’expérience du spectateur

Olga Pericet

Olga Pericet, « La espina que quiso ser flor »

Le théâtre de Chaillot, comme beaucoup d’autres théâtres d’ailleurs, développe des programmes d’accompagnement pédagogique aux sorties envisagées par les enseignants.

Sans doute que pour la danse, élèves et professeurs se sentent plus démunis culturellement et donc plus demandeurs d’informations et d’orientations, mais le bénéfice le plus grand à retirer d’un pareil spectacle c’est l’effet émotionnel produit par la rencontre entre des artistes et un public, surtout lorsque ces artistes parlent avec leur corps.

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L’enseignement de la grammaire à travers une explication de texte : « Le Mariage de Figaro », de Beaumarchais

Beaumarchais

Portrait de Beaumarchais d’après Jean-Marc Nattier © Bibliothèque-musée de la Comédie-Française

 Beaumarchais :
« Le Mariage de Figaro », acte III, scène 9

Coupler l’enseignement de la langue et les explications de texte présente plusieurs avantages : gagner du temps, mais aussi éviter l’écueil du technicisme et celui de l’émiettement. La langue peut constituer en elle-même un véritable projet de lecture, porteur quand l’entrée est riche et adaptée au texte, qui doit la dicter.

On propose ici un exemple de mise en œuvre en classe de première sur le Mariage de Figaro : la scène 9 de l’acte III se prête en effet à l’étude d’un point signalé par le programme comme ceux exigeant un surcroît d’attention : les interrogatives.

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« Une Iliade », de Denis O’Hare et Lisa Peterson

An Iliad

Denis O’Hare © Stéphane Frapier

Dans ce titre qui ne prétend pas présenter l’Iliade mais une Iliade, il y a peut-être de l’humilité mais il y a surtout de la profondeur, comme si l’Iliade était un nom générique valable pour toutes les guerres, pour tous les conflits, et que l’Iliade d’Homère n’était qu’une Iliade parmi tant d’autres, une dans une histoire sans fin de conflits et de morts, unissant dans une même chaîne de fureurs et de massacres Troie à Kaboul ou Tripoli en passant par Azincourt, Verdun ou Hiroshima.

Telle est la grande force de cette adaptation de l’lliade que de jeter habilement un pont entre tous les conflits, jouant non pas sur des anachronismes mais sur des parallèles – des échos soulignés par le passage de l’anglais au français – qui révèlent les invariants humains de toutes les guerres. Continuer la lecture

Paul Claudel résolument contemporain

Paul Claudel à seize ans, par Camille Claudel, musée des Augustins, Toulouse.

« Plus jamais Claudel ! », pouvait-on lire sur des murs en mai 1968. Il a suffi d’ajouter un petit mot de trois lettres pour que, depuis quelque temps déjà, cette caricaturale condamnation permette une juste revanche en affirmant : « Plus que jamais Claudel ! ». Et la célébration du 150e anniversaire de sa naissance apparaît comme le point d’orgue d’une reconnaissance, effective depuis plusieurs décennies, du génie d’un des plus grands écrivains du XXe siècle.

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« Angels in America », de Tony Kushner, mise en scène d’Arnaud Desplechin

« Angels in America », de Tony Kushner

Gaël Kamilindi, Dominique Blanc, Jérémy Lopez, Clément Hervieu-Léger © Comédie-Française, Christophe Raynaud de Lage, Hans Lucas

Une pièce-monde. Pièce-monstre. Angels in America est d’abord un texte sur ce qu’il est convenu d’appeler les années-sida. Les années 1980, où l’on découvre l’existence du virus et de la communauté qu’il frappe d’abord mortellement. Qu’il rend visible en même temps qu’il la décime. La communauté homosexuelle, que l’Amérique puritaine de Ronald Reagan refuse pour sa part de voir, voire de soigner.

Le parti conservateur, belliciste et religieux, a trouvé son Ange exterminateur. Il prêche, tonne, pointe les esprits corrompus, brandit l’Apocalypse. Et freine les recherches sur l’AZT (expérimentée à partir de 1987) tandis que le mal s’étend. Tony Kushner est gay ; il s’empare de son horreur et de sa plume, qu’il trempe dans le sang contaminé de ses proches amis du théâtre, pour écrire ce qui deviendra une œuvre-phare, féroce, engagée, qui nous parle d’un monde capitaliste ultra-libéral dont « nous » sommes les pauvres héritiers.

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« Qu’est-ce que le théâtre ? », d’Hervé Blutsch et Benoît Lambert

« Qu’est-ce que le théâtre ? », d’Hervé Blutsch, Benoît Lambert

En 2013 le directeur du Théâtre Dijon Bourgogne, Benoît Lambert, inaugurant une série d’actions de sensibilisation autour du théâtre auprès des publics scolaires, s’associe à l’auteur Hervé Blutsch pour composer une courte pièce destinée à faire venir au théâtre en balayant avec humour et simplicité idées reçues , appréhensions et méconnaissances.

Qu’est-ce que le théâtre ? se présente donc comme une conférence, un séminaire, que deux comédiens donneraient à un public désireux de mieux connaître ce que c’est qu’être spectateur au théâtre, pourquoi on peut tous y aller, de quoi on peut tous tirer profit.

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« Fleurs de soleil », de Simon Wiesenthal, du livre à la scène

« Fleurs de soleil », de Simon WiesenthalC’est une gageure que de faire entendre un grand texte, par un large public. Le pari est pourtant réussi avec l’adaptation pour la scène de Fleurs de soleil (les tournesols), de Simon Wiesenthal, grâce à l’interprétation toute en sobriété et gravité de Thierry Lhermite qui, loin de son image médiatique, apporte pudeur et retenue à l’évocation de ce déporté juif à qui un jeune SS mourant, Karl, demande le pardon.

L’action, la narration plus exactement, se situe entre 1942 et 1946, depuis le jour de la confrontation entre Simon Wiesenthal et Karl, jusqu’au jour de la rencontre entre le survivant des camps et la mère du jeune SS : entre ces deux bornes, les tourments d’une conscience, un homme entouré par la mort et pourtant culpabilisé par le silence qu’il avait opposé au soldat allemand, jusqu’à ce demi rachat de sa conscience lors de la visite à la mère, émouvante et noble.

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« Sécurilif© », de Marguerite Bordat et Pierre Meunier

Sécurilif©, de Marguerite Bordat et Pierre Meunier

« Sécurilif© », de Marguerite Bordat et Pierre Meunier © Jean-Pierre Estournet

Pierre Meunier délègue. L’acteur-chercheur de formes n’est, cette fois, pas présent sur le plateau. Cependant, le trio d’actrices (Valérie Schwarcz et Suzanne da Cruz) et d’acteur (Bastien Grison), qui a pour mission d’incarner Sécurilif©, le nouveau spectacle signé du duo complice Bordat-Meunier, pétrit la même pâte (à penser) et les mêmes objets (du quotidien), et les interroge cette fois sous l’angle des risques et des dangers qu’ils représentent pour nous.

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