Culture et pandémie, les enjeux de la chaîne éphémère Culturebox

Pour rappeler l’utilité sociale de la culture en ces temps de pandémie, on observe deux types d’action : occuper les théâtres ou occuper les écrans. Se rappeler à l’État ou se rappeler au public. Réclamer la réouverture immédiate des salles ou imaginer des diffusions sur des plateformes. L’affrontement ou l’alternative.

Si les objectifs sont différents, les deux voies sont néanmoins plus complémentaires que contradictoires, et elles interrogent l’une et l’autre nos politiques culturelles. Dans ce cadre, l’anniversaire de Culturebox fêtant ce 1er mars ses deux mois de diffusion gratuite et pour tous sur le canal 19 de la TNT est un miroir intéressant de nos attentes et représentations de la culture.
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Molière et les Youtubeurs

© Comédie-Française

Depuis 2011 en Pologne, le Centre international de théâtre francophone de Poznan s’est doté d’un programme intitulé Drameducation qui a vocation de promouvoir le français langue étrangère (FLE) à travers le théâtre. En partenariat avec la Comédie-Française un concours est né en 2016 , « 10 sur 10 », sélectionnant dix auteurs internationaux travaillant à réécrire dix pièces de théâtre en dix pages pour un public d’apprenants francophones, l’opération s’achevant par un grand rassemblement à l’occasion d’un festival.

C’est dans ce cadre que Molière est régulièrement sujet à réécriture, certains travaux (remarquables) de réinterprétation et actualisation étant d’ailleurs publiés par la Comédie-Française (collection « 10 sur 10 » Molière).

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« Soul », de Pete Docter et Kemp Powers

« Soul », de Pete Docter et Kemp Powers © 2020 Disney/Pixar

On pensait bien – on espérait – que Soul, le dernier-né des studios Pixar (aujourd’hui propriété du mastodonte américain Disney), finirait par trouver le chemin des salles de cinéma. Retenu dans la sélection du Festival de Cannes 2020, programmé, puis reporté, et reprogrammé, le vingt-deuxième film d’animation de la firme dut en fin de compte se satisfaire d’un atterrissage forcé sur la plateforme de streaming du vaisseau amiral, Disney+.

Nous le déplorons, car cette réussite, tant plastique que dramatique, pour petits (pas trop petits, cependant) et grands, méritait la belle amplitude de l’écran de cinéma. Alors, en rendre compte malgré tout, serait-ce là se renier, renoncer à la cérémonie de la salle, se détourner du droit chemin qui conduit au temple des images animées ? Serait-ce déjà là abandonner un peu de notre âme aux diables de Netflix, HBO (Warner), OCS (Orange), Amazon Prime Video et autres plateformes dites d’auteurs (LaCinetek, FilmoTV, UniversCiné…) ?

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Des élèves de bac professionnel « passeurs de mémoire »

Se souvenir, transmettre, partager …
« S’il fallait plus que des mots » pour un monde fraternel

Dans le cadre du travail de mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité, les lycéens de la section professionnelle François-Truffaut du lycée Simone-Weil (Paris) se sont engagés dans un projet d’éducation citoyenne, culturelle et professionnelle à travers un partenariat intergénérationnel avec l’Association Histoire et Mémoire du 3e arrondissement, à Paris.

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Molière fait-il encore rire ?

« Le Malade Imaginaire », de Molière, mise en scène de Claude Stratz © Comédie-Française.

Molière fait-il encore rire ? La question peut paraître une provocation. Pour un professeur de Lettres particulièrement. Et pourtant, à regarder nos élèves assis en face de nous, à constater leur manque de réaction à la lecture d’une scène du grand dramaturge, on se doit de se poser cette question.

Molière est au programme, une fois encore. L’année dernière L’École des femmes était proposée aux Premières STMG. Cette année, Le Malade imaginaire, sa dernière comédie-ballet, à l’ensemble des Premières. En collège aussi, l’auteur reste à l’honneur. Depuis trente ans Le Médecin malgré lui invite les collégiens à décortiquer les principes fondamentaux qui déclenchent le rire : un geste, un mot, un bégaiement, une situation, un caractère… Nous nous réjouissons donc de ce choix des programmes mais il devient néanmoins de plus en plus difficile de convaincre des classes que Molière est drôle.

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À la rencontre des comédiens

Nicolas Antoine Taunay (1755-1830), Comédiens ambulants : le Théâtre de la Folie, musée des Beaux-Arts de Reims © RMN

Le théâtre doit se réinventer, entend-on de plus en plus ces derniers temps. Et à défaut de voir les salles se rouvrir, on voit des sites, des plateformes et des liens nous proposer, gratuitement ou pas, des spectacles filmés, anciens ou récents, des répétitions, des interviews, des lectures…

Ces initiatives impulsées par les théâtres mêmes ont peut-être le mérite d’élargir ponctuellement leur public (le nombre de connections sera toujours plus important que le nombre de spectateurs par séance) mais ce n’est pas se réinventer que de passer de la salle à l’écran, de l’œil à la caméra, c’est perdre un peu de son âme pour garder un peu de présence. Continuer la lecture

Santé publique, santé culturelle

Trois cent-cinquante comédiens et artistes viennent de signer une tribune pour la réouverture de tous les lieux culturels.

Si le désastre économique pour l’ensemble du secteur de la culture est indéniable, préoccupant, et peut-être même injuste, les arguments sanitaires développés par les signataires sont loin d’entraîner l’adhésion des défenseurs et amateurs de spectacles, pour peu que ceux-ci aient un peu conscience du privilège social que traduit cette dépendance à l’art.

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L’intrépide Martha Jane

« Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary » © Gebeka Film

« CALAMITY, UNE ENFANCE DE MARTHA JANE CANNARY », DE RÉMI CHAYÉ. Lauréat du prix Jean Renoir des lycéens en 2016 pour Tout en haut du monde (inscrit depuis lors au dispositif « Lycéens au cinéma »), le réalisateur français Rémi Chayé a été auréolé du Cristal du festival d’Annecy et de son Prix du public en 2020 pour son deuxième long-métrage d’animation, Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary. La beauté plastique de cette nouvelle œuvre, qui ressort au cinéma pour la réouverture des salles, justifie cette haie d’honneur.

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