Balzac inspirateur du cinéma muet

« L'Auberge rouge », de Jean Epstein

« L’Auberge rouge », de Jean Epstein (1923) © Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé présente, pour les vacances de fin d’année et bien au-delà, un cycle romanesque qui intéressera tous les publics. Adoptés d’emblée par le cinéma, Victor Hugo, George Sand, Émile Zola et surtout Honoré de Balzac lui ont fourni un grand nombre de scénarios comportant tous les ingrédients du succès : événements, émotions et personnages attachants.

Les cinéastes européens et américains tirent parti de leur notoriété et trouvent dans ces romans classiques le moyen de conférer au divertissement populaire des premiers temps la dignité de Septième Art, décrétée par Ricciotto Canudo [1].

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« 21 rue des Sources », de Philippe Minyana, suivi d’un entretien avec l’auteur

« 21 rue des Sources », de Philippe Minyana

Laurent Charpentier dans « 21 rue des Sources », de Philippe Minyana © Éric Didym

Une adresse à recommander

« Le classicisme tend tout entier vers la litote. C’est l’art d’exprimer le plus en disant le moins. Chacun de nos classiques est plus ému qu’il n’y paraît d’abord. »

Ces mots d’André Gide appliqués aux auteurs classiques du XVIIe siècle vont aussi fort bien à Philippe Minyana. Son 21 rue des Sources est en effet une pièce toute en pudeur et en suggestions sur les souvenirs qui reviennent lorsque l’on pousse la porte de sa maison, non pas celle où l’on est née, mais celle où l’on est mort, car les personnages sont ici des fantômes.

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« Les Misérables », de Ladj Ly

« Les Misérables », de Ladj Ly15 juillet 2018. La France est Black-Blanc-Beur. Elle vient d’être sacrée championne de la coupe du monde de football. C’est la liesse, la grande union nationale. La banlieue est sur les Champs-Élysées. Beaucoup veulent se reconnaître dans le super-héros du jour, l’heureux canonnier tricolore Kylian MBappé, comme eux issu de l’immigration.

L’instant est rare, précieux, grisant, qui offre à tous ces jeunes un double sentiment de revanche et d’appartenance collective.

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Enseigner l’Afrique : pour un nouveau paradigme scolaire

Africa 2020À l’heure où l’Afrique connaît un renouveau fondé sur un développement à la fois économique et culturel impressionnant, il est temps que l’École en France s’attache à renouveler son rapport de connaissance à ce continent longtemps contraint à la périphérie du monde occidental.

Largement absente des programmes scolaires, l’Afrique n’est souvent abordée que par l’angle de l’histoire dramatique ou de la géographie d’une mondialisation qui la délaisse. Comme si elle n’avait pas ou pas eu d’autonomie propre, vouée à la domination chronique à travers la traite négrière, la colonisation, les heurts de la décolonisation et le déclassement économique. Ce traitement essentiellement mémoriel et historique, fondé sur un triptyque négatif esclavage/colonisation/sous-développement, est symptomatique de représentations tenaces dans notre société.

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« Pièces (dé)montées », des ressources pour l’étude du théâtre en classe

Depuis 2003, le réseau de création et d’accompagnement pédagogiques du Ministère de l’Éducation nationale (Canopé) réalise des dossiers pour l’étude du théâtre en classe, originaux en ce qu’ils sont spécifiquement appuyés sur des spectacles représentés sur de grandes scènes nationales, parisiennes comme la Comédie-Française , la Colline ou le Rond-Point, ou provinciales, comme La Criée à Marseille, la Comédie de Reims, scènes nationales ou centres dramatiques comme à La-Roche-sur-Yon, Strasbourg, Besançon Rennes ou bien ailleurs.

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« Game of Thrones », « The Wire », « Plus belle la vie », « La Casa de Papel » : le langage des séries

« Game of Thrones », saison 6

« Game of Thrones », saison 6 © HBO

Actuellement en charge du département communication au Centre Pompidou, Matthieu Potte-Bonneville a abordé dans son travail philosophique les territoires de la série télévisée contemporaine. Aux éditions Capricci, il a participé à un ouvrage sur The Wire et a dirigé un recueil de textes consacré à Game of Thrones. Son expertise permet de rattacher les avatars de la série télévisée dans une histoire plus large, qui est celle des formes visuelles et narratives.

La série emprunte à la fois au langage cinématographique et cherche une épaisseur romanesque et existentielle qui était celle de la littérature du XIXe siècle. Elle correspond aujourd’hui à une hybridation entre des formes populaires et des formes savantes, un plaisir renouvelé d’identification et un goût de la réflexion et de l’expérimentation.

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« Sorry We Missed You », de Ken Loach

« Sorry We Missed You », de Ken LoachLa première scène de Sorry We Missed You, vingt-cinquième long-métrage de fiction de Ken Loach, est sidérante.

Sidérante et douloureuse pour le phénomène de prédation (sociale) auquel elle nous donne d’assister, pour ce qu’elle nous dit de notre monde, du mal que les hommes sont capables (coupables) de s’infliger.

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« Nous Princesses de Clèves », de Régis Sauder : relire autrement Madame de La Fayette

« Nous Princesses de Clèves », de Régis SauderDans le cadre du troisième objet d’étude du programme de littérature de la classe de première, « Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle », est prescrit au choix, Le Rouge et le Noir, Mémoires d’Hadrien et La Princesse de Clèves en corrélation avec le parcours, « Individu, morale et société ».

Il ne sera pas ici question d’une séquence proprement dite sur La Princesse de Clèves mais plus d’une proposition de relecture personnalisée de l’œuvre de Madame de La Fayette. À cette fin, le propos visera à montrer l’intérêt d’une « exploitation » du film documentaire de Régis Sauder, Nous Princesses de Clèves (2011).

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