Territoires vivants de la République : « La France des Belhoumi ». Raconter et jouer au lycée l’histoire d’une fratrie d’origine algérienne

© Acte public compagnie.

Comment transmettre aux lycéens et lycéennes d’aujourd’hui l’histoire de l’immigration algérienne en France ? Comment faire partager cette histoire tragique et compliquée à des élèves qui peuvent parfois avoir une relation forte et intime avec ce pays à travers leurs parents et grands-parents (qu’ils soient « pieds-noirs », « français musulmans », « harkis ») – ou en être très éloignés ?

Telles sont les questions auxquelles s’efforcent de répondre Stéphane Beaud, sociologue et professeur de science politique à Sciences Po Lille, et Dominique Lurcel, metteur en scène, directeur de,la compagnie théâtrale Passeurs de mémoires, à travers plusieurs interventions faites dans les lycées, ainsi qu’un spectacle réalisé autour du livre de Stéphane Beaud, La France des Belhoumi, portraits de famille (1977-2017) (La Découverte, 2018).

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Quelle démocratisation pour la culture ?

À l’heure où comme un slogan résonne à nos oreilles cette formule : « La culture nous manque », il semblerait que, même en ces temps de confinement, les amateurs de culture sachent trouver leur nourriture, puisque France Culture continue à progresser, enquête après enquête, dans un contexte de fort recul du média radio.

Dans le monde de l’édition, les chiffres de vente de livres sont en augmentation depuis janvier 2021 et le livre audio ne cesse de battre des records, initiant de nouvelles pratiques de lecture. Enfin, Culturebox, la chaîne éphémère du spectacle vivant, est prolongée jusqu’en août, portée par l’émission enthousiasmante de Daphné Burki et Raphaël Yem.

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Capes de Lettres : la composition est remplacée par une dissertation

Le Capes de Lettres, dont les épreuves d’admission se tiendront cette année entre le 9 juin et le 1er juillet, va être réformé. La composition française notamment sera remplacée par une dissertation. Cette modification permettra  aux candidats de travailler sur un corpus de référence. Elle ouvre aussi des perspectives de renouvellement du regard sur les œuvres et de nouveaux champs de recherche.

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Culture et pandémie, les enjeux de la chaîne éphémère Culturebox

Pour rappeler l’utilité sociale de la culture en ces temps de pandémie, on observe deux types d’action : occuper les théâtres ou occuper les écrans. Se rappeler à l’État ou se rappeler au public. Réclamer la réouverture immédiate des salles ou imaginer des diffusions sur des plateformes. L’affrontement ou l’alternative.

Si les objectifs sont différents, les deux voies sont néanmoins plus complémentaires que contradictoires, et elles interrogent l’une et l’autre nos politiques culturelles. Dans ce cadre, l’anniversaire de Culturebox fêtant ce 1er mars ses deux mois de diffusion gratuite et pour tous sur le canal 19 de la TNT est un miroir intéressant de nos attentes et représentations de la culture.
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Molière et les Youtubeurs

© Comédie-Française

Depuis 2011 en Pologne, le Centre international de théâtre francophone de Poznan s’est doté d’un programme intitulé Drameducation qui a vocation de promouvoir le français langue étrangère (FLE) à travers le théâtre. En partenariat avec la Comédie-Française un concours est né en 2016 , « 10 sur 10 », sélectionnant dix auteurs internationaux travaillant à réécrire dix pièces de théâtre en dix pages pour un public d’apprenants francophones, l’opération s’achevant par un grand rassemblement à l’occasion d’un festival.

C’est dans ce cadre que Molière est régulièrement sujet à réécriture, certains travaux (remarquables) de réinterprétation et actualisation étant d’ailleurs publiés par la Comédie-Française (collection « 10 sur 10 » Molière).

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« Soul », de Pete Docter et Kemp Powers

« Soul », de Pete Docter et Kemp Powers © 2020 Disney/Pixar

On pensait bien – on espérait – que Soul, le dernier-né des studios Pixar (aujourd’hui propriété du mastodonte américain Disney), finirait par trouver le chemin des salles de cinéma. Retenu dans la sélection du Festival de Cannes 2020, programmé, puis reporté, et reprogrammé, le vingt-deuxième film d’animation de la firme dut en fin de compte se satisfaire d’un atterrissage forcé sur la plateforme de streaming du vaisseau amiral, Disney+.

Nous le déplorons, car cette réussite, tant plastique que dramatique, pour petits (pas trop petits, cependant) et grands, méritait la belle amplitude de l’écran de cinéma. Alors, en rendre compte malgré tout, serait-ce là se renier, renoncer à la cérémonie de la salle, se détourner du droit chemin qui conduit au temple des images animées ? Serait-ce déjà là abandonner un peu de notre âme aux diables de Netflix, HBO (Warner), OCS (Orange), Amazon Prime Video et autres plateformes dites d’auteurs (LaCinetek, FilmoTV, UniversCiné…) ?

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Des élèves de bac professionnel « passeurs de mémoire »

Se souvenir, transmettre, partager …
« S’il fallait plus que des mots » pour un monde fraternel

Dans le cadre du travail de mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité, les lycéens de la section professionnelle François-Truffaut du lycée Simone-Weil (Paris) se sont engagés dans un projet d’éducation citoyenne, culturelle et professionnelle à travers un partenariat intergénérationnel avec l’Association Histoire et Mémoire du 3e arrondissement, à Paris.

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Molière fait-il encore rire ?

« Le Malade Imaginaire », de Molière, mise en scène de Claude Stratz © Comédie-Française.

Molière fait-il encore rire ? La question peut paraître une provocation. Pour un professeur de Lettres particulièrement. Et pourtant, à regarder nos élèves assis en face de nous, à constater leur manque de réaction à la lecture d’une scène du grand dramaturge, on se doit de se poser cette question.

Molière est au programme, une fois encore. L’année dernière L’École des femmes était proposée aux Premières STMG. Cette année, Le Malade imaginaire, sa dernière comédie-ballet, à l’ensemble des Premières. En collège aussi, l’auteur reste à l’honneur. Depuis trente ans Le Médecin malgré lui invite les collégiens à décortiquer les principes fondamentaux qui déclenchent le rire : un geste, un mot, un bégaiement, une situation, un caractère… Nous nous réjouissons donc de ce choix des programmes mais il devient néanmoins de plus en plus difficile de convaincre des classes que Molière est drôle.

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