Ne les laissez pas lire ! Polémiques et livres pour enfants

Claude Ponti, l’ABF contre la censure. Badge réalisé pour l’Association des
bibliothécaires de France © Claude Ponti, 2014

Une exposition de la BNF pour cogiter en famille

La vie de la littérature de jeunesse n’a jamais été un long fleuve tranquille. Tandis que la loi du 16 juillet 1949, encadrant les publications destinées à l’enfance et à la jeunesse, vient tout juste de fêter son soixante-dixième anniversaire, la Bibliothèque nationale de France a eu l’idée opportune de proposer un affichage des réceptions contrariées de certains titres emblématiques, du début du XXe siècle à l’époque actuelle, sous le titre volontairement paradoxal : « Ne les laissez pas lire ! Polémiques et livres pour enfants ».

Continuer la lecture

« Les Hirondelles de Kaboul », de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec

On peut s’étonner que le sinistrement célèbre régime des talibans (pluriel de taleb, « étudiant en théologie ») suscite presque autant d’images d’animation que d’images de films « traditionnels ». Est-ce à dire que la réalité montrée par le cinéma est à ce point insoutenable qu’il faille en adoucir la figuration ?

Doit-on voir là un désir, ou un besoin, de toucher un public plus large, plus jeune – un public à éduquer ? Ou encore une difficulté de la représentation que seul un metteur en scène afghan serait en mesure d’aborder avec légitimité et justesse, comme le fit notamment Siddiq Barmak en 2003 avec son déchirant Osama (film tourné avec des comédiens non-professionnels qui, signalons-le, figure toujours au programme de « Collège au cinéma », tous niveaux confondus) ?

Quoi qu’il en soit, après l’admirable Parvana, une enfance en Afghanistan de l’Irlandaise Nora Twomey, sorti début 2018 et reprenant pour partie la trame d’Osama, c’est au tour du cinéma d’animation, hexagonal cette fois, de s’intéresser au règne des talibans qui, souvenons-nous, soumirent la quasi-totalité de l’Afghanistan à un islam (sunnite) ultra-orthodoxe entre 1996 et 2001.

Continuer la lecture

« Roubaix, une lumière », d’Arnaud Desplechin

Retour à Roubaix pour Arnaud Desplechin, qui y est né, y a vécu, et y a tourné deux de ses films, Un conte de Noël (2008) et Trois Souvenirs de ma jeunesse (2015). Retour sur les terres urbaines de sa jeunesse, mais pas à l’urbanité de son territoire cinématographique.

Le réalisateur, habitué des tourments d’un certain milieu aisé et cultivé, a cette fois fait le choix de poser sa caméra dans le quartier ouvrier du Pile où une octogénaire a été assassinée. Comme une manière d’interroger « sa » ville à l’envers, d’en questionner la part maudite qui court dans ses rues comme un sang acide coule dans les veines de certains de ses habitants.

Continuer la lecture

 « Dramaturgies de l’atelier-théâtre 2 : Au bonheur des petites formes », de Chantal Dulibine et Bernard Grosjean

« Dramaturgies de l’atelier-théâtre 2 : Au bonheur des petites formes », de Chantal Dulibine et Bernard Grosjean,Cet ouvrage est la seconde collaboration de Chantal Dulibine, enseignante et formatrice d’enseignants, et Bernard Grosjean, metteur en scène-intervenant et enseignant à l’Institut d’études théâtrales de Paris III.

Dans leur premier opus, Coups de théâtre en classe entière au collège et au lycée, les deux auteurs avaient déjà exploré les diverses façons d’aborder le texte et le jeu théâtral en contexte scolaire. Ils proposaient, sous forme de fiches pédagogiques concrètes, une réflexion sur les consignes pour lire, jouer, écrire et regarder du théâtre, sur les moyens d’étendre le répertoire travaillé au domaine contemporain, et sur les obstacles qui risquaient de se présenter aux enseignants et artistes-intervenants souhaitant mettre en place ce type d’atelier.

Pour s’adapter au format de plus en plus réduit des ateliers théâtre, ils proposent cette fois-ci un ouvrage consacré aux petites formes, c’est-à-dire à des spectacles composés de plusieurs textes, le plus souvent dramatiques, qui se frottent les uns aux autres pour donner un sens inédit. Tout en offrant une plus grande flexibilité en termes de postes de jeu, de dispositif scénique et de temporalité, la petite forme stimule l’imaginaire des élèves en s’appuyant sur une grande diversité culturelle et un renouvellement des formes dramatiques.

Continuer la lecture

« Contre le théâtre politique », d’Olivier Neveux

Olivier Neveux, "Contre le théâtre politique"Écho du mot fameux de Sacha Guitry, « Les femmes je suis contre, tout contre », ce  Contre le théâtre politique est moins le signe d’une opposition à un quelconque théâtre politique qu’une enquête sur tout ce qui vient, comme le dit son auteur,  « buter contre le théâtre politique », autrement dit tout ce qui l’entoure pour mieux le contenir ou au contraire l’aider à s’affranchir.

Olivier Neveux poursuit ici une œuvre universitaire constamment tournée vers les luttes du théâtre dont l’avant-dernier essai, Politiques du spectateur (2013) étudiait les façons dont le théâtre transgressif traitait son spectateur.

Dans ce Contre le théâtre politique, il s’agit désormais d’étudier comment le théâtre se situe face à l’État, ce qu’il fait de la politique ou comment il est politique.

Continuer la lecture

La Lune. Du voyage réel aux voyages imaginaires

Du voyage réel aux voyages imaginaires au Grand Palais, il vous reste deux semaines pour décrocher la Lune.

Tandis que l’on fête les premiers pas de l’homme sur la Lune, le sous-titre de cette exposition pourrait être De la Lune à la Terre tant elle nous réacclimate à l’astre principal de nos existences terrestres.

Clichés à 360 degrés de la surface lunaire, télescopes, divinités en terre cuite ou en bronze, tout concourt en effet à nous familiariser de nouveau avec la Lune en suivant toutes les pistes du génie humain.

Continuer la lecture

« So long, my son », de Wang Xiaoshuai

So long, my son, de Wang Xiaoshuai, a été fort justement remarqué lors de la dernière édition du Festival de Berlin en février dernier.

Et ses deux principaux comédiens dûment récompensés – Ours d’argent de la meilleure actrice pour Yong Mei et du meilleur acteur pour Wang Jingchun – pour leur prestation dans le douzième long-métrage du réalisateur chinois.

Continuer la lecture