Livre audio : reconquérir le désir de lire

La France, pays de la littérature imprimée, a longtemps été réfractaire au livre audio. Objet hybride, livre et «  disque  », il reste perçu comme un support pour lecteurs «  empêchés  ». Il parvient pourtant à faire son chemin à l’école avec une remarquable capacité d’enrôlement.

Par Antony Soron, formateur à l’INSPÉ de Paris.

 

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Séquence pédagogique : « Ready Player One », de Steven Spielberg

 

Crédit photo : Warner Bros

CINÉMA. Dans le cadre du programme de seconde sur « Le personnage de cinéma », l’étude du film réalisé en 2018 par Steven Spielberg, Ready Player One, permet de comprendre comment se crée une personnalité.

Par Élodie Hachet, historienne du cinéma et enseignante de lettres

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« Music-hall », de Jean-Luc Lagarce, mise en scène de Glysleïn Lefever

Gaël Kamilindi, Françoise Gillard, Yoann Gasiorowski dans « Music-hall », de Jean-Luc Lagarce © Comédie-Française, 2021

THÉÂTREAvant de courir tous les soirs (ou presque) depuis le 18 juin sur le plateau de la salle Richelieu pour les représentations du Bourgeois gentilhomme (mis en scène par Valérie Lesort et Christian Hecq sur lequel nous reviendrons), la comédienne Françoise Gillard est la Fille, personnage central et cœur battant de Music-hall de Jean-Luc Lagarce, donné à 18 heures au Studio-Théâtre, dans une mise en scène de la chorégraphe, danseuse et comédienne Glysleïn Lefever.

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« Wendy », de Benh Zeitlin : une ode à la fratrie

CINÉMA – Les confinements successifs ont décalé sa sortie en salle, et l’on sait désormais que le «Wendy» du cinéaste américain Benh Zeitlin ne sera pas le «conte de ce Noël 2020» que promet l’affiche. Sans doute sera-t-il celui de l’année prochaine. Car, dans le monde de Peter Pan, tout est toujours possible…

Ce film, centré sur le personnage de Wendy Darling, fait de la fillette une force de courage et d’imagination dans une île volcanique parsemée de dangers où les « enfants perdus » sont livrés à eux-mêmes et à la peur de vieillir.

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« Ibrahim », de Samir Guesmi

Abdel Bendaher et Samir Guesmi « Ibrahim » © Anne-Françoise Brillot

CINÉMA – Il est des films qui semblent n’avoir été écrits que pour la beauté dramatique d’une seule scène. Ou d’une image, comme celle ici, de la main d’un père doucement posée sur la joue de son fils adolescent pour lui susurrer un mot d’excuse, ou une demande de pardon, comme le timide moyen de soigner le mal des incompréhensions filiales.

Tout paraît devoir converger vers cette image, qui devient la clé de voûte, le point d’équilibre de l’architecture du récit. Son cadre, débordant d’émotion, contient tout ce qu’un père peut dire à son fils, tout ce qu’Ahmed peut faire pour se rapprocher d’Ibrahim avec qui il n’a pas trouvé les mots pour parler, pour s’expliquer quand les problèmes ont grossi entre eux. Continuer la lecture

« Les 2 Alfred », de Bruno Podalydès

Les 2 Alfred, de Bruno Padalydès

COMÉDIE DOUCE-AMÈRE. Les 2 Alfred de Bruno Podalydès offre une formidable satire du monde hyper-connecté d’aujourd’hui, qui est déjà celui orwellien de demain… Car, comme chez Tati, le héros podalydésien a l’intuition que quelque chose lui file entre les doigts.

Les comédies sociales de Bruno Podalydès nous ramènent invariablement à l’enfance. Le vif esprit qui les anime est celui d’un homme qui n’en a jamais oublié les joies et les jeudis, les défis et les jeux tournés vers l’imaginaire buissonnier.

Comme l’enfant-explorateur de rêves qu’il a été, le cinéaste continue film après film de s’émerveiller du monde qui l’entoure et d’en questionner l’ordre et les désordres. Celui-ci a conservé le goût de s’amuser, d’inventer des histoires et de bricoler des univers en carton-pâte, révélateur de la vanité des hommes. Ses œuvres sont, comme ses petites constructions d’autrefois, faites de bric et de broc, astucieuses, touchantes, fragiles, inattendues tant dans l’élaboration des personnages, parfois fantasques, que des histoires, souvent burlesques jusqu’à l’absurde (Bancs publics (Versailles Rive-Droite), 2009 ; Adieu Berthe – l’enterrement de Mémé, 2012).

Leur côté artisanal leur assure un charme un peu potache et leur univers visuel se nourrit des récits lus jadis (Le Mystère de la chambre jaune, 2003 ; Bécassine, 2019).

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« Nomadland », de Chloé Zhao

Au cours de son errance nocturne dans les rues de New York, la jeune Lalie, l’héroïne du roman d’Éric Pessan, Tenir debout dans la nuit (Mention spéciale du Prix Vendredi 2020), fait la rencontre d’une institutrice retraitée dont le mode de vie marginal peut sembler bien singulier à nos yeux de Français. Mandy, qui après avoir tout perdu suite à une longue et coûteuse maladie, mène désormais une existence solitaire dans son van aménagé, allant d’un endroit à un autre, d’un État du pays à l’autre. La vieille dame y vit en recluse, et dans la honte (vis-à-vis de son fils qu’elle ne peut plus voir) – le déshonneur de n’avoir plus qu’un abri monté sur quatre roues pour toute habitation.

Comme l’infortunée Mandy, ils sont aujourd’hui des dizaines de milliers aux États-Unis – les « van dwellers » – à avoir élu domicile dans un camping-car suite à la Grande Récession provoquée par la crise dite des « subprimes » de 2008. Continuer la lecture