“Traviata. Vous méritez un avenir meilleur”, de Benjamin Lazar, d’après Verdi

"Traviata. Vous méritez un avenir meilleur", mis en scène par Benjamin Lazar © Pascal Victor/Artcomart

“Traviata. Vous méritez un avenir meilleur”, mis en scène par Benjamin Lazar © Pascal Victor/Artcomart

Benjamin Lazar a mis en scène au théâtre des Bouffes du Nord une version réduite et adaptée de l’opéra de Verdi qui tourne maintenant en province jusqu’en mars 2017. Cet opéra célèbre était lui-même inspiré du roman d’Alexandre Dumas fils, La Dame aux camélias, publié en 1848.

Sans foule sur scène ni fosse d’orchestre devant le public, rien ne nous éloigne du drame de cette femme entretenue qui se convertit à l’amour, se sacrifie entièrement pour lui, et l’élève encore plus haut.

Les huit instruments (clarinette, flûte, violoncelle, contrebasse, accordéon, trombone, cor, violon) sont joués sans partition par des musiciens qui sont aussi acteurs et chanteurs par moments ; les cinq comédiens chantent et certains jouent plusieurs rôles.

Judith Chemla est une bouleversante Violetta – elle incarnait il y a deux ans une sainte, Violaine, dans L’Annonce faite à Marie de Claudel.

Peu d’éléments de décor, sinon un grand tissu blanc et transparent, ornement d’une soirée extravagante où les corps se confondent, ou voile entourant une mariée funèbre. Il y a aussi une profusion de fleurs, dont l’évocation parcourt le spectacle, du bouquet d’Alfredo à l’environnement champêtre où vivent reclus les amoureux, des accessoires de fête à l’espoir d’une santé qui puisse de nouveau s’épanouir.

Mais Violetta, en robe du soir, marche déjà vers son tombeau. Le spectacle est une élégie à la jeune femme fragile, dont la fin est évoquée très tôt à travers un extrait du roman La Dame aux camélias, où l’amant vient au cimetière regarder le visage de la défunte.

L’italien chanté alterne avec le français parlé sans aucune dissonance, sinon quelques décalages savoureux entre les accents de la vie ordinaire et la vibration lyrique. Delizia al cor, ce spectacle n’est rien d’autre qu’un délice pour le cœur.

Gaëlle Bebin

 

• En tournée :

27 novembre 2016 : Le Théâtre, Scène nationale de Mâcon Val-de-Saône.
29 et 30 novembre 2016 : La Comète, Scène nationale de Châlons-en-Champagne.
2 et 3 décembre 2016 : Comédie de Reims.
6 et 7 décembre 2016 : La Criée, Théâtre national de Marseille.
9 et 10 janvier 2017 : Le Parvis – Scène nationale de Tarbes-Pyrénées.
13 et 14 janvier 2017 : Le Quartz, Scène nationale de Brest.
18 et 19 janvier 2017 : Théâtre Forum Meyrin, Genève.
24 et 25 janvier 2017 : Théâtre de Caen.
27 janvier 2017 : Théâtre André-Malraux,  Rueil-Malmaison.
30 janvier 2017 : Le Moulin du Roc, Scène nationale de Niort.
1er et 2 février 2017 : Théâtre d’Angoulême, Scène nationale.
7 au 9 février 2017 : Le Trident, Scène nationale de Cherbourg-Octeville.
20 février 2017 : Théâtre Rutebeuf, Clichy.
23 février 2017 : La Barbacane, Beynes.
25 février 2017 : Théâtre Jean-Arp, Scène Conventionnée / Clamart.
28 février 2017 : Théâtre du Grand Forum, Scène Nationale Evreux Louviers / Louviers.
2 mars 2017 : Théâtre de Sartrouville et des Yvelines, CDN.
5 mars 2017 : Théâtre Luxembourg, Meaux.

• Une adaptation cinématographique à revoir : “La Dame aux camélias” (La storia vera della signora delle camelie“), de Mauro Bolognini, avec Isabelle Huppert et Gian Marria Volontè (1981).

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