Paris 1900, la ville spectacle

Paris 1900, ville spectaclePar le foisonnement des œuvres d’art et des témoignages qu’elle donne à voir et à entendre – tableaux, fresques, céramiques, sculptures, bijoux, costumes, affiches, films, photos, maquettes, chansons… – l’exposition « Paris 1900, la ville spectacle » du Petit Palais illustre à merveille la société parisienne de cette « Belle Époque » dans laquelle évoluent les artistes et les héros littéraires de la fin du XIXe siècle.

Organisées en six thèmes – Paris vitrine du monde, Paris Art nouveau, Paris capitale des arts, le mythe de la Parisienne, Paris la nuit, et Paris en scène –, les salles de l’exposition proposent un voyage dans le temps et une plongée dans un Paris festif et débordant d’énergie.

 

Une fin de siècle optimiste

Grâce aux progrès techniques, industriels et économiques (les débuts du métro, de l’automobile, de l’électricité et du cinéma sont mis en avant dans l’exposition), le climat de fin de siècle est à la modernité, à l’optimisme et à l’insouciance, du moins dans la société bourgeoise.

Cette euphorie se manifeste principalement à Paris, capitale des plaisirs, où les classes dirigeantes oublient les crises et les conflits sociaux dans les jardins, les théâtres et les salons. Plusieurs tableaux, photos, films, affiches, et même des costumes d’époque, reconstituent cette vie mondaine et font échos à de nombreux souvenirs littéraires à qui ils donnent vie.

 

Paris capitale des arts et de la culture

Paris est aussi la capitale de la culture. Une création artistique novatrice s’y développe dans les cafés, les cabarets, les galeries d’art, les ateliers et les salons, et rayonne mondialement. Parmi ces mouvements artistiques nouveaux, il y a notamment les décadents.

Ces derniers s’inscrivent contre les codes et les modes de pensée des notables (pour qui la culture classique est la référence) et recherchent de nouvelles formes d’expression et de nouvelles idées. C’est le cas de l’Impressionnisme (illustré par des toiles de Cézanne ou de Renoir par exemple), des Nabis (représentés ici par Maillol et Denis) et de l’Art nouveau très illustré tout au long de l’exposition par des œuvres de Mucha, Guimard, Tiffany, Lalique, ou Gallé.

 

Le Palais de l'Électricité, conçu par l'architecte Eugène Hénard (1849-1923), sur l'esplanade du Champ de Mars

Le Palais de l’Électricité, conçu par l’architecte Eugène Hénard (1849-1923),
sur l’esplanade du Champ de Mars

L’Exposition universelle de 1900

Manifestant une telle vitalité, Paris devient la capitale du monde le temps de l’Exposition universelle de 1900, dont le thème est le « bilan d’un siècle ». À l’image de la ville qui l’accueille, cette exposition est qualifiée de « la plus baroque des expositions, à la fois cosmopolite et nationale, intellectuelle et distrayante, incohérente et rationnelle ».

De nombreuses photos et animations présentent en effet la folle démesure de cette Exposition universelle, les prouesses techniques et l’énergie débordante qui y ont été déployées : la construction d’une multitude de « pavillons », une grande roue dont les nacelles sont des wagons, le Palais de l’Électricité… Le pont Alexandre III, le Grand et le Petit Palais sont les vestiges encore en place de cet événement grandiose qui attira près de 51 millions de visiteurs.

Un certain Paris de 1900 est plein d’entrain et de joie de vivre, d’excès et de fantaisie. Enthousiasmé – au sens étymologique du terme – par le Progrès et la Modernité, il est atteint d’une folie créatrice. C’est cet élan que l’exposition du Petit Palais retrace ici.

Justine Galan

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• « Paris 1900, la ville spectacle », Petit Palais, Paris,  2 avril – 17 août 2014.

• Voir le site de la candidature de la France à l’organisation de l’Exposition universelle de 2025. 

• Sondage : les Français préfèreraient une exposition universelle plutôt que des JO (AFP, “Libération”, 28 avril 2014).

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