Humanités, littérature et philosophie : l’orateur et son public

Mis en avant

"L'homme qui rit", de Victor HugoCette première séquence de l’année, dans l’enseignement de spécialité « Humanités, littérature et philosophie », vise, du point de vue de la littérature, un double objectif. Il s’agira, sur le plan culturel, de fixer quelques notions issues de la rhétorique antique et, sur le plan méthodologique, d’initier les élèves à la question dite d’interprétation.

L’ensemble du programme sera abordé en privilégiant l’axe de la chronologie (voir l’esquisse de progression) et certains textes feront l’objet d’une double approche. L’évaluation portera sur le discours de Gwynplaine (Victor Hugo, L’Homme qui rit, 1869) à la Chambre des Lords avec une question d’interprétation en littérature et une question de réflexion en philosophie.

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Pour comprendre le génocide des Tutsi au Rwanda : la littérature du témoignage (1994-2019)

Mémorial du génocide des Tutsi de Kigali

Le 7 avril 2019 était commémoré le vingt-cinquième anniversaire du génocide des Tutsi au Rwanda [1], le dernier d’un XXe siècle marqué par bien des massacres et des violences à l’encontre de populations civiles. En avril 1994, au lendemain de l’attentat contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana débute la mise à mort organisée de la minorité Tutsi et des Hutu modérés sur tout le territoire. Une partie importante de la population prend part aux tueries encadrées par le pouvoir Hutu en place.

La communauté internationale s’avère impuissante, malgré la présence ou l’envoi de quelques contingents de casques bleus pour éviter le pire. Il faut attendre juillet et la victoire militaire du Front patriotique rwandais (FPR – à majorité Tutsi) venu de l’extérieur, pour que cessent les massacres dans les villages, les villes, les collines et les marais où les Tutsi survivants s’étaient pour certains cachés. Ce génocide de cent jours a causé la mort, essentiellement par armes blanches, de plus d’un million de personnes, hommes, femmes, enfants. L’action de la France, soutien au régime d’Habyarimana, fait toujours polémique. L’opération Turquoise qu’elle mène à partir de juin sous couvert de l’ONU facilite la fuite par centaines de milliers de bourreaux hutus au Zaïre avec leurs familles [2].

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« Marie des poules, gouvernante chez George Sand », de Gérard Savoisier, mise en scène d’Arnaud Denis

Béatrice Agenin et Arnaud Denis dans « Marie des poules », de Gérard Savoisier

Sur un plateau au décor minimal, une femme s’épanche, assise à une table de bistrot parisien. Un verre d’absinthe à la main, elle raconte sa vie, du temps où elle était servante chez George Sand. Marie Caillaud alias Marie des poules (1840-1914).

Ainsi nommée parce qu’elle a d’abord eu la charge du poulailler, et pour la distinguer d’une autre Marie, cuisinière dans la maison de l’écrivaine à Nohant.

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« Grand oral » ou grand bluff ?

L’épreuve dite du « Grand oral », vitrine du nouveau bac 2021, vient d’être présentée au Bulletin officiel. Le texte reprend sans modification véritable le projet de l’épreuve tel qu’il avait été communiqué en 2019, suite aux propositions de Cyril Delhay, professeur d’art oratoire à Sciences Po.

Celui-ci, qui en avait encouragé l’initiative dans différentes tribunes aussi vibrantes qu’innovantes : « Grand oral du bac, un enjeu de civilisation » (Libération, 14 février 2018), « Grand oral, une chance pour tous » (Le Monde, 28 janvier 2018), aime aussi à marteler cette formule : « On ne nait pas orateur, on le devient. »

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Lire le roman policier : séminaire de l’INSPÉ de Paris

L’INSPÉ de l’académie de Paris organise en février et mars un séminaire sur le roman policier. Quatre rencontres avec des auteurs sont prévues, de 13 h 30 à 15 h 30, les mardis suivants :
– 25 février : Jean-Hugues Oppel ;
– 3 mars : Pierre Bayard ;
– 10 mars : Tanguy Viel ;
– 17 mars : Malika Ferdjoukh.

Les échanges porteront sur certaines œuvres des invités et sur les formes et enjeux du roman policier contemporain.

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« La Fille au bracelet », de Stéphane Demoustier

« La Fille au bracelet », de Stéphane Demoustier

Melissa Guers et Chiara Mastroianni dans « La Fille au bracelet », de Stéphane Demoustier © Mathieu Ponchel

Un long plan-séquence. Un coin de plage. Une famille. L’été. La détente. Soudain, des gendarmes pénètrent dans le champ, rejoignant le petit groupe au fond de l’image. Bref entretien avec les parents, au terme duquel les représentants de l’ordre repartent accompagnés de la fille aînée, une adolescente de seize ans.

Raccord : deux ans plus tard. Lise est accusée du meurtre de sa meilleure amie, Flora. Après six mois passés en détention préventive, elle est revenue vivre chez ses parents, un bracelet électronique à la cheville, dans l’attente de sa comparution devant une cour d’Assises. Le deuxième long-métrage de Stéphane Demoustier (Terre battue, 2014) est l’histoire de son procès.

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De l’écriture d’un livre à la réalisation d’un film d’animation en CM2

À la suite d’une rencontre avec une auteure de littérature jeunesse, les enfants d’une classe de CM2 ont réécrit des contes tirés de la littérature enfantine pour en faire un livre qui a été publié.

L’année suivante, les élèves qui leur ont succédé ont créé un film d’animation à partir de l’un de ces textes dans le cadre d’un projet École et Cinéma.

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« Le Photographe », de Ritresh Batra

Le Photographe, de Ritesh BatraLe cinéma indien de Bollywood est sans doute le plus shakespearien du monde. Soumis à de strictes règles dramaturgiques, il postule souvent d’un hasard, d’une rencontre fortuite entre une jolie fille de la bourgeoisie et un valeureux jeune homme de basse extraction, que les trois heures de film durant, entrecoupées de chants et de danses, empêchent diversement de se retrouver et de s’aimer. Affaire de classes, de castes ou de clans.

La comédie (ou drame) romantique bollywoodienne est en cela un parfait reflet de la société traditionnelle indienne dont elle aime néanmoins abattre quelques cloisons en offrant à son large public populaire un heureux dénouement et l’occasion d’une petite revanche sociale (la « machine à rêver » indienne tient beaucoup du conte de fée).

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Du théâtre à la danse : l’expérience du spectateur

Olga Pericet

Olga Pericet, « La espina que quiso ser flor »

Le théâtre de Chaillot, comme beaucoup d’autres théâtres d’ailleurs, développe des programmes d’accompagnement pédagogique aux sorties envisagées par les enseignants.

Sans doute que pour la danse, élèves et professeurs se sentent plus démunis culturellement et donc plus demandeurs d’informations et d’orientations, mais le bénéfice le plus grand à retirer d’un pareil spectacle c’est l’effet émotionnel produit par la rencontre entre des artistes et un public, surtout lorsque ces artistes parlent avec leur corps.

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