« Histoire mondiale de la France », sous la direction de Patrick Boucheron

"Histoire mondiale de la France", sous la direction de Patrick BoucheronEn ces temps de campagne présidentielle, le passé de la France et ses dates et figures tutélaires sont convoqués par tous les candidats en fonction du sens qu’ils souhaitent lui donner. En proposant une histoire mondiale de la France, Patrick Boucheron et des coordinateurs apportent une réflexion rafraîchissante et utile sur l’histoire, son écriture et ses usages.

L’ouvrage volumineux de 790 pages, qui ne doit pas rebuter le lecteur hésitant, s’ouvre sur ce propos de l’historien Jules Michelet : « Ce ne serait pas trop de l’histoire du monde pour expliquer la France » (Introduction à l’histoire universelle,1831). Affirmation qui pourrait paraître paradoxale tant Michelet est associé à l’écriture du « roman national » français, tout entier tourné vers la définition d’une France à l’histoire providentielle et universelle.

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Haro sur l’Histoire ? Quand les candidats à l’élection convoquent le passé

Eugène Delacroix, "La Liberté guidant le peuple" (28 juillet 1830), musée du Louvre

Eugène Delacroix, « La Liberté guidant le peuple » (28 juillet 1830), musée du Louvre

L’élection présidentielle est traditionnellement un temps privilégié où l’histoire de France s’invite dans les débats. Les candidats convoquent dans leurs discours enflammés tour à tour les grandes figures tutélaires de la France.

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« Passe à Beau ! », d’Yvan Pommaux et Rémi Chaurand. Le rugby comme terrain de jeu littéraire et artistique

"Passe à Beau !", d'Yvan Pommaux et Rémi ChaurandIl y a des livres comme ça qui vous font rater bêtement votre station de métro. C’est peut-être aussi à cela que l’on reconnaît un livre réussi. Passe à Beau ! est de ceux-là. Ce roman graphique, mêlant intelligemment texte (Rémi Chaurand) et dessins (Yvan Pommaux), a beau être destiné davantage à un public d’adolescents, il vous transporte, tout adulte que vous êtes (que vous pensez être) dans l’univers rugbystique d’une petite ville du Sud-Ouest.

L’histoire se déroule en effet à Montmartigues où vit Martin Bonfils, 14 ans, bon élève et fier de porter le n°13 (trois quart centre) dans l’équipe de rugby des cadets, tout comme son père et son grand-père avant lui. Son univers se dessine autour de ce sport, qui n’en est pas qu’un : « À Montmartigues, au café, au collège, à la piscine, dans le bus, à l’apéro, à table, à la récréation, partout en fait, on parle RUGBY » (p. 9). Une vie somme toute « tranquille », entre les copains, une bonne amie et un grand-père chroniqueur sportif, soudainement bousculée par l’arrivée d’Antonin Beau, venu de Paris avec sa famille et dont le père se trouve être le nouveau directeur des laboratoires Biopharmag, qui soutiennent le club de la ville.

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« À l’Échelle humaine », Léon Blum en 1941

Léon Blum libéréLes rencontres interdisciplinaires Lettres-Histoire qui ont pour sujet en 2016-2017 : « L’écriture de l’histoire » se sont attachées, avec Nithard et les Serments de Strasbourg, à l’historiographe engagé dans l’action militaire, puis à la naissance de la discipline Histoire au XIXe siècle, grâce à la double participation exceptionnelle de Paul Raucy, pour Jules Michelet, et d’Yves Poncelet, pour Augustin Thierry.

La troisième et dernière rencontre de ce cycle s’intéressera à présent au moment où l’homme politique se fait historien, avec, le 19 avril : « À l’Échelle humaine, Léon Blum en 1941″.
Prisonnier du régime de Vichy, Blum s’adresse à la jeunesse française, par-delà la défaite et l’Occupation, en un vibrant plaidoyer pour la démocratie.

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« Wrong Elements », de Jonathan Littell. Réflexion sur les exterminations de masse et le devenir des enfants-soldats

"Wrong Elements", de Jonathan LittellLes Bienveillantes (Prix Goncourt 2006) l’avait montré. La question de la violence institutionnelle et du meurtre de masse est au centre des préoccupations de Jonathan Littell.

L’homme de lettres franco-américain en poursuit aujourd’hui l’étude dans son premier long-métrage documentaire, Wrong Elements, en s’intéressant notamment au cas des enfants-soldats d’Ouganda. Son film constitue par ailleurs une des clés de lecture au surgissement de la horde d’enfants massacreurs à la fin des Bienveillantes.

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« L’autre côté de l’espoir », d’Aki Kaurismäki

D’un port à l’autre. Du Havre, ville éponyme de son précédent long-métrage sorti en 2011, à Helsinki, cadre urbain de L’autre côté de l’espoir, le cinéaste finlandais Aki Kaurismäki creuse le sillon marin de l’exil, et trace une ligne d’eau reliant deux points de chute sur la carte du possible.

Dans Le Havre (œuvre inscrite au dispositif « Collège au cinéma »), Idrissa, l’enfant noir, s’enfuyait du porte-conteneurs qui les avait amenés, lui et une poignée d’autres clandestins, jusqu’au terminal portuaire normand ; Khaled, le jeune Syrien de L’autre côté de l’espoir, émerge, quant à lui, de la cargaison de charbon d’un cargo pris au hasard de ses pérégrinations.

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Primo Levi, « Moi qui vous parle. Conversation avec Giovanni Tesio »

Primo Levi, "Moi qui vous parle. Conversation avec Giovanni Tesio"Trente ans après la mort de Primo Levi, un petit livre d’entretiens paraît. Petit mais riche et éclairant. Ce Moi qui vous parle aurait dû constituer la base d’une biographie autorisée que Giovanni Tesio souhaitait écrire sur l’écrivain et témoin que nous connaissons.

Primo Levi a participé à trois entretiens, un quatrième était prévu, qui n’a jamais eu lieu. La dépression chronique qui l’affectait a eu raison de lui, mais pas seulement elle ; l’air du temps, qui était à la négation du crime, le sentiment de ne plus pouvoir transmettre, d’autres causes plus intimes.

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