Les élèves de CAP et Bac Pro du lycée Gustave-Eiffel, à Reims, acteurs du Centenaire

En septembre 2018 notre troisième année d’un projet Grande Guerre a commencé avec deux classes de CAP regroupant les sections Maintenance des équipements de parcs et jardins, Peinture en carrosserie, Hôtellerie et restauration : un public fragile à tous points de vue, socialement culturellement et cognitivement.

Notre équipe de quatre enseignants en lettres-histoire et en arts appliqués se connaît bien. Nos objectifs sont toujours de permettre à ces jeunes au passé scolaire chaotique de se mobiliser. Nous sommes dans la Marne et la fascination qu’exerce la mémoire des conflits mondiaux qui ont bouleversé le territoire et la région est surprenante pour une enseignante originaire de l’ouest !

Nos élèves, venant parfois des campagnes environnantes, sont un réservoir d’anecdotes confuses plus ou moins erronées relevant parfois de la rumeur ; la Grande Guerre est souvent – presque toujours – amalgamée avec la Seconde Guerre mondiale : « La première et la deuxième, c’est pareil », entend-on souvent…

Une région marquée par les guerres

La ville de Reims se trouve souvent au cœur d’événements médiatisés qui rappellent ces conflits mondiaux : ainsi la célébration des cinquante ans de réconciliation franco-allemande avec Angela Merkel et François Hollande en juillet 2012 ou encore, en mai 2015, l’inauguration par les ministres des Affaires étrangères français et allemand des vitraux de la cathédrale de Reims réalisés par Imi Knoebel et offerts par l’Allemagne. Les traces d’impacts sur le monument bombardé en septembre 1914 et les gargouilles d’où s’écoulait le plomb de la toiture en fusion sont les témoins d’une violence de guerre que tous les Rémois connaissent.

Au sein même du lycée, le Souvenir français vient régulièrement se recueillir en mémoire de l’ancienne caserne Neufchâtel détruite lors de la Grande Guerre où se trouvent une plaque et des fleurs devant lesquelles passent les élèves

L’entrée du lycée des métiers Gustave-Eiffel

Chaque année, nous rencontrons dans les classes un ou deux élèves étonnants qui, le week-end, partent à la recherche d’objets de la guerre enfouis dans les sols. Nous concevons donc naturellement notre projet comme une réponse à un appétit de comprendre le monde et nous l’inscrivons dans le cycle des commémorations du Centenaire de la Première Guerre mondiale.

Un projet d’histoire globale

En mêlant la littérature, le cinéma, la peinture, l’histoire et la création, nous explorons avec eux tous les aspects de la Guerre sous plusieurs angles : – celui des émotions, en touchant les murs des kilomètres de galeries souterraines de la butte de Vauquois en Argonne creusées par le génie ou en foulant les champs de batailles avoisinant ; – celui de la recherche en travaillant sur le site Mémoires des hommes et sur les témoignages dans la littérature et au cinéma. Nous étudions également le vocabulaire et l’artisanat des tranchées. Au musée de la Grande Guerre de Meaux, ils sont bouche bée face à la taille des bombes, incrédules devant le matériel médical militaire et touchés par les objets quotidiens des tranchées.

Ils produisent des calligrammes et apprennent à nommer les émotions pour approcher l’indicible : la violence des combats, la perte d’un père, d’un fils, les gueules cassées. Ils reconstituent une époque : les rues, les transports, les corps, les communications, les bombardements… Nous sortons, nous écrivons, nous discutons, nous ressentons, nous lisons, nous nommons, nous dessinons… Très vite, ils nous suivent avec ardeur dans notre ambition d’histoire totale et globale, et nous leur en sommes très reconnaissants ! Il faut admettre que la co-intervention lettres / histoire / arts leur offre des moments privilégiés dans leur semaine de cours. La rencontre occasionnelle avec une autre classe de CAP crée une émulation et une petite compétition s’installe !

Ils deviennent force de proposition et veulent écrire aux enfants des Poilus. Tous, en fin de première année, choisissent une question dont ils doivent se faire les experts. C’est difficile et certains commencent à émettre des doutes.

La réalisation du film Oublier… jamais sur le site du lycée les oblige à une prise de distance qu’il leur faut formuler pour un public inconnu et universel. L’expérience dépasse nos attentes : Johnny et Quentin continuent de mobiliser leurs camarades pour qui l’investissement peut sembler long. Ils en savent beaucoup et veulent nous le montrer : les causes, les armements, les femmes, le langage, les batailles, les uniformes, la paix…

Lorsque je le questionne sur cet engouement, Johnny se rappelle :

« Moi je me suis assis sur le lit d’un poilu et je n’ai jamais pensé que je vivrai ça. Après, le travail que les profs nous ont fourni on l’a réussi à un point que ni nous, ni eux ne pouvaient imaginer : c’est parti d’un livre, un gros livre, puis un travail en équipe, puis un CCF [le contrôle en cours de formation est une épreuve organisée par l’enseignant durant l’année et comptant pour le diplôme], puis un travail en arts, puis un grillage et des calligrammes, puis des lettres, puis un film, des sorties, on ne s’est jamais arrêtés et maintenant on en est là… ».

Quant à Quentin, c’est le film qui l’a bouleversé : 

« J’ai pleuré quand je l’ai vu : les images, la musique et les voix de nous tous : j’ai eu le déclic j’ai compris qu’il ne fallait pas oublier, oublier jamais, avant je ne voyais pas pourquoi ! »

Le cycle s’achève, Johnny est passé du CAP en Première Bac pro et il saisit sa chance avec cœur ! Pour lui, pour son père et surtout pour sa belle-mère qui lui a donné l’amour d’une maman. Il traîne souvent autour de nos salles, il demande des nouvelles, évoque le film et le projet. Tout de même, il doit bien s’agir d’autre chose que d’un engouement ! S’agit-il d’une forme de nostalgie pour son année passée en CAP durant laquelle il se sentait plus sécurisé, plus accompagné ? Serait-ce la dimension citoyenne et collective de cette aventure, dans laquelle il aurait pris plaisir à s’inscrire, qui lui manque en ce début d’année en Première Bac Pro ?

Calligramme imaginé par les élèves du lycée Gustave-Eiffel

Dialogue d’une année à l’autre

Le second projet avec nos nouveaux élèves de CAP s’articule autour de l’année 1918 avec une commémoration organisée par les jeunes en point d’orgue. Nous invitons les grands de Terminale Bac pro Restauration qui viennent en classe expliquer 1918, la paix et les relations internationales aux plus jeunes. Ils prennent à cœur leurs responsabilités, ont peur de se tromper et l’idée de faire un cours aux CAP les rend très sérieux !

En septembre, nous les emmenons visiter une nécropole, ils rient et chahutent dans le bus, s’invectivant fréquemment. Pourtant, devant l’alignement de croix blanches, deux n’osent pas entrer et le reste du groupe est solennel. Nous y passons deux bonnes heures, examinant les noms et prénoms, les âges, parfois les confessions, le monument aux morts… Ils sont impressionnés par la multitude de croix blanches, par la jeunesse des soldats morts et encore une fois nous constatons combien les connaissances sont confuses et floues mais ô combien l’investissement et l’émotion sont débordants.

Ils revendiquent des connaissances qu’ils nous font confirmer ou infirmer à grands coup de « il paraît… ». Le travail s’enclenche facilement en co-intervention sur les gueules cassées, sur les batailles, sur les ressentis, sur la lecture. Johnny vient régulièrement nous voir, pour les encourager et pour dire sa nostalgie nous semble-t-il ! À la fin du mois, nous apprenons la tenue d’une réunion du comité des Assises pédagogiques de la Mission du Centenaire et son désir de rencontrer des élèves : Johnny se redresse et son sourire éclate ! Dès lors, deux fois par jour, nous le voyons arriver pour dire bonjour et demander si tout va bien…

Montage de masques réalisés par les élèves du lycée Gustave-Eiffel à partir des hommages aux Poilus

Une visite de la Mission du Centenaire

Cette rencontre entre les membres du Comité, les anciens CAP et les tous nouveaux CAP nous a montré des jeunes désireux de témoigner et d’échanger avec des adultes. Je revois David, timide élève ULIS en CAP depuis un mois et doutant de sa place, rougissant d’efforts pour ne pas bafouiller ni perdre une miette de sa conversation avec l’historien Antoine Prost. Je revois Camille, jeune CAP HR toujours en bavardage et accaparant la parole, se donnant volontiers en spectacle en se mêlant de tout, expliquant un calligramme à la rectrice, qui, émue, la prend dans ses bras en retour :

« Moi je ne m’y attendais pas quand la rectrice m’a fait un gros câlin, c’était la fête, le 14-Juillet dans ma tête ! Je pensais qu’elle allait me serrer la main ; peut-être qu’elle a été émue par ce que j’ai dit que j’ai voulu remercier les profs et le lycée ! »

Je revois Johnny, le visage éclairé, conversant avec un inspecteur général et historien. Il évoque ce moment comme un grand souvenir :

« Les historiens des directeurs, ça fait un choc et c’est un honneur ! Voir le monde qu’il y avait, c’était impressionnant : ils sont venus nous voir nous, et pas les profs ! J’ai montré à un historien mon cahier pour lui montrer ce qu’on avait fait avec nos profs, il était intéressé, d’habitude ces gens-là vont voir ceux qui sont en L ou en S.  C’était la première fois que je parlais à une personne que j’ai vouvoyée sans y penser, spontanément sans réfléchir : c’est parce qu’il a commencé à me dire vous et je me suis dit mince faut que je fasse pareil ! Ça faisait bizarre car j’étais une personne comme eux ! c’était la première fois et c’est kiffant ! C’est excellent même ! J’aimerais être prof de sport ou historien ! »

Je revois aussi Quentin avec son allure dégingandée et son air étonné d’être là, confier :

« Quand je me vois discuter avec les gens importants, je suis heureux d’être arrivé là : je me dis que j’ai remonté la pente et je suis rassuré, je n’ai pas fini mais je suis confiant pour le bac ! La vie elle peut changer, tout n’est pas fichu ! Quand j’ai un coup de mou, je repense à tout ça pour me remettre du courage car à l’heure d’aujourd’hui j’en suis là et ici ! »

 

L’inauguration du monument aux Héros de l’Armée Noire

La récompense honorifique suprême est l’invitation à rencontrer le Président de la République, venu inaugurer le monument aux Héros de l’Armée noire qui avait été érigé en 1924, détruit en 1940 et reproduit en 2013. Mais il leur faut subir une journée complète d’étude sur l’histoire de ce monument et celle des Tirailleurs sénégalais ! Les explications sont extrêmement pointues : comment ces jeunes élèves de CAP – certains au lycée depuis deux mois – ont-ils tenu une telle journée assis pour écouter un discours qui, dans les détails, les dépasse ? Les anciens Tirailleurs présents forcent leur respect mais nous sommes étonnés par leur sérieux sans faille !

La cérémonie de commémoration de l’Armée noire a été longue et fatigante, faite de contrôles de sécurité et d’attentes ! Ils ont tous été exemplaires, pas un chahut, pas une plainte. Quentin harcelé et un temps déscolarisé, inscrit en mission de lutte contre le décrochage scolaire puis affecté en CAP maintenance des matériels de parcs et jardins nous avoue dans le bus du retour :

« On a attendu avec tous les invités : proviseurs, chefs, rectrice, profs ! Je n’étais pas parti pour voir ce monde-là. Pour moi les cours c’était se lever, remplir des cahiers et rentrer se coucher. Je pensais que j’étais dans une classe de zouaves et de fainéants comme toujours. »

Et ils ont vu le Président, lui ont serré la main et ont pris une photo ! L’essentiel est-il qu’ils étaient là ou qu’ils partageaient ce moment exceptionnel avec tous ces gens dont ils devinaient l’importance ? Camille est heureuse :

« Je ne pensais pas faire ça en CAP : voir le président. C’est cool ma vie en fait ! »

Le 30 novembre est le point fort du projet Voix de Mémoire pour les élèves : c’est le jour de la cérémonie de commémoration de l’armistice et d’inauguration de l’espace centenaire. Leurs voix de mémoire devront résonner devant un public important : membres du Souvenir français, porte-drapeaux (dont le papa d’une élève), représentants de la Mission du Centenaire, de la région, du rectorat, de la mairie, les parents… Notre proviseure a donné à ce rendez-vous toute l’ampleur et la solennité d’un hommage officiel.

Découpe de panneaux apposés sur une stèle dans le lycée Gustave-Eiffel  » : « Chemin des Gueules cassées », « Chemin des pères sans fils », « Chemin des voix de mémoire »…

Pour chaque vie retracée, ils ont agi en historien, identifiant les premiers éléments sur le site de Mémoire des hommes puis recoupant avec des recherches sur les régions d’origine, sur les métiers, sur les accents, sur les patois, sur les familles… Pour chaque Poilu, ils ont imaginé un masque symbolisant leur hommage. Pour chaque soldat, ils se sont aussi beaucoup entraînés à dire leur texte car l’éloquence n’est pas leur fort et ils savent bien qu’ils ne finissent pas souvent leurs phrases ou ne mettent pas toujours d’article devant les noms ! Quatre seulement ne sont pas montés sur l’estrade, peut-être davantage parce qu’ils n’avaient pas autant travaillé que les autres.

David est le premier à entrer en scène, il est concentré et ses efforts pour ne pas craquer sont visibles. Poings serrés, il respecte à la lettre toutes les consignes données aux répétitions (appuyer sur tel mot, ne pas avaler tel autre !) et j’aperçois le sourire de son AESH  (une accompagnatrice d’élève en situation de handicap suit David dans les cours pour l’aider face à ses troubles des apprentissages et à sa très grande fatigabilité). Qu’a-t-il ressenti ?

« Je me suis dit : je l’ai fait, ça fait des émotions ! C’est agréable de parler en public : c’est la première fois que des gens m’écoutent quand je parle et me regardent en pensant que j’ai du courage. Je me suis senti responsable. »

Les grands, ceux de Terminales, avaient préparé un discours hommage aux grands hommes de la paix étudiés en littérature et en histoire : Jaurès, Voltaire, Hugo, Briand… que de grands noms qui impressionnaient les jeunes de CAP. David en a eu le trac :

« En arrivant en CAP je me suis demandé si j’étais à la hauteur, c’est une grande classe de lycée difficile : j’ai l’impression d’être dans une classe supérieure que celle de mon niveau qui est plus bas Je pensais toujours que je n’étais pas prêt à cette situation ! Nous on ne sait rien faire et surtout on ne sait pas écrire… »

Les jeunes et les anciens se sont bien complétés, les premiers avec leur émotion de faire vivre un disparu, les seconds s’essayant à l’argumentation. Toutes les voix ont été dignes pour rendre hommage à la paix, au soldat Bardet, maçon de la Creuse, au tirailleur algérien Djerad, au sapeur mineur Bordas ou encore au lieutenant Charpin, journaliste en Provence. Tout le lycée a participé : la chaudronnerie, la peinture, la carrosserie, la mécanique les ont soutenus ! Sonnerie aux morts, minute de silence, dépôt de gerbe, discours élogieux de la proviseure, Marseillaise collective, communion de tous dans la commémoration ; officiels, parents, élèves, enseignants.

« C’était la première fois que je participais et même assistais à une cérémonie de commémoration, je ne savais pas à quoi ça servait et c’est la première fois que je voyais autant de gens pour un hommage ! » confie Camille.

Lors du verre de l’amitié, les élèves ont accepté avec plaisir les remerciements des anciens combattants, les félicitations des enseignants et la fierté de leurs parents. Johnny rêve de devenir historien ! David a besoin de repos mais il a prouvé à son père qu’il connaît depuis six mois qu’il peut avoir confiance en lui et qu’il est déterminé à devenir quelqu’un ! Camille est souriante et posée, elle n’est plus cette jeune écervelée parlant fort et à tout prix. Violette commence à envisager l’inscription sur Parcours sup.

Témoignages d’élèves

Nous sommes émerveillés de ces changements en eux ! Nous devinons qu’il y a eu quelque chose de plus important pour eux que la compréhension du monde ; il nous semble qu’ils reçoivent aussi toutes les promesses de leur CAP, de leurs études et de leur avenir, comme si leur participation même au monde et leur appartenance à la société s’étaient révélées à eux ! C’est ce qu’ils nous ont dit à leur façon avec leur joie d’être là.

Camille avoue :

« Quand on arrive en CAP, on pense que c’est une classe pourrie où on ne va rien apprendre et où ce sera le chahut je ne prenais pas au sérieux le CAP ! »

Quentin analyse :

« L’image des élèves aujourd’hui elle n’est pas top à la télé, il n’y a que des racailles ! Alors je pensais que j’allais échouer partout.  Les gens ils sont venus voir ce qu’on était capable de faire en CAP et je suis heureux. »

Johnny n’en revient pas :

« Ma mère elle dit que c’est grâce aux profs que je me suis accroché, mais moi je savais qu’il fallait que je m’applique ! J’étais en SEGPA et maintenant je prends une photo avec un historien ! »

Camille, plus concrète, revient à ses cours de la semaine :

« J’ai envie de travailler car finalement, c’est une vraie classe avec des vraies études ! Maintenant c’est moi qui fais taire les autres élèves, parce que cela ne sert à rien de ne pas prendre les cours au sérieux ! Les profs, je pensais qu’ils faisaient leurs cours mais qu’ils s’en fichaient du reste, maintenant j’ai compris qu’ils sont là pour nous et qu’il ne faut pas gâcher ça ! Je n’aime plus le bazar en classe ! »

Camille, Demirhan, Quentin, Adel, David, Johnny et tous les autres, nos élèves du lycée professionnel, c’est votre rencontre sincère, rugueuse parfois, sensible et toujours profonde, qui nous rend capables, nous, vos enseignants, d’audaces professionnelles ambitieuses pour déjouer vos auto-diagnostics négatifs et vos pronostics d’échec.

Anne-Laure Hartmann,
professeure de Lettres, Histoire, Géographie
Lycée des métiers Gustave-Eiffel, Reims

 

• Le site Mémoire des hommes.

Les galeries de Vauquois en Argonne.

Le musée de la Grande Guerre à Meaux.

Voir sur ce site :

« Territoires vivants de la République. Ce que peut l’École : réussir au-delà des préjugés », par Alexandre Lafon.

L’École dans le Centenaire de la Première Guerre mondiale : des enseignants et des élèves engagés, par Alexandre Lafon.

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3 réflexions au sujet de « Les élèves de CAP et Bac Pro du lycée Gustave-Eiffel, à Reims, acteurs du Centenaire »

  1. Le texte d’Anne-Laure Hartmann sur ce travail d’équipe de quatre professeurs du Lycée professionnel Gustave Eiffel de Reims m’a très agréablement étonné. Je sais bien que les Lycées pro sont très utiles mais, tout bêtement, comme beaucoup, je n’imaginais pas que leurs élèves puissent autant se mobiliser pour un grand projet culturel interdisciplinaire.

    A travers ce document, on mesure l’importance du projet Grande Guerre et le remarquable travail d’histoire globale qui a été réussi, ce qui suppose beaucoup de préparation, de pédagogie et aussi d’empathie pour ces grands adolescents de milieux dits « difficile ».

    On est épaté par la créativité de ces jeunes (voir par exemple le calligramme) et touché par leur ressenti, les mots qu’ils mettent sur leur participation ainsi que sur leurs nouveaux projets de vie, parce qu’ils se sentent respectés. « La vie peut changer, tout n’est pas fichu » dit l’un d’eux qui résume bien tout ce que peut réaliser une équipe d’enseignants motivés et dynamiques auprès de leurs élèves.

    Finalement, ces élèves des lycées professionnels m’apparaissent comme des jeunes un peu en jachère qui n’attendent que l’intérêt des enseignants et des adultes pour se cultiver, se développer et fructifier. Merci à tous !

  2. J’ai lu et apprécié ton texte sur la commémoration du centenaire de la Guerre 14-18. J’ai apprécié cette aventure citoyenne, cette résilience cognitive, cet engagement franc et innocent celui de tes/vos élèves, engagement nourri de tous les apports pédagogiques, historiques et culturels initiés par toi et toute l’équipe du projet. Dans cette lecture, en tant qu’ancien professeur de Lettres-Histoire et collègue dans le même établissement, ayant partagé avec vous tous des projets citoyens pour nos élèves, et aussi ayant été invité pour cette commémoration au sein du lycée Gustave Eiffel, je peux dire que je voyais les élèves et leurs professeurs, en amont, construire et vivre cette aventure citoyenne. Je les entendais échanger, formuler et reformuler. Je vous entendais également échanger avec les collègues sur ce magnifique projet. J’avais l’impression en lisant ton texte que je vous écoutais, j’écoutais les dires de tes/vos élèves dans les témoignages et les échanges qui sont savamment repris et transcris dans ton écrit pour marquer également – historiquement – le temps, et inscrire par cet hommage une estampille pédagogique commémorative comme une marque indélébile de leur passage en tant qu’élèves au sein de l’établissement.

    Tu as/vous avez permis à tes/vos élèves un retour vers le passé pour mieux comprendre l’histoire d’aujourd’hui. Vous avez concrétisé des séquences pédagogiques en extra-muros. Vous leur avez permis une sorte de continuité citoyenne par l’engagement, l’écriture, le dessin, la poésie, la fabrication et le façonnage de la matière, et, c’est visiblement que l’on lit la fierté dans leurs dires et dans leurs sentiments d’être presque d’égal à égal (en tutoiement) avec un Historien de renommée, un Président en exercice recevant cette marque d’hommage en porte-clés réalisé par eux dans les ateliers du lycée et, même vivre le gros câlin donné par la Rectrice d’académie à un de vos élèves qui est reparti très ému. Si on associe tout cela, je suis sûr que dans leurs regards à tous, il y avait cette fierté, ce feu d’artifice le plus important et le plus marquant de leur vie !

    Le 27 novembre 2018, j’ai eu l’honneur de vivre cette commémoration historique et cette communion citoyenne initiées par vous et le personnel encadrant dans ce lycée des métiers, ce lycée des merveilles.
    Merci et bravo à toi, à toute l’équipe et à tes/vos élèves.

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