La représentation figurée du prophète Muhammad

L’islam et ses pratiques, pas plus que tout autre phénomène humain, n’échappent aux mutations au fil de l’histoire. La question de la représentation figurée en général, et de celle du prophète de l’islam en particulier, a été diversement tranchée selon les périodes et les milieux.Si elle a parfois déclenché des débats animés, elle ne semble pas avoir posé un problème majeur ou permanent aux croyants musulmans ni à leurs juristes (Naef 2004).

Les polémiques récentes [cet article a été initialement publié le 29 octobre 2012 dans les Carnets de l’IFPO], parmi les plus vives qu’aient connues l’histoire, sont attisées par le fait que les images qui les ont déclenchées sont des caricatures ; elles alimentent l’idée fausse et essentialiste que, « de tout temps », l’islam aurait interdit la représentation de son prophète, voire toute représentation humaine.

 

Encore faudrait-il savoir de quel objet on parle lorsqu’on utilise le terme « islam », dont les significations multiples sont trop souvent confondues ou tenues pour équivalentes : parle-t-on de l’islam sunnite, de l’islam chiite ? Des pratiques des croyants, qu’il faut toujours rapporter à un contexte géographique et historique précis ? Des textes sacrés de l’islam, en premier lieu du Coran, ou des interprétations des juristes et des exégètes ? De l’islam des fatwas (lesquelles, émises par quelle autorité religieuse, et dans quel contexte ?) ou d’un ressenti qui peut, lui aussi, varier d’un croyant à l’autre ?

Plus que jamais, les désastreux soubresauts d’une actualité vite montée en épingle doivent être considérés à l’aune de l’histoire et les phénomènes récents, comme la sensibilité de nombre de croyants musulmans à la question de la représentation de leur prophète, doivent être replacés dans une perspective historique longue pour échapper à une vision univoque et figée de l’islam et de ses adeptes.

 

Lire l’intégralité de cet article publié dans les Carnets de l’Institut français du Proche-Orient en octobre 2012.

Nous remercions Vanessa Van Renterghem de nous avoir permis de le signaler ici.

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