« Jersey Boys », la véritable histoire de quatre jeunes Italo-Américains : Frankie Valli et les Fours Seasons

Les "Jersey Boys" au Nouveau Théâtre de Milan © Michela Piccinini

« Jersey Boys » au Nouveau Théâtre de Milan en 2016 © Michela Piccinini

Jersey Boys raconte l’histoire vraie de jeunes Italo-Américains du New Jersey, issus de l’immigration. Ils feront tout leur possible pour sortir de leur quartier pauvre grâce à la musique, et leur succès traversera les années 50, 60 et 70 : c’est la véritable histoire du groupe les Four Seasons et de son chanteur Frankie Valli.

Ce spectacle peut ouvrir sur de nombreuses pistes pédagogiques : l’immigration italienne aux États-Unis, l’intégration, le melting-pot, la société américaine, l’American Way of Life et le rêve américain, la musique américaine des années 50, 60 et 70, la production musicale et l’industrie du disque, le monologue dans le théâtre contemporain, l’orchestration d’un spectacle musical, la comédie musicale contemporaine et le genre du juke box musical, les valeurs de l’amitié.

Ce spectacle peut par ailleurs être exploité en cours de français, d’histoire, de civilisation américaine, d’anglais, d’italien, de musique et bien sûr de théâtre et d’arts appliqués, au collège, en lycée général et technologique, et en lycée professionnel.

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« Ma guerre. De La Rochelle à Dachau », de Guy-Pierre Gautier et Tiburce Oger

"Ma guerre. De La Rochelle à Dachau", de G. P. Gautier & T. Oger, éditions Rue de Sèvres

« Ma guerre. De La Rochelle à Dachau », de G.-P. Gautier & T. Oger, éditions Rue de Sèvres

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« Ma guerre », notre histoire

Voilà un album qui fera sans doute date.

Loin de véhiculer des idées reçues sur les représentations de la Résistance et de la déportation durant la Deuxième Guerre mondiale, il donne à lire et à voir, avec nuance et humilité, dans une osmose redoutable entre le texte et l’image, le destin d’un homme ordinaire qui fut et doit être vu aujourd’hui comme un héros. Au sens plein du terme.

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Deux regards sur le théâtre au XVIIe siècle : rencontre avec Georges Forestier et Daniel Loayza

Georges Forestier et Daniel Loayza

Georges Forestier et Daniel Loayza

Le 10 janvier 2017, le théâtre Déjazet, à Paris, a accueilli Georges Forestier, professeur de littérature à l’université Paris-Sorbonne, spécialiste du théâtre classique français, et Daniel Loayza, traducteur, dramaturge et conseiller artistique au théâtre de l’Odéon.

Cette interview croisée, suscitée par Françoise Gomez, IPR-IA de lettres de l’académie de Paris, a été réalisée à l’occasion de la nouvelle édition de La Tragédie française. Règles classiques, passions tragiques, du lancement du MOOC de Georges Forestier sur le théâtre classique français, et de la traduction inédite du Conte d’hiver, de Shakespeare, par Daniel Loayza.

La rencontre a été l’occasion d’une confrontation passionnante entre les modalités spécifiques à la tragédie française dans le sillage du classicisme et le théâtre de Shakespeare inscrit dans la veine élisabéthaine. Les réflexions sur la nature du tragique, la dramaturgie et les modalités de représentation de part et d’autre de la Manche ont été au cœur de cet échange dont nous donnons ici quelques éléments.

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Shoah et bande dessinée

Shoah et bande dessinée © Enki Billal

Shoah et bande dessinée © Enki Billal, Mémorial de la Shoah

La première fois que l’on a parlé d’un génocide dans une bande dessinée, c’était en 1919. On voyait des camps de concentration ottomans. Il était donc question du sort des Arméniens, et c’était dans un album mettant en scène… Bécassine.

Longtemps après, dans les années 2000, ce génocide donnera lieu au Décalogue, le génocide rwandais à d’autres bandes dessinées, et les crimes commis par les nazis envers les tsiganes ou homosexuels figureront eux aussi dans des albums que l’on peut feuilleter dans la dernière salle de l’exposition « Shoah et bande dessinée » qui vient de s’ouvrir au Mémorial de la Shoah à Paris.

Il va de soi que cette anecdote, découverte dans l’excellent catalogue accompagnant l’exposition, ne fait pas le cœur du sujet, lequel serait plutôt donné par le sous-titre du livre, L’image au service de la mémoire. Ce qui ne va pas de soi et suppose une réflexion sur l’image, sur la fiction et sur le témoignage aussi intense que celle que nous avons connue dans le domaine littéraire, et bien sûr le cinéma. Pour nous résumer, que montrer quand on parle de la Shoah ?

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« Les Damnés », d’après Luchino Visconti, à la Comédie-Française

Création des "Damnés", d'après Luchino Visconti au festival d'Avignon en juillet 2016 © Jan Versweyveld / Comédie-Française

Création des « Damnés », d’après Luchino Visconti, au festival d’Avignon en juillet 2016 © Jan Versweyveld / Comédie-Française

Voir le théâtre, ce n’est pas lire le théâtre : l’un rencontre les sens, l’autre l’esprit. Les Damnés, de Luchino Visconti, adaptés par Nicola Badalucco et Enrico Medioli et mis en scène par Ivo van Hove à la Comédie-Française, plus encore qu’une rencontre, c’est un choc qui saisit de stupeur et de fascination.

Le caractère impressionnant de la pièce, de sa mise en scène, du jeu de ses acteurs, du déroulement inexorable de l’action, constitue un grand moment de théâtre. Même si la pièce est fidèle au scénario du film, le langage dramatique, ses codes et ses possibilités  font de cette adaptation un objet de théâtre techniquement inédit, et essentiellement archaïque.

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La chronique, un genre littéraire à part entière : « Troquets de Paris », de Jacques Yonnet

"Troquets de Paris", de Jacques YonnetParis réenchanté

Auteur du légendaire Rue des maléfices, Jacques Yonnet livra sept cents chroniques à l’hebdomadaire L’Auvergnat de Paris de 1961 à 1974. Une soixantaine d’entre elles sont aujourd’hui rassemblées dans Troquets de Paris.

Vagabondage aux allures désinvoltes, tout à la fois pittoresque et visionnaire, balade poétique, littéraire et historique, ces chroniques, qu’on dirait écrites au fil de la plume, sont les mémoires d’outre-tombe d’une ville qui n’a pas dit son dernier mot.

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L’éducation, enjeu des élections : vers une nouvelle querelle des Anciens et des Modernes ?

Primaires et présidentielles : vers une nouvelle querelle des Anciens et des Modernes ?Le programme du vainqueur de la primaire de la droite qui postule de façon lapidaire que « l’enseignement doit prioritairement viser à transmettre les savoirs fondamentaux » et « promouvoir les valeurs d’excellence et de mérite, à contre-courant de l’égalitarisme voulu par la gauche » amène les acteurs et usagers de l’Éducation nationale à s’interroger sur ses options pédagogiques sous-jacentes et sur la forme des débats qu’il suscitera.

Dans une société à la recherche de repères, les vieilles recettes peuvent malheureusement retrouver un certain crédit et il est fort probable que la prochaine élection présidentielle mettra de nouveau sur le devant de la scène des thèmes et stéréotypes bien connus.

On le sait, la réflexion sur l’éducation se cristallise en France dans des querelles autour de mots à forte charge symbolique. Il est rituel, par exemple, de débattre du fatal redoublement plutôt que du simple doublement, de la note, sanction à fonction hiérarchisante, plutôt que de la plus neutre évaluation, ou encore des pesants devoirs plutôt que du banal travail personnel.

Avant que les joutes politiques n’investissent l’espace médiatique, il apparaît opportun de relativiser la tension sémantique entre ces termes et de considérer plutôt leur réalité dans la scolarité de l’élève.

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