« La Douleur », d’Emmanuel Finkiel, d’après Marguerite Duras, adaptation exemplaire et grand film sur la mémoire

Benoît M"La Douleur", d'Emmanuel Finkiel © Les Films du LosangeEmmanuel Finkiel s’était signalé en 1995 par un court métrage bouleversant de finesse et de sensibilité, Madame Jacques sur la croisette. On y découvrait la façon de filmer très personnelle d’un jeune réalisateur qui fut l’assistant des plus grands, Kieslowski, Tavernier, Godard. Et sa prédilection pour les portraits de comédiens âgés, tels que Shulamit Adar et Nathan Cogan, qui sont également des protagonistes du film suivant, Voyages.

Ce film était consacré à ces vieillards étonnants qui peuplent encore les cafés de Tel Aviv, rescapés des camps, naufragés de la diaspora, orphelins de l’histoire. Le cinéaste y met en scène trois femmes en quête de souvenirs dans trois récits différents situés sur la route d’Auschwitz, à Paris et à Tel Aviv. Chacune d’elles essaie de reconstituer le puzzle d’une mémoire lacunaire. Chacune d’elles est liée aux deux autres.

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« Une saison en France », de Mahamat-Saleh Haroun

"Une saison en France", de Mahamat-Saleh HarounDepuis Abouna (2002), son premier long-métrage de fiction inscrit au programme de « Collège au cinéma », Mahamat-Saleh Haroun, metteur en scène tchadien installé en France depuis 1982, développe une réflexion féconde autour de la double question de l’enfance sacrifiée et de la défaillance des pères.

Son nouvel opus, Une saison en France, ne fait pas exception. Le sujet est au cœur de son dispositif, cette fois placé en France, à Paris. Où Abbas, professeur de français, et ses deux enfants ont échoué après avoir fui la guerre civile qui fait rage en Centrafrique.

Dans l’attente du droit d’asile, la vie s’organise. Cahin-caha. Les enfants sont scolarisés, et Abbas travaille sur un marché où il a rencontré Carole, une fleuriste, qui l’aime et le soutient dans ses démarches administratives.

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Allons au musée d’histoire !

Historial de Péronne © Alexis Layous

Historial de Péronne © Alexis Layous

« Le musée est le seul lieu du monde qui échappe à la mort »,
André Malraux, « La Tête d’obsidienne », Les Voix du silence, 1968.

La sortie scolaire est une expérience d’apprentissage et un temps social « plein » souvent plébiscitée par les élèves comme par les enseignants. Qui ne garde pas un souvenir ému de la découverte d’un de ces lieux magiques où s’est jouée l’ouverture vers un monde, une époque, dans l’ambiance particulière d’une sortie hors de la classe, une parenthèse dans l’école ?

Cette expérience est l’occasion pour l’enseignant d’asseoir son magistère en montrant son savoir hors les murs de la classe et pour l’élève, le temps de rencontre avec un lieu nouveau, souvent synonyme de changement, de surprise et d’émotion(s). Événement dans le rituel de la classe, la sortie scolaire, lorsqu’elle présente un caractère pédagogique, est également l’occasion de situations d’apprentissage inédites.

Une récente étude dirigée par Sylvain Antichan, Sarah Gensburger, Jeanne Teboul, et Gwendoline Torterat, Visites scolaires, histoire et citoyenneté. Les expositions du centenaire de la Première Guerre mondiale, permet de faire le point sur ce sujet.

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« Aharon Appelfeld, le kaddish des orphelins », documentaire d’Arnaud Sauli

Valérie Zenatti, écrivaine et traductrice, avec Aharon Appelfeld © Dublin Fims

Valérie Zenatti, écrivaine et traductrice, avec Aharon Appelfeld © Dublin Fims

Un dialogue filial entre l’auteur et sa traductrice, Valérie Zenatti

L’écrivain napolitain Erri De Luca a coutume de célébrer dans les entretiens qu’il accorde avec parcimonie, le travail de sa traductrice française, Danièle Valin, à laquelle il voue une confiance totale. La relation qui s’est établi entre Aharon Appelfeld, auteur de langue hébraïque et Valérie Zenatti, sa passeuse vers le lectorat francophone, n’apparaît pas moins fidèle.

Comme le met en perspective le documentaire d’Arnaud Sauli, cette relation dépasse d’ailleurs le cadre strictement littéraire, se doublant d’un enjeu de transmission et de filiation. Lors d’une intervention au Mémorial de la Shoah, la veille de l’obtention du Prix du Livre Inter 2015 pour Jacob, Jacob, Valérie Zenatti s’était déjà exprimée avec son enthousiasme si caractéristique afin de faire partager son travail de traductrice de l’œuvre d’Aharon Appelfeld.

Avec une infinie tendresse et une vraie passion pour l’écriture, elle a enrichi par ses remarques et réponses à l’auditoire la mise en voix du premier roman destiné à la jeunesse de l’auteur né le 16 février 1932 à Czernowitz, Adam et Thomas.

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Toutes les vies d’Aharon Appelfeld

Aharon Appelfeld © Patrice Normand

Aharon Appelfeld © Patrice Normand

S’il fallait choisir un repère dans notre découverte d’Aharon Appelfeld, ce serait l’année 2004. Une jeune traductrice, également romancière qui publie à l’École des loisirs et à l’Olivier, le fait connaître, décide de donner toute son œuvre en français. C’est Valérie Zenatti. Alors paraît Histoire d’une vie, mémoires de l’écrivain, qui le révèle au public et reçoit le Prix Médicis.

Jusque là, peu de lecteurs l’avaient lu et ses romans paraissaient chez divers éditeurs, sans la continuité qui s’impose. Rendons hommage à Arlette Pierrot et Sylvie Cohen, ses traductrices ; elles savaient quelle importance était la sienne. Primo Levi appréciait sa « voix unique, inimitable. D’une éloquence toute en retenue » et dans Parlons travail, comme dans Opération Shylock, Philip Roth donne à entendre cette voix à travers des entretiens passionnants.

Mais à partir de Histoire d’une vie, nous avons pris rendez-vous avec lui, et même s’il ne sera plus là pour nous parler de son dernier roman traduit, nous lirons en février Des jours d’une stupéfiante clarté.

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1918-2018. Un travail de mémoire interdisciplinaire à partir des témoins de la Grande Guerre

Les Carnets de guerre de Louis Barthas

Les Carnets de guerre de Louis Barthas

Les Carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914-1918

La Grande Guerre a été l’objet d’une mise en récit massive des expériences combattantes. Écrivains professionnels, écrivains en devenir ou simples soldats, nombre de combattants ont produit ce que l’on a nommé dès le début du conflit des récits de guerre fondés sur leur témoignage – carnets intimes, réflexions, correspondances avec leurs proches.

Par l’écriture, ils ont souhaité coucher sur le papier leur expérience, ce qu’ils ont vu ou vécu et ce qu’ils souhaitaient transmettre. Dès l’entrée en guerre, la mise en mémoire par l’écrit apparaît comme un enjeu majeur. Pour plus de deux millions de soldats mobilisés en août 1914, il s’agit de rendre compte de leur présence dans le conflit.

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« Jusque dans vos bras », mise en scène de Jean-Christophe Meurisse & Les Chiens de Navarre

Une question d’abord, posée dans le programme du spectacle, par le metteur en scène, Jean-Christophe Meurisse. :

« Quelle est donc cette fameuse identité française qui fait tant débat de nos jours et qui pourrait nous amener, dans nos visions les plus sombres, à une guerre civile ? »

Défiance ? Provocation ? Au contraire, invitation à une plaisante réflexion de choc sur un sujet – essentiel ?, en tout cas, cacophonique – qui fait aujourd’hui dissensus selon que l’on regarde en arrière ou devant soi.

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