« Un air d’Italie. L’Opéra de Paris de Louis XIV à la Révolution »

Jean Berain, détail de la maquette de costume du roi Égée dans « Thésée », de Lully, fin du XVIIe siècle, gravure aquarellée, BnF, Bibliothèque-musée de l’Opéra.

Les enseignants auraient-ils peur d’amener leurs classes à l’Opéra ? C’est pourtant une expérience que ne regrettent jamais les élèves, et que les équipes Éducation artistique de l’Opéra de Paris, responsables Jeune public ou responsable Opéra-Université, ne se font jamais faute de favoriser et d’accompagner.

Dernière preuve en date de ces attentions particulières : la visite en avant-première de l’exposition Un air d’Italie présentée au Palais Garnier en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France pour célébrer les trois-cent cinquante ans de l’Académie de musique, privilège accordé par Louis XIV en 1669, et acte de naissance de l’Opéra de Paris.

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« Douleur et Gloire », de Pedro Almodóvar, entre nostalgie et catharsis

Pedro Almodóvar en 2013 © Paola Ardizzoni / Emilio Pereda

Toute l’œuvre de Pedro Almodóvar pourrait s’intituler Volver. Elle se nourrit de nostalgie, de regrets, et a pour moyen d’expression principal le flash back. Sa figure centrale en est la mère, la femme de sa vie, qu’il a tant admirée et à qui il doit, malgré sa pauvreté, la culture et la ténacité qui le caractérisent.

Il a donc décidé de raconter dans son cinéma « tout sur sa mère ». Ou sur celles des autres, Julieta par exemple, qui a tant de mal à trouver l’harmonie avec sa fille. Que la vraie mère du cinéaste joue dans ses films ou non, c’est à elle qu’est dédiée toute cette œuvre de piété filiale et de difficile libération d’une emprise acceptée.

La mort de Franco, la Movida, l’explosion de la jeunesse espagnole sont les étapes de cette émancipation.

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« Douleur et Gloire », de Pedro Almodóvar, créer par-dessus tout

Pedro Almodóvar en 2011 © Pathé Distribution

Le dernier film de Pedro Almodóvar a étonné les critiques et le public par la sincérité de sa confession et la force de ses émotions. Le cinéaste espagnol a pourtant toujours cherché à susciter chez ses spectateurs des émotions fortes et durables.

C’est ce qui explique en grande partie son goût pour les genres cinématographiques, dont ses films récents ont pu donner une idée : thriller proche de l’épouvante (La piel que habito), comédie (Les Amants passagers), mélodrame qui embrasse plusieurs époques (Julieta).

L’aspect tragique du destin de ses personnages y est souvent présent, et l’attraction du drame ainsi que la solidité du schéma dramaturgique sont cependant des constantes du travail d’Almodóvar.

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Écologie, enseignement et transcendance

Manifestation de lycéens pour le climat à Dijon le 24 mai 2019 © Infos Dijon

Si la percée d’EÉLV corrélée à la conscience écologique des jeunes peut être un sujet d’étonnement pour certains, cela ne peut surprendre les milieux de l’Éducation.  En effet, les enseignants de tous les niveaux – collège, lycée, classes préparatoires – constatent quotidiennement l’intérêt des élèves pour les questions environnementales, pour l’urgence d’une action pour sauver notre planète. Au point que l’on peut parler avec l’écologie d’un nouvel idéal, d’une nouvelle grande cause, d’une nouvelle source de transcendance trouvée par une génération qui aspire à vivre dans un monde meilleur, comme chaque génération antérieure l’a également rêvé.

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« Le Jeune Ahmed », de Jean-Pierre et Luc Dardenne

L’un des principaux mérites du cinéma de Jean-Pierre et Luc Dardenne est de ne jamais devancer les intentions de leurs protagonistes.

Souvent placée derrière eux, leur caméra les suit docilement, épouse les contours de leurs trajectoires chaotiques, s’efforce d’en saisir le corps, l’énergie, et de les contenir dans le cadre de jeu. Manière de faire de la mise en scène un espace propre à circonscrire, à définir le sujet existant (thèmes et personnages).

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« Électre/Oreste », d’Ivo van Hove, à la Comédie-Française

Suliane Brahim, Christophe Montenez © Jan Versweyveld

Monter un classique grec est tout autre chose que reprendre un classique français. Pour un classique français, le public a toujours une idée, peut-être reçue, peut-être savante, de ce que doit en être ou avoir été la version traditionnelle (sinon historique) ; et il mesure alors l’écart produit par la nouvelle production, son conformisme ou son originalité, sa mémoire étant toujours partiellement préparée au sujet, au jeu et à la langue.

En revanche, pour une pièce de Sophocle ou Euripide, le spectateur manque de repères. Sauf doté d’une culture érudite, il sait peu des représentations antiques, et la version qui lui est proposée tient autant de la découverte du théâtre grec du Ve siècle av. J.-C. que de l’appréciation d’une version nouvelle d’une pièce ancienne. Continuer la lecture

Lire sur la vague, 5e Festival du livre de jeunesse d’Hossegor, 22-25 mai 2019

La cinquième édition du Festival Lire sur la vague se déroule du 22 au 25 mai à Hossegor. Il propose des animations ludiques et originales autour du livre jeunesse : des rencontres, des performances, des ateliers, des dédicaces… en présence d’auteurs et illustrateurs prestigieux.

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« An Irish Story – Une histoire irlandaise », de Kelly Rivière

Kelly Rivière dans « An Irish Story » © David Jungman

À l’expression désormais admise « seule en scène », dont nous nous méfions pour les shows comiques, performances d’acteurs ou suites de sketches plus ou moins improvisés qu’elle suppose, nous préférons la formulation « seule sur scène » où le récit tient lieu de fiction. À l’exemple des mises en scène théâtrales de Mémoires d’un fou ou du Horla que nous avons vu naguère.

Encore que dans le cas de Kelly Rivière et son spectacle An Irish Story – Une histoire irlandaise, il soit difficile de parler de solitude sur scène tant l’actrice (née en 1979) remplit l’espace avec la quinzaine de personnages qu’elle incarne tour à tour.

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