Les maux de l’écriture

Dessin de Pia Bellicaud

Quand l’acte d’écrire relève davantage
de la douleur que du plaisir,

l’école peut trouver ses soins palliatifs dans l’utilisation de certains outils numériques

Dès la fin de la maternelle, certains enfants montrent des difficultés à l’écrit, ils peuvent par exemple former les lettres dans le mauvais sens (écriture en miroir), ne pas réussir à écrire sur les lignes, confondre les « p » et les « b », etc.

Puis, au-delà de la difficulté, viennent les pathologies : dysgraphie, dysorthographie, dyspraxie (un enfant dyspraxique est toujours dysgraphique). Seul un bilan fait par un ergothérapeute peut attester réellement d’un retard graphique en fonction de quatre critères observés : vitesse d’écriture, lisibilité, performance orthographique, coût cognitif, ce dernier étant le plus difficile à évaluer.

L’enfant dyspraxique peut écrire mais avec un effort considérable et pour un résultat très médiocre. Alors même qu’il s’applique de tout son cœur à former les lettres, il ne peut pas écouter l’enseignant simultanément. Il va donc falloir aménager l’acte d’écriture.

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« Prévert », par Yolande Moreau et Christian Olivier au Théâtre du Rond-Point, ou l’intelligence émotionnelle

Prévert © Stéphane Trapier

Coup sur coup le Théâtre du Rond-Point a offert à des artistes de renom de revisiter le répertoire de monstres sacrés : il y a quelques semaines c’était François Morel qui réinventait Devos dans un spectacle inspiré.

Depuis le 15 janvier c’est la comédienne Yolande Moreau et le chanteur Christian Olivier qui redonnent voix et musique à un bouquet choisi de textes de Prévert.

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« Ayka », de Sergey Dvortsevoy : travailler ou mourir

On avait quitté Sergey Dvortsevoy sur une excellente impression. Tulpan, son premier long-métrage de fiction, doublement récompensé – prix Un Certain Regard et prix (défunt) de l’Éducation Nationale au Festival de Cannes –, nous avait ravis. C’était il y a dix ans. En 2008. Depuis, plus rien.

L’histoire tragi-comique de Tulpan devait alors se confondre dans notre esprit avec la possible destinée de son auteur, que l’on imaginait rendu à la simplicité de la vie agraire de la steppe kazakhe de ses origines.

Et puis, voilà qu’au printemps dernier, le cinéaste présenta un nouvel (et second) opus à Cannes, où il reçut le prix d’interprétation féminine pour la jeune Samal Yeslyamova, extraordinaire dans le rôle-titre.

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L’éducation et le « grand débat national »

Éducation et grand débat nationalSur la page d’accueil du ministère de l’Éducation nationale un bel encart annonce l’ouverture du « grand débat » du 15 janvier au15 mars. Or, ironie tragique, l’École en est absente !

Qu’à cela ne tienne : tout le monde s’en fiche. Le ministère ne prend pas la peine de faire entrer l’Éducation ou la Culture dans les thématiques retenues (pas même dans les rubriques « Démocratie et citoyenneté » ou « État et services publics »). Aucune des questions proposées ne touche de près ou de loin l’École ou la formation, et les commentateurs qui s’appliquent pourtant à pointer les sujets évités, les sujets encadrés, les sujets dévoyés, n’ont pas jugé bon de relever l’absence de questionnement sur notre système éducatif…

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Le lycée René-Cassin (Arpajon), lycée laboratoire de l’enseignement des faits religieux

Après les attentats de 2015 et 2016, beaucoup d’enseignants ont dû répondre dans l’urgence aux interrogations et aux angoisses de leurs élèves. La question s’est posée très vite du « Comment répondre ? », « Avec quels outils intellectuels, culturels, historiques ? ».

En mars 2016, le groupe « Lettres » qui réunissait au sein de l’Institut européen en sciences des religions (ÉPHÉ) enseignants et chercheurs sous l’impulsion de Monique Legrand, IA-IPR honoraire de lettres, Émilie Nguyen, alors professeure de lettres classiques au lycée René-Cassin aujourd’hui IA-IPR de lettres et de Philippe Gaudin, directeur adjoint de l’IESR, a fait le constat suivant :

« Dans le prolongement d’une démarche thématique d’exploration et d’explicitation des faits religieux initiée par Monique Legrand, le groupe lettres de l’IESR estime nécessaire de répondre à une demande des enseignants qui, malgré les outils de formation mis à leur disposition (l’IESR au premier chef), peuvent encore se trouver démunis et surtout isolés devant ces questions : celle d’une proximité territoriale de la formation initiale et continue d’une part, celle des ressources humaines d’accompagnement d’autre part ; demande qui revêt un caractère d’urgence mais dont la réponse s’inscrit dans le temps»

Le groupe en tirait la conclusion qu’il serait utile et nécessaire de créer par académie un établissement référent pour cet enseignement laïc des faits religieux, susceptible, en lien étroit avec l’IESR, de diffuser formation et information sur le territoire académique et d’accompagner les enseignants de façon concrète et sur la durée dans leurs projets.

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Photographie et société, de Dorothea Lange à la Bourse du talent


Dorothea Lange, « Migrant Mother », Nipomo, California, 1936 © The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California, City of Oakland. Gift of Paul S. Taylor

L’exposition « Dorothea Lange. Politiques du visible », qui se déroule jusqu’au 27 janvier au musée du Jeu de Paume, à Paris, est en résonance avec l’actualité : récession économique, déclassement social, migration économique, déplacement de populations, accompagnement de ces mutations par l’État.

Elle permet de découvrir la démarche de la photographe qui, en découvrant dans les rues de San Francisco les ravages sociaux que provoque la récession, décide d’abandonner son activité de portraitiste de studio et de photographier les chômeurs sans abri et les manifestants.

Elle sera ensuite engagée par la Farm Security Administration (FSA) et parcourra les États-Unis pour documenter par la photographie la pauvreté et ses conséquences dans les régions rurales – comme le fera Steinbeck, qui lui écrira une lettre admirative, avec son roman Les Raisins de la colère.

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« Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche », d’Hervé Blutsch : une introduction au théâtre postmoderne

« Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche », d’Hervé Blutsch © Christophe Raynaud de Lage

Après une tournée retentissante en province, Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche, d’Hervé Blutsch arrive au Théâtre du Rond-Point pour une série de vingt-cinq représentations jusqu’au 10 février.

C’est l’occasion de découvrir un théâtre ébouriffant, tournant à la dérision les codes et les valeurs, volontiers irrespectueux et délirant, qui pourrait rappeler le théâtre de Jarry, les spectacles dada, le premier Ionesco ou encore les Marx Brothers, et qui finalement correspond bien à l’inspiration postmoderne.

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