« Poussière », de Lars Norén à la Comédie-Française, une méditation sur la vie

"Poussière", de Lars Norén © Comédie-Française

« Poussière », de Lars Norén © Comédie-française

Poussière, création de Lars Norén à la Comédie-Française et pour la troupe de la Comédie-Française, permet de comprendre nettement la différence entre l’œuvre littéraire et le simple reportage, entre le théâtre et le document, entre un homme de lettres et un homme des médias.

Le sujet de la pièce est la vieillesse et la mort, thème ô combien « sociétal », mais ici pas de maison de retraite, de vieillards malades et séniles, de personnel débordé, de maltraitance et de solitude, mais une méditation profonde sur la vie et la mort qui l’achève : les plus grands maux, les plus grandes blessures du temps affectent l’âme, plus encore que le corps. On est plus près du Roi se meurt de Ionesco que d’un magazine d’enquête et d’information. On se confronte à un grand texte écrit pour de grands acteurs.

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« Véro en mai », d’Yvan Pommaux et Pascale Bouchié, un album de jeunesse pour comprendre Mai 68

"Véro en mai", d'Yvan PommauxEn classe de cinquième, l’entrée des programmes, « Vivre en société, participer à la société. Avec autrui: familles, amis, réseaux », donne le loisir de proposer aux élèves des œuvres littéraires, graphiques et/ou cinématographiques où la narration d’un bouleversement sociétal croise celle d’un personnage, notamment celui d’un enfant ou d’un adolescent.

Aussi, alors que l’on fête le cinquantenaire de Mai 68, pourrait-il être fructueux d’explorer une période historique propice aux changements et où les relations intergénérationnelles et familiales se sont à la fois tendues et intensifiées. Dans cette perspective, il apparaît tout particulièrement intéressant de proposer aux élèves de cinquième Véro en mai, d’Yvan Pommaux et Pascale Bouchié.

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Sur la suppression du sujet d’invention au baccalauréat

Le sujet d’invention, inscrit à partir de 2002 à l’épreuve anticipée du baccalauréat, souffre de plusieurs défauts qui ont déjà été relevés par les recherches menées sur les pratiques enseignantes. L’annonce de la réforme du baccalauréat par le Ministre de l’Éducation Nationale, suite au rapport Mathiot, a donc fait naître, chez les didacticiens et les chercheurs en littérature que nous sommes, de justes espoirs de correction de ces défauts.

En revanche, l’annonce qui circule de la suppression pure et simple du sujet d’invention apparaît terriblement à contre-courant d’un bilan pondéré et de la dynamique engagée dont nous voulons témoigner ici. Il nous tient donc à cœur de souligner, en quelques grands points, les arguments à retenir pour la réflexion collective, sereine et nuancée, qui ne manquera pas de présider à la nouvelle mouture de l’épreuve anticipée du baccalauréat.

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Numérique et éducation : illusions, régressions, inégalités, enfermement algorithmique et extrémisme violent

Education et numériqueExtraordinairement rapide, la révolution technologique produit parfois des effets contraires aux promesses initialement formulées. Il semble ainsi prudent de prendre un peu de distance et de se demander si cette révolution technologique est synonyme de progrès ou de régression pour l’humanité, tout en sachant qu’elle apparaît inéluctable et irréversible.

En effet, ce que nous enseigne la réalité, c’est que le numérique reproduit aussi les inégalités. La notion de « fracture numérique » apparaît alors que le numérique est l’objet de nombreuses critiques dans le domaine de la santé publique, de la sécurité internationale et des droits fondamentaux.

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On ne lit pas le ventre vide

On ne parle pas la bouche pleine, sur France CultureOn ne parle pas la bouche pleine, l’émission gastronome d’Alain Kruger sur France Culture comptera bientôt 7 ans d’existence. 7 ans de réflexions curieuses, 7 ans de fête de l’esprit et des papilles, 7 ans d’humour et d’amour de la bonne chère.

Et si cette demi-heure de détente dominicale était aussi une assistante d’éducation, apte à inciter les élèves à s’abreuver de vers et à déguster fleurs comestibles de rhétorique et fleurons de la culture ?

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Numérique et éducation : promesses, espoirs et textes cadres

Numérique et éducation : promesses, espoirs et textes cadresMême si le cœur de notre monde continue de battre, son écorce est fragilisée par les dérèglements climatiques. Notre planète doit faire face à des mouvements de population sans précédents et l’humanité est confrontée à un avenir incertain.

Nous ferons ici le point sur les moyens élaborés par les États et organisations supranationales pour gérer cette situation, et sur les textes cadres récents au niveau international et européen définissant le lien entre numérique et éducation.

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En attendant la réforme des programmes…

En attendant la réforme des programmesOn s’inquiète souvent des raisons des jeunes à rejeter les métiers de l’enseignement, on se soucie moins de celles pour lesquelles les plus âgés quittent ce métier sans regrets ni états d’âme. Il serait pourtant intéressant de savoir tout ce qui a découragé, fatigué, usé des gens qui ont passé près de quarante ans devant des classes.

Si les retraités avaient encore envie de parler de leur métier, ils vous diraient que l’une des causes de leur épuisement tient à cette valse des programmes qu’ils auront subie si souvent au cours de leur carrière, au point que chacun d’eux aura connu plus d’instructions que d’inspections, plus d’instabilité qu’un nécessaire équilibre pour exercer leur métier.

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« L’Éveil du printemps », de Frank Wedekind, mis en scène par Clément Hervieu-Léger

"L'Éveil du printemps", de Frank Wedekind, mis en scène par Clément Hervieu-Léger à la Comédi -FrançaiseComme nous l’annoncions il y a peu, L’Éveil du printemps, pièce méconnue du poète et dramaturge allemand Frank Wedekind, fait son entrée au répertoire de la Comédie-Française. Elle est mise en scène par Clément Hervieu-Léger (dont la précédente création du Petit-maître corrigé a été reprise récemment et diffusée au cinéma en direct des représentations).

Comme Hervieu-Léger, fidèle compagnon de route de Patrice Chéreau, le scénographe Richard Peduzzi en signe les décors. C’est pour ce dernier une première également salle Richelieu, et nous nous en réjouissons car c’est une réussite.

Leur conception est austère, géométrique, monumentale. Les hauts murs carcéraux – vaste nuancier de gris, bleus très sombres – qui entourent la scène impressionnent l’œil, étouffent d’emblée. On se surprend vite à en rechercher les ouvertures. Modulables, ils offrent d’infinies possibilités qui renouvèlent régulièrement les perspectives et creusent les sens de la pièce.

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